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la réprobation active du scandale Stavisky. Mais le 6 février, il apparaissait que le rôle de l’Action Française s'était réduit à mesure que les effets de son premier élan se propageaient dans une certaine masse. Elle n’a pas joué un rôle important ce jour-là, et un eri de « Vive le Roi » sur la Place de la Concorde aurait été emporté dans les Marseillaise et les Internationale.
Or, n'y a-t-il pas là un fait qui vient s'ajouter à dix autres et qui les souligne définitivement ? Depuis trente ans, le petit parti de Maurras joue un rôle de levain dans la pâte française, mais quand la pâte lève pour quelques semaines, on la voit substantiellement républicaine. Il en a été ainsi après l’affaire Dreyfus dans toute la période de réveil nationaliste de 1905 à 1914, pendant la guerre, lors de la Ruhr.
Dans les moments de tension nationale, deux ou trois cent mille Français lisent Daudet et Maurras, gonflant les quarante mille habitués de Maurras et Daudet. En même temps, ils regardent un peu s'agiter une poignée de camelots. Puis, ils en tirent des conséquences plus ou moins violentes, plus ou moins durables dans le plan où ils vivent, dans le plan où vit une certaine masse française. Ce plan est à la fois bien voisin et bien éloigné de celui où Maurras meut son propre esprit et celui de ses zélateurs de stricte observance. Cela revient à dire que la France n'est pas blanche, et qu’elle a perdu à tout jamais le contact avec le monde d’aristocratie monarchique qui lui-même s’est détaché d’elle progressivement depuis la Fronde, depuis Louis XIV.
Après les Valois italianisés, Henri IV a été le dernier roi français. Louis XIII, en dépit de Richelieu, mais surtout Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, se sont enfermés dans un univers hispano-autrichien, dans un idéal de grande politique de cour qui n’avait plus aucun rapport avec la France des petits nobles, des bourgeois, des paysans et des artisans — si près du cœur des premiers Capétiens. L’allusion que Maurras semble faire à cet univers de la monarchie exorbitée lui est fatale.
Et pourtant l’A. F. a des racines, et des racines qui atteignent au tuf. Mais les formations républicaines nationales, qui ont repris et développé l'initiative de l'A. F., aussi. Les racines de l’A. F. se nourrissent au tuf de cinquante mille familles : celles des Jeunesses Patriotes, des Croix de Feu, dans un tuf à peine moins profond mais plus large de trois ou quatre cent mille familles.
A la fin du compte, on le voit aux élections, les quatre cent mille familles dont je parle sont entourées de beaucoup d’autres. Le monde républicain, national, conservateur, additionne presque la moitié des suffrages en France. Mais la masse active, ce sont ces quatre cent mille familles.
Le point de rencontre entre ces deux groupes inégaux de familles, c’est le service militaire, le dévouement militaire, c’est l’exercice d’une fonction humaine élémentaire. Ce lien plus élémentaire, plus fort que le lien patriotique, est aussi plus fort que le lien religieux. Plus fort aussi que le lien économique : car parmi ces
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