SCENE V Les Mêmes, SMILIS
l'amiral.
Ma chère enfant, le commandant voudrait te parler... (un court silence; Tamirai sourit.) Mais il Craint de te faire du chagrin.. C'est donc moi qui dirai sa mauvaise nouvelle : notre ami Georges veut nous quitter... Il part demain.
SMlLIS, à Richard.
Ahl M. Georges... part ?
RICHARD
Oui.
Va-t-il... loin?
Au Sénégal...
RICHARD
l'amiral.
Sous un climat meurtrier.
Oh! mon Dieu!
l'amiral.
C'est deux ans d'absence... (Un silence. Tout à coup, avec un sanglot étouffé, elle cache sa tète dans les bras de Tamiral.) Ne
pleure pas! ne pleure pas! tes pleurs me tuent! (a part.) Cela fait plus de mal que je croyais! (Haut.) Console-toi : il ne partira pas. J'empêcherai qu'il parte . Et sais-tu pourquoi, ma chérie?... Je suis si malade!... [Je vais te manquer d'un instant à l'autre! Et je veux que ceux que tu aimes soient là, tout près de toi, quand je n'y serai plus, —
bientôt!
11 partira, pourtant! C'est son devoir!
SMILISy relevant U tète.
Son devoir I... (Ai'amirai.) Âhl oui!... pardonnez-moi 1 Dans le premier moment, la surprise, c'est vrai... Mais, au contraire, il faut qu'il parte, il doit partir, il a raison ! (Avec fermeté.) Et je VOUS le demande aussi I
Elle 8*éloigne précipitamment pour cacher l'émotion de l'aveu. L^amiral jette un long regard dans la maison oU elle est entrée, puis revient lentement vers Richard, qui l'attend, les bras croisés.L'amiral lui présente un pli cacheté que Richard accepte d^bord sans comprendre.