‹ Socialisme fascisteChapitre 31 sur 103 · TON EU · texte numérisé non relu

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machines. Il a besoin de se recueillir, de chanter et de danser. Une grande danse méditée, une descente dans la profondeur.

Les gens ne savent plus s’ils doivent encore travailler ou ne plus rien faire. Ils ne savent pas s’ils doivent jouir ou s'abstenir. Je dis qu’individus épuisés, ils ne peuvent plus jouir que des grandes figures de l’esprit dessiné par le corps social. Regardez les abeïlles, les fourmis, que pouvons-nous faire d'autre ? Qu’avons-nous jamais fait d'autre ? Notre seule plénitude, c’est une civilisation vue de loin, où les joies et les chagrins se mêlent. Il n'en reste que le dessin. Tout est dans le dessin.

La qualité. La qualité se retrouvera, le jour où la quantité sera limitée.

Le socialisme en Russie veut dire course à la production, parce qu’il y est venu avant son temps, qu’il imite péniblement la course du capitalisme qui aurait dû le précéder. En Europe, le socialisme ne peut diré que repos réfléchi après cette longue fatigue folle du capitalisme qui d’ailleurs de lui-même tombe dans la langueur. Un capitalisme qui renonce à sa grandeur, à ses vices et à ses vertus ; voilà le socialisme qui est derrière le fascisme, un socialisme pour vieux Européens.

C'est comique de voir les capitalistes alléguer la liberté. Quelle liberté représente aujourd’hui le capitalisme ? Dans l’ordre économique, politique, culturel, quels débris ? Ou alors de quel capitalisme parle-t-on ? Revenir à l’ancien est une utopie.

C'est comique de voir C.G.T. et S.F.I.0. défendre la

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liberté, ce même débris inutile qu’agitent les capitalistes. C'est d’une autre liberté dont devraient parler cette confédération et cette section.

La liberté. De quelle liberté voulez-vous ? Où est-elle ? Où a-t-elle jamais été ? Où sera-t-elle jamais ? Si ce n’est dans la satisfaction des désirs réels à un moment donné. Or que désirons-nous ? Un ordre reposant. Nous voulons jouir du rythme qui pourrait être enfin si doux des machines.

Corporatistes, vous dites que vous représentez et que vous imposerez la Troisième Force ; que votre Ordre Nouveau s’instaurera à la fois contre ces deux manifestations secrètement jumelles de la contrainte — le monopole capitaliste et l’État marxiste, que la France Demain renaîtra de la: fédération spontanée des familles et des métiers, des corporations et des régions. Je ne puis guère vous croire, mais je Veux vous suivre.

Je ne puis guère croire que l’État ne doive intervenir dans le premier mouvement de cette spontanéité. Mais alors s’en ira-t-il jamais ? Il arrivera à vos corporations ce qui est arrivé aux soviets : la tutelle de Staline n’est pas près de finir. N1 pour les corporations italiennes la tutelle de Mussolini.

Mais les dictateurs passent et il faudra bien que les hommes se débrouillent de nouveau par eux-mêmes : alors, vous aurez raison.

Et en tous cas, ce détour corporatiste c’est notre

manière à nous, petites gens, entre toutes les classes, toutes les doctrines.

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