LA LUTTB EN BOHÊME
voulez affaiblir à jamais, rendre môme impossible Texistence de TAutriche comme Etat indépendant ; or, le maintien, l'intégrité, le développement de TAutriche sont d'une haute importance, non seulement pour mon peuple, mais pour l'Europe entière, pour l'humanité et la civilisation elle-même. »
Quand la Révolution de 1848 éclata en Autriche^ Prague était déjà le centre d'action de tous les Slaves de la monarchie. Les délégués tchèques, moraves, slovaques, polonais, ruthènes, croates, serbes se réunirent en congrès à Prague pour établir entre eux une étroite solidarité et adopter un programme. L'émeute du 12 juin 1848 à Prague, et la résolution prise tout à coup par la cour de Vienne de revenir au système centraliste, mirent à néant tout espoir de compromis. Les nouveaux essais constitutionnels de 1860 n'aboutirent encore qu'à la loi fondamentale de 1861, qui établit une étroite centralisation. Les Tchèques ne trouvèrent pas d'autre moyen de protester que de quitter le parlement de Vienne. Ils siégeaient encore à la Diète de Prague, mais le parti allemand y était prépondérant et l'élément tchèque ne pouvait se renforcer que par une réforme électorale. M. Palacky et M. Rieger firent de vains efforts pour l'obtenir et se décidèrent, en juin 1863, à quitter la Diète de Prague. Les députés tchèques suivirent leur exemple.
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L'ëî^ttï«ftt tchèque n^étail; plus ainsi ne^rêsH&nté ni aii Pâl'lément, %i à la DièHê. Dès ciette épi[xim, P&lacky voyait, avec un« graMê inqtilfëtiwie, s'annôtfôer te duêMs^ne mtstfihhai^^^îs^ "sy^H^Bo^ ie gottVfett\e«>efit qnt te comte de Bewièl piarvint à organiser quelques années plus tstâ. Citait le tHôînphe des Ma^ars, ïnïife en même teim^ lit néetftion de TauliOftoniie ien antres t^es 4<e TÂi&tri*die. Attcune place n'était Mie dans ce syiSfeme atix iS^ves qui formaient pour1»nt la mt^f^é de ta m(^ narchie. Palaoky protestait par «ivan-œ contre te dualisme et préconisait le fécléralisrae atitrichien, sénl igystème capable d'-a^urer à chaque pèapte une égale indépendance. Ildemafïdait q^ie chaque province de TEmpire ptt s^adminis^rerisépa'rëmeftty suivant ses lois et ses Hîsages ; le se^l Wen eût oon*sîstê *att^ une administration commune compareîWEfft tes aiBTaîws étrangères, la guerre, les finances et le commerce.
Le dualisme avait triômplié «n IWl et tes Tchèqties ^t^ient livrés à un profond découragement. Ite demandièfeni: en vain qu'on réglât tes rapports d6 la Bohème et de la monarchie sur îa base du dréit historique. Ils n'arrivèrent qu'à provoquer une dissolution de te Diète où la majorité étaft tchèque.
Les nouveltes élections donnèrent une majorité allemande. Les ttepul^s tchèques se décidèrent de nou-
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veati kti^ pliis si(?ger, ni ân parlement M à la ôiMô et à cottlintiet te^r «jrstème d'ôbsterition. €'est â cette heure critique que Palacky reçut de lalSodètê d'histoire naturelle de Moscou, l'invitation de tîsiter l'exposition ethnographique qui s'ouvrait 'ô^m cette vilte. Il trouva à Moscou des représentants des divers peuples slaves ^ Tacdueil qu'il reçut fit croira un instant à l'EuTOpe qt» l^s Tchéqu^es a^* ceptàîent définitivement le haut patronaige du Tsar, On a tongtemps reproché anx chefs du parti tchèque d'avoir, dans les <iirc6»stances di farcîtes que traversait i'Autdclie, noué avec les Russes des rete* tions qui pouvaient être un danger pour M sëeuHtë de la monarchie. Palacky protesta plus tard contre les intentions qu'on lui a^a-it prêtées. D'ailleurs il avait pu juger par lui-mèine qu^ tes Risses n'en*tenderit patronner les Slaves que potir tes rattacher à la grande patrie russe et qu^e le pnemier «*crifice qu'elle leur demandwa est Tabandon d^e ïeur lit** térature nationale, l'adoption ^e la lsfligu>e russe et leur conversion à T Eglise schisftïatique russe. Chercher Tautonomi^ avec tes Russes, c'est dotwî préparer une ab^rption ; or Pal»cky a déclaré hautement q;a'4l s'en tenait toujours à l'Autriche fédérative, qui seule était capabte de^rantir l'âtttonomie des pèup^^^ slaves. En 1868, les députés tchèqtat^ form'olérsMit lei^ro^
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gramme officiel de leur parti : ils réclamaient pour la Bohême une situation égale à celle qui avait été faite à la Hongrie.
Pendant ces alternatives d'espérances et de déceptions les chefs du parti tchèque ne négligeaient aucune occasion de stimuler dans les massés le sentiment national. L'association fut un de leurs plus puissants moyens d'action. On vit se créer la Société de gymnastique (le Faucon), l'Association des études techniques, le club tchèque, le théâtre tchèque, des sociétés, orphéoniques.... Ces institutions, dues à l'initiative privée, n'ont d'autres ressources que les dons volontaires.
A peine le théâtre était-il terminé, qu'il fut incendié ; on ouvrit une nouvelle souscription. Trois millions de francs furent apportés en quelques mois. Peu à peu il s'est formé en Bohême deux mondes distincts, deux sociétés rivales. Il n'y a pas un seul Allemand dans l'orphéon tchèque. Un Tchèque est exclu de tout centre allemand. Un professeur qui n'est pas originaire de Bohême et qui est nommé professeur dans un collège ou à l'Université, doit malgré lui prendre parti pour les Tchèques ou pour les Allemands. Garder la neutralité ne serait pas possible.
Il s'opérait en même temps une transformation sociale qui devait servir la cause tchèque. On a vu