SCÈNE V
SHILIS, puis GEORGES.
SMILIS, chantant*
« Hélas t pauvre mignonne, Vous ont fait mal? »
Georges entre et s'arrftte un instant pr6s du seuil à écouter.
— « Un petit peu, pas guère, Mais j'en mourrai!
Aht ah! ahl ah! ah!
Mais j'en mourrai ! »
Elle essaie une larme en silence.
GEORGES, s^avançant.
Madame, Tamiral m*a fait dire de venir ici, et je pensais le trouver avec mon oncle... Vous pleurez! Pourquoi cela? Qu'avez- vous?
Non, je ne pleure pas, voyez... Une tristesse qui me prend quelquefois... Cette chanson m'attriste toujours... Ce n*est rien, monsieur Georges !
GEORGES
Vous êtes si gaie d'ordinaire !
Je parais toujours gaie... Vous avez surpris ma tristesse... je ne vous l'aurais pas confiée, je ne l'ai confiée à personne, — à personnel... Oh! je suis forte!
GEORGES
Mais à présent que j'ai surpris votre chagrin, ne voulezvous pas m'en dire la cause?... On se console en parlant.
La cause?... C'est que... je ne sais pas bien... Depuis quelque temps, je ne peux m'empécher de penser à mon pays... que je ne connais pas... et j'y pense... j'y pense des heures entières!... Je cherche à me le figurer, la nuit, assise sur mon hamac... Je meberce,etcelame fait songer à la mer.— Elle ne m'a jamais semblé un obstacle qui me sépare des autres rivages, mais au contraire un large chemin bleu qui mène partout où je voudrais aller.
GEORGES
Où donc voudriez-vous aller?