‹ Société d'économie sociale, session de 1872-73 [microforme]Chapitre 9 sur 9 · HAE ES · texte numérisé non relu

HAE ES

Ssionnaires aidés seulament ais, et de quelques artisans Choisis, agglomérèrent les familles sauvages et, avec un art infini et mille ménagements très-délicats, devinrent à la fois les chefs de la cité et ses

Deuples est l'œuvre des siècles pour devenir sérieuse et solide. Malheureusement, cette œuvre Magistrale fut interrompue brutalement par des hommes ignorants et aveuglés

par les préjugés du XVIIIe siècle. Ils se jetèrent à travers ces établissements Comme des enfa

Sri * ils n’y ren- Contrèrent que des déceptions. Jamais l'infériorité de l'autorité et

Montra plus évidente, et peu d'années après l'installation des auto-

rilés ESpagnoles, Jes réductions se disper

sèrent et disparurent

60C. D'ÉC, s0c,

comme par enchantement; leurs ruines magnifiques étonnent aujourd'hui le voyageur au milieu des déserts, accusant à Ha fois le génie de ces religieux éducateurs, et la sottise de leurs adversaires. Peut-être cependant était-ce là le prélude d’une nouvelle race pour les civilisations futures !

Pour revenir au point de la conférence qui prête à controverse, je dis que toutes les fois qu'on entreprend d'élever l'esprit d'un peuple sans culture, le premier précepte est de l’isoler avec soin de la civilisation à laquelle on veut l’initier. C’est la thèse contraire à celle du Commandant : j’expose mes raisons. Quand nous mettons à la portée des sauvages ce que l'industrie nous a donné dans l’ordre des conquêtes matérielles, soit nos liqueurs, nos vins, n0S armes, nos ustensiles, leurs organes, ignorant la mesure dont il en faut user, trouvent dans leur emploi une cause de destruction. Au point de vue moral, le même phénomène se présente. Sous mettre brusquement à l'action d'une civilisation avancée un peuple enfant, c'est lui supposer une virilité d’aptitudes et une souplesse d'assimilation qui lui manquent ; c'est commettre une erreur analogue à celle qui ferait élever, suivant le même régime, et mêlés ensemble, des jeunes gens de vingt ans el des enfants en sevrage. Tous les enfants périraient. Un peuple neuf n’est pas assez aguerri pour soutenir l'esprit d'une civilisation mürie à travers des siècles d'épreuves. Elle l'enivre et l'égare, et de plus, dans l'ordre du travail, ilne peut supporter la concurrence. Nous nvposions une loi du même ordre dans une de nos dernières nférences. Nous disions qu'un homme habitué à un salaire médiocre, et qui brusquement passe à des salaires élevés, n’a pas une volonté assez forte pour persévérer dans la tempérance; il plie sous un progrès matériel qu'un progrès moral équivalent n’a pas accompagné, En résumé, quand on veut élever le niveau intellectuel d'un peuple, relativement sauvage, cette œuvre de transformation impose un tel tempérament, une science de gradation si délicate, que le mieux, suivant moi, est de tenir ce peuple loin de toute influence et de l'isoler dans Îles mains de ses éducateurs.

Je rejetterai doncce système d’intercaiation, auquel, pour ma part, je ne sache pas qu'un peuple sauvage ait jamais résisté. Je prierai

maintenant M. le Commandant de vouloir bie trouvé quelques traces des calpulli,

M. le commandant Pierron. — J'ai trouvé, en effet, beau- Coup de terres cuitivées en commun. Quant au système de colonisation, contre lequel M, Etameau vient de s'élever, l'application que j'en ai vu faire en Algérie en démontre, suivant moi, la supériorité sur tout autre. J'ai : bservé que partout où les Arabes sont mêlés avec les Européens, ils améliorent leur Culture et perdent de leur férocité, Dans un de leurs derniers soulèvements, un Chef arabe, devenu l’un des marchands de blé les plus riches du monde, fit parvenir, avant de pr

tre les armes, une lettre à l'adresse du commandant de ]n L'ice voisine, Il lui disait

« La guerre sainte est proclamée. Je lattaquerai dans trois jours, en face. En attendant, fais rentrer les femmes, les enfants, les ouvriers. » Partout où les Arabes travaillaient avec des Européens, ils ont montré la même humanité. En général, ceux qui vivent en groupes isolés n'ont pas montré les mêmes sentiments.

M. Rameau. — Au point de vue des intérêts particuliers et de la sécurité présente, cette théorie est indiscutable. Mais je crois qu'au point de vue plus général où je me plaçais, l'isolement d’un peuple encore sauvage, groupé sous la direction d’initiateurs éclairés, loin de conquérants le plus souvent corrompus, répondrait au système le plus capable d'amener ces indigènes à un état de civilisation et de prospérité réelles.

M. Paul Ribot. — Le gouvernement actuel du Mexique a-t-il pris quelques mesures analogues aux lois agraires, dont M. le rapporteur nous parlait?

M. le commandant Pierron, — Le gouvernement qui à succédé à celui de l’empereur Maximilien Commença par confisquer les biens des grands propriétaires qui ctaient supposés partisans de l'empire, et il a réparti leurs terres entre les Indiens qui les cultivaient.

La séance est close à 3 heures.

n nous dire s'il a

Le Gérant : Feyraup.

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Paris, imprimerie Paul Dupont, rue J.-J. Rousseau, 41. (507—3.3)

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