‹ Socialisme fascisteChapitre 80 sur 103 · VEN PRIE APCTERQR PR TE · texte numérisé non relu

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paraît naturel qu'on soit passé d’un bassin dans l’autre ?

LE PROFESSEUR. — César avait déjà remarqué...

L'écève. — César, c’est un maréchal Lyautey qui a annexé la Gaule à l'Italie. L'Empire Romain, capitale Rome, préfectures : Lyon, Londres, etc. On lui avait trouvé aussi des limites naturelles à cet empire : le bassin de la Méditerranée. prolongé jusque dans la mer du Nord ! Restons-en à de plus petits bassins.

LE PROFESSEUR. — Je vous ai dit qu'il fallait qu'un pays finisse quelque part.

L'écève. — C’est entendu. Maïs je veux voir COmMment fonctionnent les principes. Pourquoi les Pyrénées, plutôt que le seuil du Poitou ? Pourquoi les Alpes, plutôt que le seuil de la Bourgogne ?

LE PROFESSEUR. (humoriste) — C'est plus grand.

L'écève. — C’est un point de vue. Vous avez le goût du colossal... Mais. la Corse ?

LE PROFESSEUR. — Les Corses nous ont collé une sale maladie, le bonapartisme. Ils nous doivent de rester avec nous et de nous fournir beaucoup de sergents de ville dont la vue nous dégoûte à jamais de reprendre cette vieille maladie qu’on appelle aussi le goût de la dictature.

L'écève. — Vous n'êtes pas sérieux. Enfin, je vous passe la Corse. Mais au Nord, il n’y a pas de barrières colossales. Remarquez que je ne vous parle pas de l'Est, où les Vosges me paraissent aussi naturelles que le Rhin, parce qu’enfin les bassins. Mais au Nord ?

Le PROFESSEUR. — C’est l'exception qui confirme la règle.

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UNITÉ FRANÇAISE ET UNITÉ ALLEMANDE 18ÿ

L'ÉLÈVE. — C’est une fameuse exception. Etes-vous pascalien ?

LE PROFESSEUR. — Certes non, je suis rationaliste.

L'ÉLÈVE. — Non ?

LE PROFESSEUR. — Pourquoi parlez-vous de Pascal, petit calotin ?

L'ÉLÈVE. — Pascal dit : « Les miracles discernent la

doctrine, et la doctrine discerne les miracles. Il y en a de faux et il y en a de vrais. (Frontière belge, Vosges, Corse.) Il faut une marque pour les connaître. (Tu parles !) Or, ils ne sont pas inutiles et sont au contraire fondement. (L’exception confirme la règle, dixit mon professeur.) Or, il faut que la règle qu’ils nous donnent Soit telle qu’elle ne détruise la preuve que les vrais miracles donnent de la vérité, qui est la fin principale des miracles. » (Section XIII, fragment 803, édition Brunschwig.) Admirable raisonnement qui ressemble au vôtre qui est aussi une pétition de principes : ce qui me fait dire que vous êtes pascalien. Le miracle de la frontière belge, sa fin principale, c’est de prouver la vérité des Pyrénées et des Alpes. A propos, Pascal a aussi pensé à César. Parlant des prophéties, il dit : «Il y a des figures claires et démonstratives, mais il y en a d’autres qui semblent un peu tirées par les cheveux, et Gui ne prouvent qu'à ceux qui sont persuadés d’ailleurs. » (Section X, fragment 650, même édition) (1).

(1) Jules César, Commentaire sur la Guerre des Gaules, livre I, 1 : « La Gaule entière se divise en trois parties, l’une habitée par les Belges, une autre par les Aquitains, la troisième par les peuples

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