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faite dans les deux plans : dans le plan de la guerre entre classes et partis, et dans le plan de la guerre entre nations.
D'abord les Russes. Les Russes ont dû lutter à la fois à l’intérieur et à l’extérieur. Leur guerre civile née dans la guerre étrangère a toujours tendu à revenir à la ouerre étrangère. Née en pleine invasion allemande, la révolution russe y a sans cesse réagi douloureusement. Elle a dû s’incliner devant le fait accompli à Brest- Litowsk, mais elle a bientôt rebondi dans l'invasion de la Pologne et s’est tendue sur toutes les frontières. Depuis elle a rêvé de guerre mondiale ; maintenant elle se replie dans la défense nationale, en attendant mieux.
Les Russes confondent, comme le firent les Français en 1792, la révolution avec leur pays qui lincarne. Ils ne se distinguent guère des Allemands et des ftahens dans leur conception foncière. Leur prosélytisme révolutionnaire se noue avec la nécessité d’un puissant impérialisme qui se soucie grandement de maintenir un immense assemblage de peuples, un immense empire colonial d’un seul tenant. Les intérêts de la nation et de la révolution se confondent aux yeux de la jeunesse russe comme aux yeux de la jeunesse italienne ou allemande. Si demain la Sibérie est attaquée ou si l'Ukraine se révolte, on verra cette jeunesse se dresser comme la jeunesse italienne dans le Tyrol ou la jeunesse allemande aux portes de l'Autriche. Si la Russie était assez forte, elle devrait à ses principes, comme autrefois la France, de faire une croisade rouge.
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