‹ Sobre et richeChapitre 13 sur 24 · UNE CROIX AU FEU · texte numérisé non relu

UNE CROIX AU FEU

Après une de ces retraites efficaces comme celles prêchées dans nos campagnes, un individu avait pris la croix de tempérance et avait promis de ne pas boire ; mais le malheureux, oublieux de ses promesses, tomba bientôt dans tous les excès alcooliques, et cela, au grand scandale de sa localité et au point de compromettre sa santé et le bien de sa famille.

Un dimanche, le curé se rendit chez le pauvre ivrogne et lui dit : « Mon ami, vous n'êtes pas un « brave, vous avez manqué à votre parole et au « serment, pour ainsi dire, que vous aviez prêté sur « cette croix, devant Dieu, de ne pas boire. Aussi « votre maison n'est plus digne de garder cette « croix, et je viens pour vous l'enlever. — Prenez- « la, votre croix, dit l'ivrogne, et donnez-la à un « autre, si vous voulez ; je n'y tiens pas !

« Non, mon ami, dit le curé, la croix d'un (( ivrogne ne se transporte pas et ne se donne pas ! « Ce serait un trop triste présent et qui ferait au- « gurer bien des malheurs à celui qui l'accepterait ; « non, la croix d'un ivrogne doit être livrée aux «flammes,» ajoute le curé, qui, saisissant celle pendue au mur de la maison, la cassa sur ses genoux et la jeta au feu.

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