MADAME D*ORIGNY
Tout le mal du siècle vient de là : les hommes fument et les femmes s'ennuient.
MADAME NERVAL
Et dire que le gouvernement protège cela et qu'il en tire un bénéfice !
MADAME D'ORIGNT.
Mademoiselle Smilis a pris le bon parti. Il ne nous reste qu'à ne pas craindre la fumée.
MADAME NERVAL
Fil l'horreur! (a part.) Si elle devient ma bru, nous referons cette éducation! (Haut.) Il faut pardonner quelque chose à une fille élevée sans mère. Une mère, tout est là !
MADAME DE NANCEY
Rieû qu'à sa façon de s'habiller, on voit bien que la mère a manqué.
MADAME d'ORIGNY.
Elle a cependant la couturière de tout le monde.
MADAME DE NANCEY
Eh bien! voi^^I II lu^ manque un certain je ne sais quoi
mystérieux et inexprimable que la couturière ne met pas dans les garnitures, une façon de porter que le professeur de danse et de maintien ignore, la grâce de la vraie femme... Enfin, ce que peut seule enseigner une mère : le chic!
MADAME NERVAL
Eh bienl mais, elle en a un à elle. Chacun le sien.
MADAME DE NANCEY
Je dis, moi, qu'elle n'en a pas 1
MADAME d'OAIGNT.
Et c'est irrémédiable!
MADAME NERYAL.
Irrémédiable? Oh I non ! A défaut de la mère qu'elle n'a pas eue, une belle-mère pourrait encore... Car enfin, une belle-mère, c'est la mère de l'autre!
MADAME DE NANCEY, bas, à sa voisine.
Son fils en tient, ma chère!... (a madame Nerval.) Assurément, il n'y a rien d'irrémédiable à cet âge ! Vous la façonneriez à votre guise, (Gracieasement.) à votrc image!... En un seul jour, dans vos mains, la chrysalide deviendrait papillon!... Et, entre nous, c'est un beau parti!
MADAME NERVAL
Un parti superbe! L'amiral est un homme remarquable. Sous bien des rapports, l'éducation de l'enfant est parfaite. Une dot magnifique. C'est plus et mieux qu'une adoption... On peut dire qu'elle est sa fille!... (on entend les
premiers accords d'une valse.) Mais, je Crois qu'OU daUSC à
côté? Ça doit être une idée de mon fils. Venez-vous, mesdames?
Elle sort. Les antres dames la saivent à Texception de madame de Nancey et de madame d^Origny.