‹ Socialisme fascisteChapitre 62 sur 103 · PosITION DE LA JEUNESSE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

PosITION DE LA JEUNESSE FRANÇAISE

La jeunesse européenne a donc réagi dans le sens de la réflexion typique que j'ai esquissée plus haut. La jeunesse voyant l'esprit de paix tuer l'esprit de révolution, a restauré l'esprit de guerre pour sauver cet esprit de révolution dont il est inhérent.

Mais c’est ici que nous, Français, qui n’avons point été mêlés à toute cette aventure (bien que nous l’ayons pressentie dans le syndicalisme révolutionnaire d’avantguerre, et que nous ayons produit Proudhon, Blanqui et sorel, apôtres de diverses manières de la révolution guerrière), nous devons ouvrir l’œil et profiter de notre distance. Nous devons admirer ce beau sursaut de la jeunesse d’ailleurs. Mais puisque nous sommes voués à la sagesse plutôt qu'à l’audace, profitons-en. Puisque nous sommes amenés les derniers à une certaine action, tâchons d'en prendre les avantages sans en adopter les inconvénients. Reconnaïissons ce qu’il y avait de bon

4 en , »2 - — u es er CE mnt 7 sr = om or ©

ET

ne ne ss — . Pr æ.

et de nécessaire dans cette réflexion et cette réaction de la jeunesse. Elle a compris que la guerre est une fonction de l’homme et que l’homme ne peut pas sans dommage la nier et la déraciner. Le socialisme de la Ile Internationale prenait une attitude ultra-rationaliste, négative, chrétienne, il condamnaït la nature et la vie, il niait la guerre comme le christianisme l'a niée — pour cela, la jeunesse s’en est séparée.

Mais elle s’est jetée dans l'excès contraire. Elle a restauré pêle-mêle la guerre avec la révolution. La jeunesse de l’Europe centrale et orientale, pour sauver la révolution, a admis la guerre. Elle a réagi, elle s’est montrée réactionnaire, en plein. On nous parle de la dialectique : la voilà.en mouvement dans son inexorable ambiguïté. Point d'action sans réaction. On ne peut nourrir l’antithèse, sans être obligé bientôt d'engraisser la thèse qui s’étiolait. Une époque ne peut avancer avec force, avec violence l’idée de paix, sans bientôt restituer ainsi l’idée de guerre. Et naturellement on espère bien faire la synthèse. En faisant la guerre, on préparera la paix. Paix au lendemain d’une guerre mondiale qui assurerait le triomphe de la révolution incarnée par Berlin, ou Moscou, ou Rome. Napoléon aussi voulait la paix. César et Auguste ne l’ont-ils pas donnée au monde ? Et Charlemagne ? Et Charles-Quint y songeait aussi.

Une révolution toujours par un côté fait rentrer le mal que par un autre elle fait sortir. La révolution fasciste, qui a peut-être compris la solution propre à

> . SEE SERRES : 7 - FD | cu ner Lt | RE De Le ss enr mA ET ER 1 nn = — et a — ont nn" Ts D dns ftoiniéde. ssl ni 26) 4 ES PR uUR - LE « dois dom ce y Ses , ne : er ses = n - == rt re in D ee es 2= as ex | RS £ GRR 2 ess TT mr EEE ER snibpnchlee nu RC RES EE DRE act RE NES Er ;

l'esprit européen du problème social, n'a pas compris le problème de la guerre. Elle n’a pu faire la dissociation d'idées, nécessaire aujourd’hui pour le salut de l'Espèce, entre la guerre moderne et la guerre éternelle, entre la guerre et l'esprit de guerre. Et si la révolution russe semble le faire, ce n’est qu’une apparence. Seule, l’immensité et la faiblesse latente de la Russie, dans lesquelles elle peut toujours s'enfoncer et prendre de la distance vis-à-vis de ses voisins et de ses ennemis, amortissent la pointe dure de sa révolution.

Et pourtant pouvait-on relancer l'esprit de guerre sans qu'il se jette à la fois dans ces deux branches ? Plusieurs jeunesses se sont Jjetées à corps perdu dans ce risque. Pouvons-nous leur reprocher ia conséquence possible de leur explosion, de leur besoin de sortir de la stagnation démocratique et capitaliste ? Mais devonsnous faire de même ? Non. Mais s'ils sont plus vivants ils sont plus fous, si nous sommes moins vivants, nous sommes plus sages. Et la sagesse est aussi respectable que la folie.

Voulant garder l'esprit révolutionnaire, nous savons que nous voulons garder l'esprit de guerre éternelle qui en est la source et la garantie. Il faut que l’homme s’entretienne comme un homme, c’est-à-dire comme un guerrier. Certes, dans l’homme, il y a une autre face, celle du prêtre, du clerc (avec toutes ses variétés savant, artiste). Mais il n’est que trop facile à l’homme moderne de devenir un clerc. Au contraire, pour rester un guerrier, 1l lui faut faire un effort, c’est donc que par

me

là il se déséquilibre et se défait, et qu’il y doit prendre garde. C’est ainsi que dans le bellicisme des fascistes, il y a un effort beaucoup plus qu’un abandon, un effort qui se crispe, qui s exaspère.

Dans le fascisme, la crispation est de trop et signale une erreur. Le fascisme demande trop à l’homme ; en même temps qu'il lui redonne la vie, l’orgueil de sa jeunesse, il le prépare à une mort hideuse et stérile. Notre effort, pour être plus mesuré, pourrait être plus heureux. En analysant notre but mieux que les autres, nous pourrions nous façonner à une tension plus saine et peut-être plus durable. À cause de la déviation démoniaque qu'a subie la guerre moderne, nous nous contenterons de l’exercice transposé de la guerre : du sport. La guerre peut bien supporter une transposition comme l'amour. Il y a loin du rapt primitif à l’amour sentimental. Il faut bien que l’Espèce se contente de cette transposition et de cette atténuation de l'instinct de reproduction. Remplacons les bataïlles par des matches de football, l’héroïsme de la terre par l’héroïsme du ciel.

Espérons que l'esprit du sport suffira à nous maintenir assez belliqueux pour demeurer révolutionnaires dans le cercle intérieur. Du 6 au 12 février, je me promenai anxieux parmi cette jeunesse française éparse entre le nationalisme et le communisme, les deux pôles de son énergie. J’adressais un regret plein de rancune et de mépris à la partie de cette jeunesse qui, sous le signe du conservatisme parlementaire, dans les rangs des tristes partis radical et socialiste, le 6 était restée cloîtrée

we Œ à MAL OR VON RE

ns;

FR

7e PASS Le anis sédentaire lier enr

x , BEVT ODANE D ÉPRENNE ABIRT 2 à Li

u Ès { à |

RS re

S TE TÉGURS

Page 1