‹ Socialisme fascisteChapitre 29 sur 103 · Ux ParTI NATIONAL ET SOCIALISTE · texte numérisé non relu

Ux ParTI NATIONAL ET SOCIALISTE

Donc rien de changé. Alors, aucun changement à attendre en France ?

Cela, c'est l'apparence du moment. Mais, en fait, il n'en est rien. Le système ne fonctionne plus, les signes de détresse qui ont éclaté dans la semaine de février sont décisifs et vont désormais se développer inexorablement.

Les forces, qui jusqu'ici se balançaient, maintenant se heurtent les unes contre les autres. Dans le bateau secoué, l’arrimage ne tient plus ; la cargaison devient un chaos.

Ce qui s’est produit partout se produira ici aussi (et en Angleterre). L'équilibre ne se fait plus entre un Capitalisme fatigué, exacerbé et une démocratie démoralisée, affolée. Les crises ministérielles se multiplient, répondant aux scandales capitalistes.

Singulièrement, le parti radical ne peut plus faire l'équilibre entre le capitalisme et la démocratie. Il faut qu'il choisisse entre la crispation de défense capitalistenationaliste et la crispation de défense socialiste-communiste. Il faut qu’il verse enfin.

Mais alors nous en tiendrons-nous à l'opposition flottante entre les deux mondes national et social — comme en Angleterre ? Même en Angleterre, cela ne devient plus possible.

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Après quelques alternatives encore, de ces deux forces, si tant est que cela soit permis par les événements extérieurs, nous serons las et nous aurons recours à quelque chose de neuf.

Et c'est ici que nous arrivons à la considération suprême.

Ce qui se faisait par l'équilibre des forces ne peut plus se faire que par la fusion des forces sous une force plus grande.

Nous en revenons en conclusion à nos prémisses. Aucune des forces existantes ne peut l’emporter.

Il faut donc créer une force nouvelle.

Le rôle modérateur, intermédiaire, qui a été joué par le parti radical, héritier de la tradition jacobine et napoléonienne, ne peut plus être tenu par lui. C’est un parti sclérosé, usé, débordé, qui ne peut se ressaisir et qui s'appuie sur des institutions qu’il ne peut réformer lui-même, il doit être remplacé par un nouveau parti.

Parti qui renouvellera les mêmes méthodes aujourd'hui perverties ou oubliées, en les élargissant et les approfondissant.

Un parti qui repose sur une base assez large pour englober plusieurs des forces en présence. Parti animé d'une grande force dynamique et synthétique, parti qui fusionne plusieurs données aujourd’hui séparées. Qui ne souffre pas des limites dont souffre chaque formation existante. Parti qui bénéficie des enthousiasmes aujourd’hui isolés et sans but.

- Il est évident que c'est désigner un parti qui soit

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sur le modèle des grands partis qui ont triomphé dans le monde depuis vingt ans — à Moscou, à Rome, à Berlin, à Angora, à Varsovie et à Washington.

C’est ici qu'il faut parler brutalement.

Ce parti ne peut être que national et socialiste.

Mars 1934.

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Rien ne va si mal : pourquoi se plaindre ? La vie est douce. Toujours un peu d’argent, d'amour. Paris est délicieux et la campagne et les petits voyages. Alors pourquoi ces accès de rage ? Si, à certaines heures, je suis gêné par des fantômes, eh bien, voici l’un d’entre eux.

Ces discussions interminables, cette frénésie d’irrésolution, ce monstre à neuf cents têtes qui ne se voit pas, qui s’imagine n’avoir jamais de témoins, cette irresponsabilité hargneuse et arrogante, ce Palais-Bourbon aussi ignorant et dédaigneux que la cour dans l’ancien Palais des Bourbons — tout cela n’est rien. Ce qui compte pour moi, c’est l'hypocrisie des démagogues. Une trop vieille et profonde hypocrisie dans un pays, c'est le ver dans le fruit.

Ces gens défendent ceux qu’ils semblent attaquer et dont ils paraissent les victimes. Nuls défenseurs plus

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utiles du capital que les radicaux parce que secrets, parce qu'effrontément exilés dans le camp adverse.

Hypocrites. Non seulement les chefs, mais la troupe. Oui, j'ai suivi deux ou trois congrès radicaux, et je fus d’abord surpris : que tout un groupe, tout un parti püt être hypocrite. La conspiration de l'hypocrisie peut s'étendre à des milliers de personnes. C’est que l'hypocrisie est souvent une passion furieuse.

Les radicaux dans leurs entrailles ne peuvent se résigner à l’aveu qu'ils ont fait leur temps et qu'ils ne peuvent plus que se confondre dans la masse conservatrice. Ils s’acharnent en paroles à différer de ceux dont ils servent ainsi deux fois les pensées.

Conservateurs honteux, conservateurs de néant, conservateurs de ce compromis où rien ne trouve son efficacité, ni leurs idées, ni celles de leurs adversaires.

La contradiction entre la droite et la gauche, c'est une parade où est tout l’art de notre gouvernement. Le despotisme d’Asie ainsi s’appuyait sur un jeu d'oppositions, sur les contrariétés d’intrigues dans la cour. Sous l’Ancien Régime, la Robe semblait s'opposer à la Cour ; et pourtant, dès le second jour de la révolution, se confondaient dans les complots et les prisons des adversaires qui n’étaient que des complices. Les whigs sont déjà dans le même sac que les tories.

On peut conserver des choses contradictoires. On peut conserver ensemble l'Église et la Franc-Maçonnerie, la grande banque et la démagogie électorale, le militarisme et le pacifisme verbal.

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