‹ Socialistes et JuifsChapitre 2 sur 4 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

Et je sains l'occasion d'affirmer ici que je n'avance rien ^ue je ne sois en etnt de proiwer.

Il m'est revenu que des ouvriers ar/ant lu dans Z'Etat-Major socialiste que le baron Millerand était un capitaliste assez sérieux pour posséder quatre immeubles de rapport dans Paris, essai/aient de douter encore et disaient : — v. Il faudrait nous dire où ils se trouvent, CcS immeubles ! »

Ma réponse à cette objection sera des plus simples.

Un Bottin spécialement consacré aux châteaux , maisons de rapport, fermes, métairies, chasses et propriétés de toute nature de messiew^s les socialistes, offrirait, j'en suis convaincu, un très vif intérêt, et je ne dis pas que je n'entreprendrai point un jour une publication de cette nature.

Mais, chaque chose en son temps.

Pour ce qui concerne ces brochures, ou bien j'ij dis la vérité, ou bien je mens. Si je mens, je diffame. Or la diffamation est punie par les tribunaux.

Si j'ai diffamé MM. Millerand, Jaurès et Cie, que ces f^^essieurs -me poursuivent devant une juridict on où la preuve e.^^t admise.

Je les en ?ncts au défi...

Le Juif corrupteur. — Les socialistes sont enjuivés de naissance. — Lassalle et Karl Marx. — Singer et ses ouvrières. — Le ghetto socialiste de New-York. — Journaux socialistes imprimés en jargon juif. — Les chefs d'industrie et les agioteurs de la Bourse. — Deux types : Ménier et Rothschild. — Nourrisseurs d'hommes et nourrisseurs de faisans. — Silence des socialistes sur les Juifs. — Une brochure de la citoyenne Sorgue.

— Les « Rois Mages» et le « Socialisme enfant ».

— A qui M. Jaurès demande de l'argent. — Presse socialiste et.. . soumise. — Liebknecht et l'aiïaire Dreyfus. — Truc et réclame. — Le mystérieux chef d'orchestre. — Ce qui se serait produit si r « Affaire » s'était passée en Allemagne. — Le socialisme prisonnier des Juifs.

Quand on s'est bien indigné contre les palinodies socialistes, on cherche à se les expliquer, on s'efforce d'en découvrir les causes.

Ces causes sont peu compliquées.

Il est arrivé au parti socialiste exactement ce qui est arrivé à tous les partis qui ont évolué

.en France depuis que la République est fondée.

Les «ancêtres», ceux qui étaient républicains sous l'Empire, s'emparèrent du pouvoir, conduits par les Gambetta et les Jules Ferry. On les a appelés les opportunistes.

Les opportunistes n'étaient pas plus malhonnêtes que d'autres. Il est même probable qu'ils étaient sincères, à l'origine, quand ils tonnaient contre les corruptions de l'Empire, quand ils juraient de fonder un régime basé sur la probité, sur l'honneur et sur la vertu.

Le tort qu'eurent les opportunistes fut de laisser s'introduire dans leurs rangs une bande de Juifs qui ne tardèrent pas a les pourrir. La hideuse tribu des Reinach ayant réussi à se glisser dans l'entourage de Gambetta, il en résulta que quelques années après les noms des meilleurs amis du tribun furent retrouvés sur les listes de participation et sur les talons de chèque du Panama.

Pour le radicalisme, qui ne fut d'ailleurs qu'une surenchère assez insignifiante de l'opportunisme, les mêmes causes produisirent les mêmes effets. La seule différence fut qu'ici

la corruption, au lieu de s'appeler Reinach, s'appela Cornélius Herz.

Et les socialistes, à leur tour, ont passé pzr les mêmes phases successives que les opportunistes et les radicaux.

Tant qu'ils ne disposèrent que de peu d'influence, tant qu'ils ne comptèrent dans les municipalités et à la Chambre que de rares représentants, ils furent honnêtes, sans y avoir grand mérite, il est vrai, et im peu à la façon des filles qui restent sages, parce qu'elles n'ont pas suffisamment d'attraits pour q i'on les coiurtise.

Le jour où le socialisme prit rang parmi les grands partis politiques, le jour où le socialisme fut à même d'exercer une action considérable à la fois dans le parlement et dans le pays, le socialisme trouva dans sa voie les pouvoirs d'argent tentateurs.

