LA FOLIE
Cent millions de piastres dépensées pour acheter souvent la perte de la raison et la folie !
Voilà un fait malheureusement trop vrai et constaté par les statistiques médicales.
S'il nous était permis de visiter les maisons de santé où l'on reçoit et traite les alcoolisés, les ivrognes et les délirants, nous assisterions au spectacle le plus humiliant et le plus dégradant. En effet, vous y verriez nombre de victimes de l'alcool tombant dans des agitations nerveuses, incontrôlables. Leurs fonctions intellectuelles sont troublées; l'appétit est éteint; le sommeil leur fait défaut ou est troublé par des songes et visions terribles ; leur figure prend des aspects d'hébétude et d'abrutissement. Vous les voyez, tour à tour, en proie à des hallucinations, atteints de fureur ou portés au suicide; le tout suivi, dans bien des cas, d'aliénation permanente et de paralysie générale.
Il serait quelquefois désirable que ces malheureux fussent exhibés, comme on le faisait autrefois à Sparte, où l'on exposait sur la place publique, des esclaves enivrés, afin d'inspirer, surtout aux jeunes gens, l'horreur de l'ivrognerie.