LA LUTTB EN BOHÊME
plus haut que rancienne noblesse avait disparu et avait été remplacée par une aristocratie allemande*. A la longue, celle-ci adopta la Bohême pour nouvelle patrie et plusieurs de ses membres furent même les auxiliaires de Palacky. Nous avons rappelé les services rendus par le comte Sternberg et le comte de Thun. Palacky avait senti que le pays aurait un jour besoin du concours de la noblesse, il s'adressa à la jeune génération et on vit plusieurs gentilshommes suivre assidûment ses conférences. Aujourd'hui, le comte Clam-Martinic, les princes Aloys et Alfred Lichtenstein, le prince Charles Schwarzenberg sont les chefs du parti. Plusieurs des membres de l'aristocratie qui résidaient à Vienne ont repris possession de leurs hôtels à Prague, et il est de bon ton dans la haute société de s'intéresser aux moindres manifestations de la vie nationale. — Dans la classe moyenne, la tradition s'est conservée intacte. Le paysan tchèque
1 Les plus grands propriétaires fonciers de la Bohême sont : le prince Liechtenstein, qui vote à la Chambre des seigneurs avec les centralistes allemands ; il réside à Vienne ; — le prince Jean Adolf de Schwarzenberg, qui possède des domaines immenses aux environs de Budweiss ; — le prince Charles de Schwarzenberg, qui est, avec le comte Henri Clam Martinic, à la tête du parti fédéraliste ; — le prince de Fûrstenberg, dont les domaines sont à Pûrglitz ; — > le comte Kaunic. Us ont tous fixé leur résidence à Prague. — Le comte Coloredo Mansfeld, — le prince Adolf Auersperg et le prince Charles Auersperg, anciens présidents du conseil des ministres, etc
tea^wB»,^ écoBomise, et s,'€aw*iQlMt. a^ae^ ^Ue.. Plu- ^tmxs p03aè4eAt môme de& terres^ importantes et pafewtt les,. 25* fjori^ tf ijqaçAt' exigés pow faire païti«« âi9} la^ euirie ck^, gcaatla propriétaires. SauteloeBt. Imm t^mk Q^éta9b 9^ de celle9 (Ute& i;2c{;> ^^^ii^ ^ 9<>ctées» coaujo^ telles sur le registcQ {l(à^i(UiPtff€i() \\9f »e i^Hit ^9^ admjLs à YOter avec qq cottèg9 IKW* tes^ électimàr politiques. C'est là^ uue referme (m «ng^Eie^terait seu3iJblel;ae^t riuftueuci^ €tee Tcbàqwie^ 4a^i^ les, ^ctio^a^. Le l^ourgeois lui aHs^ eist 4eeAQm^ ^\ §e^ relatiQu^ sout strictement Umi^s au œ^rele i^twe 4e la faoniUe -^ il u'existe SNitotm lien entre la l)ourgeoisie et la noUesse. Celle* eiperte haut et.e*t très exclusive. 4ussi ju'y a-t-il 4e ipelatioaa m^ (m deusi clai^ses, que ceiles eiûg^ parla c&ixuuLUMuté Cl^téréts^ politiques. Longtemp.^ la Iieufl8ee«9ttfl& tebèque u'eut aucune sig^ificatiâie pKdiitiqtte t mif>mi%^ eljie ^ gris uji^ cerUMfi# lû|<Mk «Tsécàti^^ tCoi^faipUie^ b^bèques ({uia ^ta,iei9ijt seules, il y a vingt ans, dans la curie des grands çro]^i4élaiFes', a^)oiirdlip oa e» oompteucMhSDÎiLantiûne^ Cette form.ation. d'uue ^laute l)Q.ur5eQisîe s'fe^ ^ faite ii;isensib!en!^ent. If^a 9Lci^tê xat^ g^mti» t^ft^ ' te^ âailf e a eceupô di» hattta ettitlc^ daia^ ]^ cit4 celwrQi a ^t^ fait Q^^evaHer». celui-fâ a reçu gejir son déyouemem^ à la ehoee publiée* to6> k^^igoes^ de la couronne de fer et a droit de gc^tei: ]ft tit);e #
lA ZéirnXE SN BOBÊMB 6i3
Baron. ... H s'eait. abii^ formé un^ sorte dergeatry, f ui est de pure v^^m tcliôqae et qui a3|>ire à jomc te rôle è& classe cBlngeaiaiite, aux litea et pkiœ des AUemftQM^ Les ÂUeiagiaja^ se sesiilent afssiégés de toolas pari». B» oui p^Pdo^ itm& poMsittone «u pac^ lement de Vienne, mais ils peuvent eBCOJ^ se iém ftndM^ d»s la Dièle. Cest là cpiiQ tes Tdiè^ee; les altaMpMBit «kaiaÉenant. Ob \qA ^ue cette Mle> ftû » l*^pp>sâreiioe â*utte lulte poUtiquie eaÉ ei^ fii4fla«^ teaip» nM lutte sooîala
Palaoky est mort em ISUày msA^ il taiss«^ eu^se» geikdre-tel)' Steg^uB sibac^ss^iy eapaUe de- oMh tyMiier à hkl seul une ceuYm à tequ^Me il ooUalierai^ depuis j^hiis de trente au». LeS^ Bâe^top eel te pl^ graBd orateur que la Bobém» ait eu jusfii^ C0 jo>ur. Pendant dix-sep* an^, il a su ma aass pei»» i«ti>^ poser à sou parti ane^ abst^tioa ^y^WmstiqQ», â a pri^uiFé par là qu'ît suivait a» plaa Usm déâaà ek a laoatré daus toutes les c^^oasiaaeee nm émf^i^ fae Iq» peupte» aiment noir ctoe^st c^etai qu*ils oiAt c^isi pour olief. Quai^ te ctpittte de Taa& prit eji Autricha^ ta dâi^ection dea al^jres et cojiaiiieft$a P^sal loyal du sysièaie auleD^osalste» tes Tcli^è^p^s n'avaieiil plus de ifie4^ pou» satetaii^à Técarl. Os rentrèrent au parlement de Vfenne en octobre 1879. Depuis, ils gagnent peu à peu du terrain. En 1880, un décret a établi en Bohême l'égalité de la langue
tchèque et de là langue allemande ; le parlement de Vienne a autorisé dernièrement la création d'une université tchèque à Prague, c'est maintenant une réforme électorale que réclament les Tchèques par la voix de M. Zeithamer, un de leurs représentants au Reichsrath.
