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Mais cela ne suffira pas. Abandonneront-ils la démocratie pour se faire russophiles et donc communistes ou pour se faire fascistes et donc germanophiles ? Car enfin, si les bourgeois d'Occident sont vainqueurs des Allemands, les Russes le seront aussi ; les armées bour-
geoises d'Occident rencontreront au milieu de l'Alle-
magne, les armées rouges répandant sur leur passage les soviets.
Il est évident qu’elles les attaqueront. Mais en seront-elles encore capables ? Ne seront-elles pas épuisées ? Dans quel sens se sera exercée la contagion entre Paris et Moscou alliés ? Pour nourrir l'enthousiasme des forces nationales en France, Belgique, Suisse, Angleterre, n’aura-t-il pas fallu flatter les groupements communistes qui en seront devenus des ferments nécessaires ?
À vouloir mener jusqu’au bout la lutte nationale contre l'Allemagne, les bourgeois français risquent d'y perdre leur raison d'être.
L'Occident se fera-t-il communiste par haine de l'Allemagne ?
L'hypothèse n’est pas excessive. Car, encore une fois, voyez bien ce qui se passera en cas de victoire des « Alliés ». L'armée française devra vaincre l'armée rouge, grossie d’un flot énorme ramassé dans toute l'Europe orientale et même en Allemagne. Aura-t-elle le temps de rallier les forces allemandes battues, qui ne seront pas devenues communistes ? Et ne connaîtra-t-elle pas dans ses propres rangs, surtout dans les rangs de ses
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troupes de couleur, au moment où se produira un soulèvement dans tout le monde musulman, une dangereuse subversion ?
Le risque final de la partie engagée dès maintenant par les bourgeois français en liaison avec les communistes russes contre le fascisme allemand est énorme. Ce risque se multiplie avec les chances de victoire. Ce n’est rien moins que la conquête de l’Europe par le communisme russe — y compris la conquête de la France et de l’Angleterre.
Les bourgeois français ne reculeront-ils pas devant ce risque, comme déjà reculent les bourgeois polonais qui, hier, dans la première minute de terreur hitlérienne, signaient un pacte avec la Russie, maïs qui, maintenant, se rapprochent de l'Allemagne ?
Mais si les Français reculent devant ce risque, est-ce qu'ils ne se précipitent pas vers un autre ?
S'ils ont peur de s'engager dans une guerre atroce où, après s'être longtemps battus, complètement épuisés, ils n’auront pas d’autres ressource que de devenir communistes, vont-ils se lancer dans l'alliance allemande ? Vont-ils jeter en l’air toutes leurs traditions, tout leur atavisme, toutes les alliances péniblement acquises ou maintenues pour essayer du condominium franco-allemand sur l’Europe et l’Afrique et une partie de l'Asie ?
Le danger d’être étouffé par l’allié allemand paraît plus immédiat, l'horreur même de ce rapprochement paraît plus certaine que le danger russe.
Est-ce que j’exagère le danger pour la France du
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