Les Juifs dirent à ces hommes qui parlaient de transformer la propriété et de faire la Révolution :

— Transformez la propriété, si vous voulez, mais transformez-la à notre profit ; faites la Révolution, si cela vous amuse, mais faites-la

pour nous. Si vous acceptez ce pacte, notre concours vous est acquis, et vous serez bientôt les maîtres de la France...

Les chefs du mouvement socialiste, qui ne sont point des ascètes, comme le proclame M. Jaurès lui-même, n'eurent pas assez de vertu pour résister ; ils furent éblouis, ils signèrent le pacte.

S'allier aux Juifs, s'inféoder aux Juifs n'avait d'ailleurs rien qui pût leur déplaire. Enjuivés, ils l'étaient déjà de par leurs origines, puisque les deux grands ancêtres dont ils se réclament, Ferdinand Lassalle et Karl Marx, étaient l'un et l'autre Juifs allemands. De plus, il est à la connaissance de tout le monde que le socialisme français est plein de Juifs ou de demi-Juifs comme Millerand.

Il en est de même dans tous les pays, en Allemagne par exemple, où l'un des principaux chefs des Social- Demokrat est le Juif archimillionnaire Singer, l'un des plus féroces exploiteurs de chair 'humaine qui soit au monde, celui-là même qui répondait à quelqu'un qui lui

reprochait de payer à ses ouvrières des salaires dérisoires :

— De quoi se plaig-nent-elles ? A l'heure où elles sortent de chez moi, il y a encore des hommes dans les rues ! . . .

En Amérique, le socialisme recrute — de l'aveu même de la Petite République — ses adhérents les plus nombreux parmi les 500.OOO Juifs de New-York (i). Ces socialistes juifs américains forment une fraction si considérable du parti qu'on est obligé de publier à leur intention des journaux spéciaux tels que le Voltszeitung, rédigés en patois judische, en jargon juif.

On voit par là que nul parti n'était mieux préparé que le parti socialiste a subir la direction juive.

Il y a très longtemps que cette mféodation

du socialisme aux Juifs existe, mais il n'y a pas

très longtemps qu'elle est apparente.

On aurait dû, cependant, se douter de quel-

(i) Je prends le chiffre donné par la Petite 'République. Mais V a en téaliié près de 600.000 Juifs dans la seule ville de Nev York.

que chose, lorsqu'on entendait des leaders socialistes comme Jaurès répéter sur tous les tons :

— Il n'y a pas de question juive !

Pour démontrer comme quoi il n'y avait pas de question juive, M. Jaurès et ses amis expliquaient que l'Antisémitisme n'était qu'une diversion ingénieuse trouvée par le capital chrétien pour détourner toutes les colères du prolétariat sur le capital juif.

« — Nous, citoyens, ajoutaient M. Jaurès et ses amis, nous ne distinguons pas entre le capital juif et le capital chrétien. Le même jour et par la même loi d'expropriation, le prolétariat souverain les socialisera l'un et l'autre au profit de la nation et des producteurs. »

Grâce à ce bluff, les socialistes réussirent merveilleusement à duper les travailleurs naïfs, en même temps qu'ils s'attiraient les sourires et les bonnes grâces des Juifs millionnaires. Et l'on vit des années durant ce spectacle étrange d'un parti se disant le parti de la Révolution sociale, qui faisait une guerre implacable aux patrons, aux chefs d'industrie, mais qui ne disait jamais un mot des grands voleurs de la

Bourse ; d'un parti qui traitait d'exploiteurs, d'affameurs, de négriers, les Schneider, les flotte ou les Rességuier, mais qui se terrait, qui se prosternait comme devant le saint des saints, dès que l'on prononçait le nom de Rothschild !

Si riches que soient les Schneider et autres grands patrons, que signifient, cependant, leur fortune, les quelques dizaines de millions qu'ils peuvent posséder, mis en regard de la fortune des Rothschild qui s'élève — c'est le Signal, journal protestant, qui nous l'a révélé — au chiffre formidable, monstrueux, provocateur de

DIX milliards;^

Que signifient les 500 millions possédés ■ — au dire de ^I. Waldeck-Rousseau • — par les 200.000 congréganistes français que l'on dépouille aujourd'hui, si on les compare aux DIX MILLIARDS, qui permettent à une seule famille de Juifs allemands d'être maîtresse chez nous, d'acheter non seulement des ministres et des majorités parlementaires, mais des partis tout entiers ?

