‹ Slaves et Teutons: notes et impressions de voyageChapitre 20 sur 73 · POLITIQUE DE LA GOTJR DE TIENNE EN WÏÏÊSSS · texte numérisé non relu

POLITIQUE DE LA GOTJR DE TIENNE EN WÏÏÊSSS

La Bc^éme sera recon^piise par ieB TcMqaeB^ te n'est plus qu'une question de temps, et en ffteeide la Prusse toute puissante, Tintérét de la dynastie des Habsbourg est de seconder ce mouvement antî^ allemand.

La Boh^ne forme au cœur liiéme des pays adlemands un yaste quadrilatère entouré de montagnes. Protégé par ces frontières luiturelles, son territoire ne se prête à aucun nux'oeliement. La Pmsse devra prendre la Bohême toi^ entière ou n'en rien prendre. Ce paissant kastion slave eoovrer Vienne et sépare de la Prusse les huit bûIUoius d'AUemands autrichiens. Pour étendre la maisk sur eux, il Êiudrait d'abord enleva Prague A 1*4»tridie.

Laisser le parti aUemsuid dominer en Bohême,^

c'est faire le jeu de la Prusse ; se montrer au contraire favorable au mouvement national tchèque, c'est affirmer que TAutriche né consentira jamais à céder un pouce de terre à la Prusse. La cour de Vienne a donc sa ligne de conduite nettement tracée.

En choisissant Prague pour résidence, l'archiduc Rodolphe, héritier du trône, a montré que rintention des Habsbourg est de lier intimement les Tchèques à leur dynastie. Le triomphe du parti autonomiste dans le Reichsrath est une garantie pour les Tchèques que la politique impériale sera consacrée par les votes du Parlement.

Entraînée de plus en plus vers les Slaves par la ^situation qu'elle a dû prendre dans la péninsule des Balkans, l'Autriche est désormais la rivale de la Russie; pour s'attacher les Slaves et les rendre indifférents aux sollicitations des Russes, il faut qu'elle leur donne des gages, et les Tchèques sont les premiers à en réclamer. Pendant un temps, on pouvait craindre qu'en secondant le mouvement national tchèque, on ne préparât les voies à la politique russe ; mais du moment qu'ils ne sont plus •étouffés par les Allemands et qu'ils peuvent arriver avec TAutriche à une autonomie voisine de Tindépendance, les Tchèques se désintéressent forcément •des entreprises des Moscovites. Au fond les Tchè-

POLITIQUE DB L'aUTRICHE EN BOHÊME 8:>

ques redoutent les théories des panslaves dont le but avoué est de changer la langue et la religion des Slaves qu'ils patronnent pour permettre aux Russes de se les assimiler plus facilement. La conséquence logique est donc pour la cour de Vienne de laisser l'influence allemande s'affaiblir en Bohême et de faire perdre ainsi à la Prusse tout espoir de pouvoir un jour revendiquer cette province comme une dépendance de TEmpire d'Allemagne.

LES ALLEKANBS W &ALICIS

Les Allemands n'ont jamais réussi à jouer en Galicieunrôle aussi important qu'en Bohême, ni môme à s'y implanter d'une façon durable. Bien que la germanisation y ait eu deux auxiliaires, l'administration autrichienne, qui imposa longtemps l'allemand comme langue, officielle, et l'élément juif, les colonies allemandes n'ont jamais pris assez de développement pour tenir en échec soit les populations polonaises de la Galicie occidentale, soit les populations ruthènes de la Galicie orientale.

On comptait en Autriche en 1880 : 3,238,534 Polonais et 2,^792,667 Ruthènes. Les Ruthènes (petits Russiens) sont de race slave comme les Polonais, mais tandis que ceux-ci sont catholiques de rite latin, les Ruthènes sont catholiques de rite grec. Cette différence qui en Occident n'aurait qu'une faible im-

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