I. H, Maloii, Histoire du socialisme, p
!8 LE SOCIALISiME.
« L'esclavage, qui rendait la coiicurfence impossible aux hommes libres, dit avec justesse Fustel de Goulanges, les préjugés, les habitudes économiques, les dispositions morales, tout se réunissait pour empêcher le pauvre de sortir de sa misère et de vivre honnêtement. Il s'en vengeait en abusant, quand il le pouvait, de la force du nombre qu'il possédait dans les cités à constitution démocratique, et de là naissaient des troubles perpétuels^ ». « Quoique la vie fût, en Grèce, beaucoup plus facile que chez nous, écrit M. Guiraud -, il y avait dans tout citoyen pauvre un socialiste latent. Ces esprits simples et pratiques ne couvraient leurs appétits d'aucun principe théorique : ils n'imaginaient pas de beaux systèmes, comme en ont élaboré les modernes, pour résoudre ces graves problèmes. Leur unique pensée était de déposséder les riches et de se substituera eux. On tentait pour cela une révolution : si l'on avait la chance de réussir, on tuait, on exilait les vaincus, on s'emparait de leurs biens, et on les répartissait entre les adhérents de la faction triomphante. Tout se réduisait, en somme, à un changement de personnes ». « Le riche et le pauvre, dit encore Fustel de Goulanges, étaient
1. La Cité antique, cb. xir. « Dans toute guerre civile, écrit Polybe, il s'agit de déplacer les fortunes. »