Et le cas des Rothschild n'est pas isolé. Le baron Hirsch, mort il y a quelques années, a

laissé une fortune estimée — pour la France seulement et par l'Enregistrement — à plus de 800 millions.

Les Juifs qui sont arrivés chez nous en liaillons et qui possèaent aujourd'hui des centaines de millions prélevés sur notre épargne sont légion : les Ephrussi, les Dreyfus,, ^es Stern, les Camondo, les Obœrndœffer, les Herz, les Reinach, les Cahen d'Anvers ou d'ailleurs... Tout le monde connaît ces noms sinistres qui ont retenti lugubrement dans tous les coups de bourse, aux heures de panique, de ruine et de misère.

Derrière ces grands féodaux de l'Argent s'avancent de nouvelles générations de Juifs déjà millionnaires.

Le Juif Cattauï, pour prendre un exemple, était absolument inconnu avant l'affaire Humbert grâce à laquelle son nom nous a été révélé. Or, ce Cattauï — chevalier de la Légion d'honneur et client de M. Vallé, ministre de la justice — possède plus de cinquante millions. Et M. le substitut Legouvé, qui nous a donné ce détail, a ajouté que ces cinquante millions avaient été raflés à notre épargne au

moyen de la constitution de sociétés véreuses.

Entre ces mercantis, ces écumeurs de Bourse, et le patron d'industrie, quelque dur, quelqu'égoïste, quelqu'avide qu'il puisse être, il y a, il faut en convenir, une rude marge.

Les socialistes auront beau dire que les Schneider, les Reille ou les Motte sont des exploiteurs qui s'engraissent avec la sueur de leurs ouvriers. Il n'en est pas moins vrai que les Schneider, les Reille et les Motte font vivre ces ouvriers. Il les font '4vre plus ou moins bien — les socialistes di=-ent : plus ou moins mal, — c'est possible, mais enfin ils leur font manger du pain.

Et la preuve en est que si quelqu'une de ces grandes usines venait à disparaître du jour au lendemain, dévorée par un incendie, par exemple, des milliers de malheureux se trouveraient réduits avec leurs femmes et leurs enfants à la plus atroce misère.

D'autre part, ces grands usiniers tant maudits par les socialistes, sont des producteurs. Schneider produit des canons et des machines en acier, les Reille extraient du charbon. Motte fabrique des tissus. Les uns et les autres

sont une source d'enrichissement pour le commerce français.

Qu'est-ce que produisent les Juifs^ les grands banquiers cosmopolites, les hauts voleurs de la Bourse ? Qu'ils nous montrent donc les échantillons de leur fabrication !

Prenons un exemple, pour nous faire mieux comprendre.

Tout le monde connaît Ménier, le célèbre chocolatier. L'un des Ménier est député du « Bloc », il promène Waldeck-Rousseau dans son yacht, il invite le baron Millerand à ses chasses oii un petit chemin de fer créé spécialement à cette intention vient prendre les tireurs après chaque battue pour leur éviter toute fatigue. C'est donc pour nous un adversaire politique dans toute la force du terme.

Choisissons-le comme type du grand patron, du chef d'industrie.

Opposons-lui, si vous le voulez bien, comme spécimen des grands financiers, des puissants

agioteurs cosmopolites, Rothschild lui-même, l'homme aux lO milliards.

Examinons-les l'un après l'autre, chacun chez soi; c'est facile, puisque Noisiel est situé justement dans le voisinage de Ferrières.

A Noisiel, vous trouverez, tout près des usines et non loin du château du patron, tout un village ouvrier formé d'une agglomération de maisons propres, claires et gaies. Chaque famille dispose d'un coin de terrain converti en jardin qu'elle cultive aux heures de loisir. Vous verrez également des écoles spacieuses et bien aérées. Tout près de la route, dont elle n'est séparée que par de vastes jardins, s'élève une maison de retraites pour les vieux travailleurs.

On peut juger détestable l'attitude politique des Ménier, n'avoir que mépris pour ces multimillionnaires qui, sans y être poussés par la nécessité, se font les adulateurs et les courtisans des Waldeck et des Millerand. On n'en est pas moins oblige de constater que les Ménier sont les représentants d'une industrie utile et qu'ils font quelque chose pour leurs ouvriers.

