AVANT-PROPOS
pour rendre justice à Tœuvre scientifique et politique de Karl Marx qui complète la rénovation de la pensée scientifique moderne.
Le sentiment et Tidée sont les deux forces motrices inséparables de la vie individuelle et de la vie collective.
Le socialisme, qui était encore, il y a quelques années à peine, à la merci des fluctuations vivaces mais indisciplinées du sentimentalisme humanitaire, a trouvé dans Tœuvre géniale de Marx et de ceux qui Tont développée et complétée sa boussole scientifique et politique. C'est là la raison de chacune de ses conquêtes.
La civilisation, c'est le développement le plus fécond et le plus beau des énergies humaines, mais elle possède aussi un virus infectieux d'une puissance énorme. A côté de la splendeur du travail artistique, scientifique, industriel, elle accumule des produits gangrenés, la paresse, la misère, la folie, le crime, le suicide physique et le suicide moral, c'est-à-dire le servilisme.
Le pessimisme — ce symptôme douloureux d'une vie sans idéal et, en partie, Veffet de l'épuisement ou même de la dégénérescence du système nerveux — préconise l'anéantissement final pour triompher de la douleur.
Nous avons foi, au contrairje. dans l'éternelle virtus medicatrix naturœ^ et le socialisme est précisément ce souffle dévie nouvelle et meilleure, qui délivrera l'humanité — peut-être après quelque accès de fièvre — des produits nocifs de la phase do civilisation actuelle et qui,
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dans une phase ultérieure, donnera une expansion nouvelle aux énergies saines et fécondes de tous les êtres humains.
Enrico FERRI.
Rome, juin [894