ACTE QUATRIÈME
mitié voile le reproche !... Parce qu'enfin j'ai été père indigne, — et que j*ai besoin de ma dignité I...
RICRARD.
Non, je ne peux pas croire...
L*AMIRAL
La nuit où je f ai dit mon malheur irréparable, ne m'avais-tu pas conseillé la volonté ?
RICHARD
Pas celle-là!
l'amiral.
La plus forte, je pense, — la plus bienfaisante 1
RICHARD
Je ne vois pas le bienfait!
L'AMIRAL
Peux-tu donc penser que je les ai conduits jusque-là comme au bord d'un abîme, pour les précipiter?... Et toi qui as su voir où allaient ces jeunes gens, tu ne vois donc pas où je vais ?
RICHARD, après l'avoir examiné, commençant un cri.
l'amiral.
Tais-toi, malheureux! Songe donc! si on me soupçonnait...! Je ne pourrais donc plus ni vivre ni mourir 1 -— L'œuvre est commencée ; il faut qu'elle serve.
RICHARD
Ainsi, tu t'es condamné et frappé d'avance !
l*amiral.
L'amour et la mort étaient inévitables. J'ai préparé tout le monde à l'idée de ma fin...
RICHARD
La chimie ?... les laboratoires?...
L^AMIRAL
Des armes chargées, toujours sous ma main !
RICHARD
Et tu as compté sur moi I
l'amiral.
Sur qui donc compterais-je?... Tu comprends, à présent? S*il est aimé.... Comment ne te i'a-t-il pas dit? Voyons, tu ne sais rien ?
RICHARD, brusque.
Je ne sais rien 1
Oh! ne crains plus ma jalousie! J'en suis le maître. C'est le renard du Spartiate. Elle mord.... mais je la tiens! — Dis-moi... Smilis?... L'aime-t-elle?
richard, amèreiient.
llfallait le lui demander !
l'amiral.
J'y ai pensé! (Avec une sorte de honte.) Hals le CŒUr est
faible : je préférais espérer ! Ah ! qu'elle l'aime ! Je n'attends plus que cela!... La voici, Richard... il faut que je sache! C'est elle qui va prononcer.
richard.
Et moi je vais lui dire... Oui, c'est là le moyen!... Je vais te dévoiler.
l'amiral, regardant Smilis qui descend le perron.
A elle? — Essaie 1