Je sais bien ce qu'on peut objecter :

En fondant des écoles, des maisons de re-

traite, etc., les Ménier, comme tous les grands patrons, ne travaillent pas pour leurs ouvriers, mais bien pour eux-mêmes. Ces fondations pseudo-philanthropiques ne sont en réalité que des assurances contre la grève. Et ces villages ouvriers, ces coins de jardins que votre naïveté attribue à la générosité patronale, savez -vous à quoi ils servent ?

A fixer la main-d'œuvre, à assurer aux pations des générations de travailleurs. Les Ménier, comme les autres grands féodaux de l'industrie, ont trouvé moyen, sous couleur d'hypocrites libéralités, de ressusciter à leur profit le village de serfs du m^oyen âge...

Serfs tant qu'on voudra ; mais, du moins, les serfs de Noisiel, de même que les serfs du Creusot et d'ailleurs sont des serfs qui vivent, des serfs qui mangent. Et s'ils vivent et s ils mangent, ce n'est évidemment que grâce aux salaires qu'ils gagnent en travaillant.

Il faut donc bien reconnaître que ceux qui leur donnent du travail servent à quelque chose.

A quoi sert le grand financier, le haut banquier juif, l'agioteur cosmopolite ?

Venez avec moi à Ferrières, parcourons ensemble leS' domaines du baron Alphonse de Rothschild, mais surtout restons sur la route et ne nous avisons point de pénétrer dans les champs ou dans les bois. Autrement, nous risquerions d'être pris pour des braconniers et de recevoir quelques chevrotines dans le corps, comme cela arriva à un pauvre paysan nomme Mazille Cahon qui fut tué, il y a quelques années, dans la forêt du Lys, par les gardes d'un autre Rothschild, neveu de celui-ci.

A Ferrières, vous ne trouverez ni usines, ni ateliers, ni écoles, ni maisons de retraites, ni village ouvrier. Des maisons de gardes et des boîtes pour nourrir des faisans, voilà tout ce qui pousse sur les immenses domaines du baron !

C'est en cela précisément que consiste la différence que les socialistes ne veulent pas voir — parce qu'ils sont aveugles volontaires : — la différence entre le chef d'industrie et l'agioteur.

Le chef d'industrie fait vivre des hommes ; L'agioteur fait vivre des faisans ; Le chef d'industrie fait travailler des centaines ou des milliers d'ouvriers, et il donne à ces ouvriers un salaire en échange de leur travail ;

L'agioteur ne fait travailler que quelques coulissiers, la plupart Juifs ou étrangers, auxquels il donne ses ordres de bourse ;

Le chef d'industrie produit des objets de consommation qu'il livre au commerce, et, par conséquent, il est une source ae richesses pour un pays ;

L'agioteur ne produit que des coups de bourse, et il ne peut être, par conséquent, pour un pays, qu'une cause de ruine et de misère.

Cependant, les socialistes à la Jaurès et à la Millerand n'en veulent qu'au chef d'industrie, au patron, à l'employeur d'ouvriers, qui, par cela même qu'il est un donneur de travail, ac6omplit une œuvre utile. Ils laissent complètement de côté l'agioteur, l'homme de Bourse, qui est un être éminemment stérile et malfaisant, qui ne donne de travail à personne, qui ne fait aucun bien à qui que ce soit, mais qtii.

par un seul télégramme, par un seul coup de téléphone, peut provoquer un krach, c'est-àdire susciter un hausse ou une baisse subite et sans raison, non seulement sur des valeurs ou des titres, mais sur des denrées commerciales de toute nature (blé, farine, charbon, pétrole, café, métaux, etc., etc.), et, par suite, causer d'irréparables désastres.

Or, lorsque nous parlons des méfaits de ces écumeurs et de ces bandits de la Haute- Banque, les socialistes déclarent que nous ne sommes que des réactionnaires déguisés, des cléricaux qui essaient de créer une diversion. M. Jaurès pontifie :

« — Il n'y a pas de question juive ! ... »

Si les socialistes, tenant ce raisonnement, étaient sincères, il faudrait en conclure que les socialistes sont de parfaits imbéciles, d'irréductibles crétins.

Mais cela n'est pas.

