‹ Sobre et richeChapitre 4 sur 24 · LA MORT PRÉMATURÉE · texte numérisé non relu

LA MORT PRÉMATURÉE

Les médecins, les économistes, les membres du clergé, qui essaient d'enrayer le fléau de l'alcoolisme, disent avec vérité que la boisson et l'alcool ruinent le système nerveux, rendent l'humeur irritable, changent le caractère, affaiblissent la volonté et le jugement, et amènent la démence, la folie, l'épilepsie et la tuberculose, qui est une des compagnes intimes de l'alcool,

Gladstone, l'un des hommes d'État les plus célèbres de l'Angleterre avait donc raison de dire :

« L'alcool fait plus de ravages que les trois fléaux historiques : la famine, la peste et la guerre.

(( Plus que la lamine, il décime.

« Plus que la guerre, il tue.

« Il fait plus que tuer, il déshonore. »

La mort prématurée causée par l'alcool, en voulez-vous une preuve indéniable ? Les cimetières sont là comme des témoins vivants, pour attester la vérité de cetle affirmation.

En effet, si nous entrons dans un champ des morts, à tous les vingt pas, nous pourrons nous arrêter devant une tombe sur laquelle il y a une épitaphe portant l'inscription : Ci-gît un Tel, mort à l'âge de 25, 35 ou 40 ans. L'inscription ajoute : Qu'il repose en paix 1

Oui, qu'il repose en paix ! car la vie de ce trépassé fut tourmentée, empoisonnée et abrégée par des excès alcooliques. — Souvent, on ajoute : Cet homme avait du talent, un bel avenir se présentait devant lui ; mais il n'a pas voulu en profiter, il est mort victime de la boisson.

Comme les hommes sont inconséquentset souvent déraisonnables ! Quand il s'agit de santé, tous comprennent qu'elle est un des plus grands biens et l'un des plus nécessaires, car il supplée à tous les autres.

Il est toujours vrai le vieux proverbe: «Qui n'a santé, n'a rien. Qui a santé, a tout! »

LA MORT PREMATUREE

Que de soins et de préoccupations pour recouvrer ou conserver cette santé! On a recours à tous les moyens: hygiène, thérapeutique, voyages, vacances, repos, remèdes brevetés, médecins éclairés, etc.

Le moindre malaise nous inquiète ; les maladies contagieuses nous effraient ; les épidémies jettent l'épouvante.

Pour les écarter ou les conjurer, on se plie à toutes les ordonnances médicales, on nomme des officiers de santé, on ne regarde à aucun sacrifice ; l'argent ne compte pas, quand on est malade; les avares et les Harpagons même délient les cordons de leur bourse.

Et dire qu'il y a tant de millions de piastres dépensées pour acheter la maladie et la folie, tant de millions dépensées pour l'alcool et les boissons enivrantes, qui ruinent la santé, qui affaiblissent le corps, produisent la décrépitude et amènent toutes sortes d'infirmités !

Chaque année, il y a au Canada des milliers de victimes de l'intempérance, des milliers de personnes qui meurent d'excès alcooliques, ou qui vivent misérablement, par suite de l'ivrognerie.

N'est-ce pas là un fléau pire que la guerre et que les maladies les plus contagieuses?

Si une maladie moissonnait chaque année, dans notre pays, des milliers de personnes, de suite il y aurait une agitation pour la réduire et en empêcher la propagation ; on verrait de toutes parts la science médicale s'ingénier à trouver des moyens efficaces pour enrayer le mal.

Mais la boisson ! mais l'ivrognerie! qui assassine, rend fou, qui est la cause de tant de malheurs, laisse souvent bien des gens indifférents et ne suscite pas toujours les énergies nécessaires pour terrasser ce fléau.

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