En somme le programme des Tchèques consiste aujourd'hui comme au temps de Paladky, à demander l'autonomie de la Bohème. Ils reconnaissent que pour maintenir l'unité de l'Etat autrichien il faut laisser au parlement de Vienne la direction des affaires étrangères, de la guerre, du commerce et des finances ; mais ils demandent que la diète de Prague soit souveraine pour tout le reste, c'est-
à-dire, pour l'instruction publique, la justice et l'administration locale. Enfin, pour consacrer les droits historiques du pays, ils exigent que François- Joseph se fasse couronner roi de Bohème à Prague. Il n'y a parmi ses prédécesseurs que Joseph II qui ait refusé de se conformer à cette tradition. François-Joseph a dû^ il y a quinze ans, cédant aux instances des Magyars, se faire couronner roi de Hongrie à Budapest ; les Tchèques demandent que l'Empereur leur donne la môme satisfaction.
L'UKIYERSITÉ DE PRAGUE
Le fait capital de cette année est la victoire des Tchèques au parlement autrichien. Ils ont obtenu une université tchèque qui va être prochainement établie à Prague. En mai 1881, la chambre des Seigneurs avait rejeté, malgré le ministère, le projet déjà voté par le Reichsrath. On se rappelle les désordres qui eurent lieu en juin, les troubles à Prague, les rixes entre étudiants tchèques et étudiants allemands, ces derniers criant à la persécution, puis le remplacement du gouverneur M. de Weber par le maréchal de Krause qui était plus sympathique aux Tchèques, enfin l'appel fait en juillet par les étudiants allemands de Prague à leurs camarades d'Iéna et de Berlin, les engageant à venir les renforcer à l'université de Prague pour se défendre contre les étudiants tchèques. . .
La question de l'université tchèque est revenue cette année au parlement de Vienne, et malgré la résistance opiniâtre du parti allemand, les Tchèques ont cette fois obtenu gain de cause : longtemps encore ce sera le sujet des discussfftns entre Allemands et Tchèques.
Voici les principaux arguments des Allemands :
Les Tchèques n'ont pas de littérature nationale, ni de corps enseignant organisé. La classe dirigeante en Bohême est, depuis plus de deux siècles, composée d'Allemands. Tous les progrès réaUsés dans le pays sont dus aux efforts des Allemands de Bohême. C'est de TAllemagne que les Tchèques ont reçu jusqu'ici toute culture intellectuelle ; toute production littéraire ou scientifique formant la base -du h«aut enseignement ne pj^ut être empruntée qu'aux philosophes, écrivains ou savants ailemands. Jusqu'en 1848, Palacky lui-même écrivait en allemand don histoire de Bohême. Tous Les ouvrages qui permettent de suivre les progrès de l'esprit humain viennest d'Allemagne et sont écrits en langue allemande. Les Tchèques se glorifient à juste titre d'avoir produit des hommes de la valeur de Jungmann, Safarik et Palacky, de compter des ' poètes nationaux, des hommes politi<|ues de grande valeur, mais une université tchèfut n'aura pas
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* eifêore âsse2 d'élémenU pour un enseignement complet reflétant le génie propre de la race tchèque.
Les griefs des Tchèques n'ont pas de base sérieuse. Les plus distingués parmi eux ont accès dans le corps des professeurs de l'université allemande ; ils sont libres de faire leurs cours dans la tendance qui leur plaît, notamment les cours d'histoire et de littérature tchèques. Leur pensée secrète est de faire échec à l'influence allemande et de créer deux enseignements rivaux pour séparer la jeunesse en deux camps. Quand ils auront leur université, ils n'auront plus d'autre souci que de détniire l'université allemande. Qu'arrivera-t-il alors ? Les étudiants allemands seront obligés ou bien de fréquenter l'université tchèque de Prague^ ou bien d'aller à Vienne ou en Allemagne pour y recevoir la haute culture intellectuelle la plus conforme à leur esprit. Puisque les Tchèques l'ont emporté au parlement autrichien et que les intérêts des Allemands de Bohême ont été sacrifiés, les professeurs allemandj? préfèrent deux universités distinctes à une université mixfè allemande et tchèque. Si on avait admis une université mixte, les professeurs âlTemandis n'auraient pa» fardé h étm e!(pulsés. Le passé est là pour monlirèr çae ipmtà les Tctiô- ((ms! péfiëtnmt quelque part, Ht m tani l«» Allé-
mands sont obligés de leur céder la place. Rien n'est plus insinuant et plus exclusif qu'un Tchèque. L'expérience prouvera que la nouvelle université ne peut donner qu'un enseignement médiocre; on y fera certainement plus de politique anti-allemande que de science véritable. Cette institution réserve à la Bohême des luttes intestines et un jour peut venir où la génération nouvelle, se sentant sacrifiée à une haine de race, tournera ses regards non plus vers TAutriche mais vers TAUemagne/
Que répondent les Tchèques ?
Nous ne voulons pas la guerre, mais notre droit. Quel est, en 1882» Tétat de l'université allemande de Prague î