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LA QUESTION DE LA VOIX

et entreprendre Je surmenage spécial d'organes aussi délicats que ceux delà respiration et de la phonation. En règle générale, c'est pour avoir ignoré l'art du chant, qu'on se trouve réduit k l'enseigner ; c'est après avoir perdu sa propre voix qu'on s'attaque a celle des autres. Il serait moins dangereux pour la santé publique de recruter les professeurs des écoles et des lycées parmi les refusés au baccalauréat que de laisser de jeunes poumons et de jeunes larynx aux moins de mat Ires aussi ignorants do leur fonctionnement. Ceci est déplorable dans renseignement privé, libre, car ce n'esl pas impunément pour la santé et la carrière que tant de voix sont mal conduites, mais ce devrait être inadmissible dans les écoles nationales.

Si on se bornait h ignorer la physiologie, îe mal serait déjà grand. Le pis est qu'on y enseigne Vanli"phÿiiQlogie la plus flagrante eL que même les conditions physiques, matérielles, indispensables au développement des voix, n'y sont pas assurées.

Pour le théâtre

Uii jeune chanteur qui se destine au théâtre devra pouvoir mettre en vibration, animer de sa voix une masse d'air qui souvent dépassera 100,000 mètres cubes ; or, les salles où H travaille sa voix u-ont pus même 100 mètres cubes. L’élève travaille l'échelle d*un millième.

11 devra conduire, sous le contrôle de l’oreille, les maind res e lïela de sa yoi x à 30, 4 0, ;V0 mè tres a u- de van l de lui ; il travaille dans une salle où l'oreille ne peut suivre la voix au delà de quelques métras, Il est dans l'impossibilité matérielle de savoir ce qu’il fait de sa voix là où elle doit agir i il est comme un peintre trop myope pour voir jusqu'à la toile où i! peint ; la voix échappe au contrôle de l'oreille, son seul guide. Le chanteur est habitué par son maître à se sentir chanter, à sentir sa voix en poitrine, en gorge, en masque, dans le palais, dans le nez, entre les yeux ; sa voix, au lieu de prendre son expansion et sa projection, de se travailler dans la plus importante de ses dimensions, la distance, se télescope, se tronque, se lasse vers te chanteur ; il se fausse l'oreille, se fausse l'expression,,* et se gâte la voix. Il semble plus occupé à lutter avec sa propre voix qu'à la brandir comme un geste d’art et d’expression théâtrale. Toutes les absurdités, tous les contre-sens physiologiques sont enseignés, imposés par les maîtres aussi aveugles que leurs élèves, malgré la ruine incessante de tant de belles voix naturelles. Des milliers de voix sont mises tous les ans dans les mains des professeurs ; combien en sortent grandies et embellies, combien en sortent même intactes, combien s’y perdent en quelques mois?

Des chanteurs et des médecins on* avant moi signalé ce misérable état de choses ; je lutte directement depuis plusieurs années contre cette ignorance si dangereuse; la société française de laryngologie, l'Académie de médecine s'en son! occupés récemment,.. Rien n'y fait,

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