Et si nous voulons savoir pourquoi les socialistes à la Millerand et à la Jaurès nient avec cette opiniâtreté la question juive, il nous

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suffira d'écouter les déclarations d'autres socialistes qui les connaissent bien qui ont été leurs collaborateurs, qui les ont vus à l'œuvre. Ouvrons une petite brochure intitulée Socialîsme ministériel, et signée d'une militante du socialisme, la citoyenne Sorgue. Nous y lisons à la page 5 :

En combattant les combats du dreyfusisme sous le drapeau rouge, et l'on sait avec quelle vaillance ! Jaurès et ses amis amenèrent un rapprochement singulier entre les deux camps les plus opposés et les plus irréconciliables par nature, celui du Travail prolétaire en gueire ouverte contre le Capital, et ce Capital lui-même personnitié par la Haute- Banque, c'est-à-dire par ce qu'il y a de plus parasitaire, de plus rapace et de plus absorbant.

Que vit on alors?

On vit des Juifs à millions et à milliards venir, tels que les rois mages, vers le socialisme enfant couché dans sa crèche, lui offrir 1 encens, la myrrhe et l'or. Comment se fit-il qu'alors Jaurès, nourri de littérature, n'ait pas été mis en garde par Virgile contre cei tains présents redoutables '? Et, certes, ce ne sont pas seulement ceux qu'apportaient les Grecs !

Les présents des Rois du Capital furent acceptés. Le premier service rendu fut de relever les grands organes d'avant-garde qui périclitaient, de les remettre à flot. Pereire assura la fortune de la Lan-

;erne(i); Rothschild, celle delà Fronde ; Cohen, Ccl'.e de la La Petite République et, plus tard, Paquin, à la veille d'être décoré, offrait à M. Maurice Dejean le Petit Bleu.

Un jour il manquait lo.ooo francs à la verrerie ouvrière d'Albi pour construir.! un troisième four. Jaurès annonce une conférence au bénéfice de la création ouvrière. Le grand orateur fait, comme toujours, salle comble ; mais, cette lois, les places sont paj'ées 60 francs.

Toute la fine fleur de la ploutocratie judaïque s'est donné là rendez-vous. Après le discours, la quête. On me chargea de ce dernier et modeste rôle. Je n'oublierai jamais de quel air méprisant et plein d'arrière-pensées ces étranges catéchumènes du socialisme jetaient dans mon escarcelle qui 10 francs, qui 20 francs, qui 100 francs. C'est à ce moment que je commençai à ouvrir les yeux sur la faute commise et sur son énormité.

Comment ! C'est la classe archicapitaliste, archiparasite, archiexploiteuse qui deviendrait une alliée sincère de la révolution sociale, dont elle est le principal point de mire? Et c'est Jaurès qui aurait été assez naïf pour se bercer d'une telle espérance?

Quoi qu'il en soit, ceci se passe de commentaires : tous les journaux quotidiens avancés sont pai>sés entre les mains des hauts barons de la finance; ce sont donc leurs journaux, ce ne sont plus les jour-

(i) PoiirlfS détails de l'entrée de .Millerairi et d'une rédaction socialiste à la Lanterne des Hercire, voir dans la Libre Parole du 2-, mai looi, mon article intitulé: Socialistes et Juifs.

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naux des travailleurs. Révérence parler, ces feuilles ont maintenant la condition soumise de la courtisani vis-à-vis de ses protecteurs. Affirmer qu'elles sont restées indépendantes, c'est un impudent défi à l'évidence...

Ces révélations, auxquelles il nous serait facile d'en ajouter d'autres, nous expliquent l'ardeur avec laquelle Jaurès a combattu pour Dreyfus, dont il trouvait jadis le châtiment insuffisant et pour lequel il avait réclamé les douze balles du peloton d'exécution. Elles nous expliquent en même temps l'entrée de Millerand dans le cabinet Waldeck-Gallifet, formé uniquement en vue de la revision du procès du traître.

Aucun être intelligent et de bonne foi ne peut méconnaître ces évidences. Personne n'admettra que des socialistes comme Millerand et Jaurès se soient constitués sincèrement et sans arrière-pensée les défenseurs d'un capitaine Juif et millionnaire condamné à la simple détention à vie pour crime de haute trahison, alors que ces mêmes socialistes ont laissé fusiller tant de fois sans protestation de

SOCIALISTES ET JUIFS ig

pauvres diables de soldats coupables uniquement d'un acte d'indiscipline, d'un geste de révolte ou de menace contre im supérieur, acte ou geste souvent atténué par l'excitation de l'ivresse.

