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sont toujours au-dessus de sa tête, et que les obus ne sont plus bientôt qu’une cataracte continue, il en vient à la mitrailleuse, cette plus mince furie. Peut-être les adversaires vont-ils enfin s’apercevoir : quelques silhouettes au loin. Mais ils n’ont jamais été si séparés. Un ouragan de fer, d’inextinguibles inondations de gaz, sont entre eux. Se joindront-ils ? Jamais.
Voici le deuxième degré de la connaissance de l’homme. L'homme est maintenant au fait de la guerre moderne. Il est à terre, rampant, épouvanté et honteux, et il connaît qu'il est solitaire. L’immense troupeau a disparu : les amis sont devenus à peu près aussi invisibles que les ennemis. Et les chefs n'auront jamais été vus. Solitude plus qu'épouvante — et honte, tel est le lot de l’homme moderne dans sa guerre. Il est séparé de tous, de ses amis, de ses chefs, de ses ennemis. Proiïe d’un collectivisme abstrait, il ne les voit pas, et il ne voit ni ce qu'il fait, ni ce qu’on lui fait. Les deux adversaires sont deux pauvres êtres qui se battent contre les éléments ligués contre eux mais qui ne se connaissent nine se mesurent.
Ils tiendront. Certes ils tiendront. Derrière eux, des officiers, des gardes de la Guépéou, des S.A. ou des gardes mobiles, revolver au poing. Plutôt mourir de la main dü camarade d’en face. Mais ils auront beau s’acharner, ils ne s’atteindront jamais. S'ils s’atteignent, s'ils en viennent à l’humain face-à-face, au personnel corps-à-corps, cette interruption de rapports abstraits qui dominent la bataille moderne sera rare comme un
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