‹ Slaves et Teutons: notes et impressions de voyageChapitre 24 sur 73 · LES ALLEMANDS EN GALÎCIE · texte numérisé non relu

LES ALLEMANDS EN GALÎCIE

nauté Israélite est encore en partie allemande, on remarque depuis une dizaine d'années une (endance parmi les juifs à se rapprocher des Polonais ; parler la langue polonaise est même une marque de bon ton pour les jeunes filles des riches familles juives.

Le chiffre indiqué ci-dessus pour la population juive s'est notablement accru depuis 1881. Un instant la Galicie a été littéralement envahie par les Juifs qui se sauvaient de Russie ; on vit arriver par milliers à Brody ces pauvres gens que la haine du paysan russe pourchasse de village en village. Cette immigration fut à ce moment l'objet d'une' légitime inquiétude pour les populations de la Galicie orientale. Le véritable danger de l'agglomération juive en Galicie vient de la situation précaire faite aux paysans partout où les juifs sont établis. Tant que ceux-ci ne pouvaient posséder la terre, leurs procédés étaient les mêmes que ceux dont les Roumains se sont plaints si vivement ; c'est comme cabaretiers qu'ils arrivaient à devenir maîtres des villages : ils étaient môme aidés dans leurs opérations par l'incurie des propriétaires. Ceux-ci ne cherchant qu'à tirer le plus d'argent possible de leurs domaines, louaient parfois tout le village à un juif, y compris môme l'église qui leur appartenait. Le juif avait de la

sorte toQs les monopoles, le pdy&aa était à sa rnem. Oq raco&te que âaas certains endroits il /allait aagttère oMeuir du juif à deniers (x^ptaats Im clef de l*ë;^se pour j faire baptiser les enfants 41% pour radflsdbaistratiofi des autres sacrements. Les juifs émancipés depuis 1^§48 ne pouTaient encore s'emparer des terres des paysans, car il était interdit à ces derniers de moreeier teurs propriétés; depais quinze ans la IHète a autorisé les Tentes partielles, elle a tu là un moy^i de dégs^ger la terre des hypothèque qui la grevaient. Ce jour4à les juifs sont devenus propriétaires* fermiers et en peu de temps les maUres du pays.

£n dehors des aŒadres commerciales^ lesJuiCB n'ont qu'une très faible influence. Ils sont d'ailleurs (Uvisés m. deux fractions profondément iK)stiles : les orthodoxes et les libéraux. Les orthodoxes sont ceux qui entendent appliquer à la lettre les prescriptions du Talmud et conserver rigoureusement les usage et les coutumes de leur race. Us Teulent que leurs enfants soient élevés dans les écoles coi^ fessionnelles de leur culte, et pour mieux garder leur individualité, ils conservent le jai^on allemand auquel ils adaptent souvent les caractères hébreux. Les libéraux au contraire rejettent une partie du rite et envoient indifféremment leurs enfants dans toutes les écoles. Tandis que le juif orthodoxe pro-

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tège.sa famille contre toute influence allemande ou polonaise et se préoccupe avant tout de continuer la tradition du peuple élu, vivant au milieu des infidèles, le juif libéral, tout en restant Israélite, devient polonais ou allemand, suivant le milieu pu îl vit.

Là comme partout, les juifs sont toujours du côté du pouvoir ; aux élections ils votent pour ou contre les candidats polonais suivant que le gouvernement se montre ou non favorable au parti polonais. Au surplus, les élections les intéressent peu et les jui£s ne tiennent nullement à être représentés au parlement par un de leurs coreligionnaires ; il n*y a pour la Gallcie qu*un seul député juif au Rçidisrath, c*est le rabbin orthodoxe de Craeovie et encore a-t-il promis de faire partie du ehdi pokmais. L'hostilité entre les orthodoxes et les libéraux se manifeste même dans les luttes électorales. A Lemberg on a vu les juifs orthodoxes refuser de voter pour un candidat juif, parce qu'il était progressiste. La tradition religieuse rompue^ la solidarité de la race juive disparaît.

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