C'est ce que Jules Guesde et les socialistes non en juives — ils sont peu nombreux! — n'ont cessé de répéter.

Et Liebknecht, l'un des chefs les plus autorisés, non seulement du socialisme allemand, mais du socialisme international tout entier — Liebknecht n'a point hésité à faire nettement comprendre aux Millerand, Jaurès et C*^ qu'ils n'était pas dupe de leur comédie de vertueuse indignation.

Parlant de la campagne si justement qualifiée par le colonel Marchand, la et campagne des infâmes », Liebknecht écrivait :

Elle a été célébrée par les « initiés » en des hymnes enthousiastes. Au point de vue Barnum, Mosse et consorts, elle mérite certainement ces louanges. Truc et réclame. Réclame et truc. Jamais on n'en vit de semblables, ni de montés sur un pied aussi gigantesque.

Ils n'avaient qu'un défaut. Jamais truc ne fut plus visible, plus sensible, plus palpable, ni d'un calibre

plut; lourd. C'était tantôt un concerto de styje sévrre, tantôt un charivari bien répété, l'un et l'autre conduits par un chef d'orchestre au moindre signe duquel tous les exécutants obéissaient.

Un mouvement de bâton, et à Paris, à Londres, à Berlin, à Vienne, à New-Yo^k, partout, ce même motif était chanté, soufHé, sifflé, raclé, piaillé, meuglé. Et l'on s'étonne que la croj-ance à un « Syndicat » soit née!

Quand, dans tous les pays, cinq cents journaux de partis différents entonnent chaque jour une fois, deux fois et plus, la même mélodie, il n'est vraiment pas possible de croire à un « pur hasard » ou à de mystérieuses « sympathies » des neifs et des ames. Le temps des miracles et de la croyance aux miracles est malheureusement passé.

Cependant, pour une fois et par exception, je veux croire au miracle. En tout cas, le mystérieux chef d'orchestre ne mettait pas beaucoup de variété dans l'exécution. Il n'y avait que deux tons et deux gammes: musiq le de sphères célestes pour les saints et les anges de la « revision », huées infernales de sauvages, insultes de poissardes contre les diables gros et petits qui n'acclamaient pas la « révision » et ne voulaient pas croire au nouveau « Jésus de Nazareth » de l'Ile du Diable.

Après avoir donné longtemps encore libre cours à sa terrible ironie, le patriarche socialiste nous apprenait ce qui se serait produit, si l'o Affaire » s'était passée en Allemagne.

Si r « A flaire » s'Hait passée en Allemagne au lieu Je Se pas^îLf dao'^ la Fi-ance « dîz'nérée », je j'ai djà dit : Zola, l.abo-i, etc., seaiint auiourd'hui ou en fuite à l'étranLcr ou en prison, comme ciimintls ; les journalistes étrangers qui, de Berlin, auraient propagé la « campagne » à l'étrancer, auraient été au bout de trois jours chassés de la capitale et du territoire de l'Empire, et, en cas de résistance, conduits à .a frontière avec une bonne « poussée » ; Picquart, pour... — mettons pour diverses choses, — aurait été condamné à dix ans de forteresse, sans per>pective de grâce ; le Dreyfus allemand aur.iit été enseveli vivant, et, un cas de tentative d'évasion, fusillé sans merci.

C'est Je la sorte qu'on en use en Allemagne avec les pris mniers, et je ne dis pas seulement avec les coupables de haute trahison, mais avec d'ihoffensifs braillards qui, rendus facétieux par la bière, ont offensé le sentiment de dignité militaire d'une sentinelle et ont été, pour ce méfiiit horrible, mis en prison. Vraiment, jamais la sentence biblique sur les Pharisien orgueilleux n'a été plus vigoureusement illustrée ; jamais l'hypocrisie nationale et internationale ne s'est exprimée et étalée de plus dégoûtante façon.

Peu de temps après avoir exprimé dans ces termes si nettement méprisants son opinion sur le rôle joué par les socialistes dans l'affaire Dreyfus, Leibknecht mourait.

Jules Guesde, qui refusa d'entrer à la suite

des Jaurès et des Millerand dans la domesticité d'Israël, est aujourd'hui pauvre, sans influence, abandonné de ses amis.

Millerand a été ministre.

Jaurès le sera demain...

Cela prouve que la puissance des Juifs est grande. Mais cela prouve aussi que les socialistes ne sont plus libres...

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