IV. — TyiK^ sous-bracliycépliale. — Indice supérieur à
jusqu'à 83.33.
Javanais 81
80 Wallons 81
Crânes du trou du Frontal .... 81. o3
26 Luxembourgeois belges . . . . 81.17
Mongols 81.40
Turcs 81.49
Bas-Bretons 82
299,355 Italiens de toutes les régions 82.07 (i).
Alsaciens et Lorrains . ..... 82.93
100 Allemands méridionaux (Ecker). 83
(i) L'indice moyen maximum se rencontre dans le Piémont, soit pour 33,541 observations 8vX), le minimum moyen dans la Calabre, soit sur i3.336 observations 784, et moindre encore dans la Sardaigne, soit sur 6,687 observations 775. On remarquera la corrélation entre ce phénomène et celui que nous avons constaté spécialement ]>our la taille en Italie. (Institut international de statistique.) Cependant les démarcations entre populations au point de vue céphalique sont plus nettes au point de vue jçéographique ; le facteur ethnique semble donc dominant. (Bulletin de l'Institut international de statistique, t. XI. i« livr., p. 76 et suiv.)
Samoyèdes et Lapons russes . 83.8 ) ( Brachvcéphales.
Lapons Scandinaves .... 87.4 ( |)r Verrier.
Esquimaux d'Alaska très mé- (
tissés 79.2 I Mesaticéphale.
Esquimaux du Groenland . . 76.8 (.1. Deniker.) Sous-dolichocéphale.
Italiens du Nord 84-5 l)rachycéphales V.
» du Centre 82.8 sous-brachycéphalelV. i
M du Mezzogiorno . • 80.6 Id. ) Niceforo.
» de Sicile 79.6 mesaticéphale III. l
» de Sardaigne. . . . 77.5 sous-dolichocéphale II, I
La circonférence du crâne en Italie, il'après A. Niceforo :
Circonférence du crâne
Italiens du Nord 54-6
» du Centre • . 544
» du Midi 54.4
)) de Sicile 54 2
» de Sardttigne . • • • • 54.0
Mais, pour les circonférences, le maximum est dans les Abruzzes de 55.5; le minimum, dans la Fouille, de 53.7.
V, — Tj'pe bracliycépliale. — Indice supérieur à 83.33
jusqu'à 87 :
Indo-Chinois 83. 5i
Finnois 83.69
Savoyards 83.63 à 85
Serbes et Croates 84.04
Auvergnats 84.07
Lapons 85.07
Le crâne de Sclaigneaux 86.91
La comparaison entre Tespèco humaine et les anthropoïdes, sous le rapport ci-dessus, montre des dissemblances tellement excessives en Vétat actuel, que nous j)ouvons maintenant conclure d'après tout ce qui précède et en négligeant bien d'autres rapports, que Thomme constitue bien réellement une espèce distincte, toute question d'origine et de descendance réservée, des anthropoïdes. Elle leur est supérieure par la proportion des parties du corps, par la grandeur de la cavité crânienne, par le poids, par les circonvolutions, par la quantité de matière grise, par la structure, la nuance et la qualité de la matière pensante ; cette supériorité semble se manifester d'une façon palpable par des caractères déterminés excluant toute confusion actuelle entre les anthropoïdes et l'homme. L'homme forme une esi)èce distincte et une à raison des limites de ses variations et il est à remarquer que les t^-pes extrêmes de la série humaine deviennent de plus en plus exceptionnels de même qu'ils sont en général les moins civilisés.
En revanche, les cavités des sens sont plus développées chez les animaux : les orbites, les fosses nasales, les sinus, l'appareil masticateur.
Bien qu'inférieur au point de vue musculaire à beaucoup d'animaux, l'homme est capable de mouvements plus complexes. Au point de vue de la sensibilité et de l'intelligence, il les surpasse tous.
Si, anatomiquement, les anthropoïdes sont encore plus rapprochés de l'homme que des singes ordinaires, par exemple au point de vue de la capacité crânienne et du poids du cerveau, il y a cependant entre eux et les variétés infé-
rieiires de riiunianité un écart considérable dont les stades intermédiaires ont disparu et que rien ne vient combler. En plus, à la différence de Tantliropoïde, Tliomme marche debout; il en résulte une différenciation considérable du squelette, des muscles, des viscères et celle du regard; celle-ci permet à Tliomme plus d'observation, de science, de prévision et de prévoyance.
L'écart entre les deux espèces tend à devenir de plus en plus considérable à mesure que les poi)ulations inférieures disparaissent, soit par extinction, soit par fusion en se rattjicliant progressivement à la civilisation moyenne et à mesure que, d'un autre côté, les anthropoïdes eux-mêmes, suivant l'involution où les précédèrent les pithécanthropes, t<îndent à être éliminés.
En résumé, il y a un type général nettement déterminé et limité commun à tous les mammifères, un tyx)e imrticulier commun à tous les primates, y compris le singe, l'anthropoïde et l'homme, un type plus spécial commun à l'anthropoïde et à l'homme, enfin un type humain anatomiquement et physiologiquement bien distinct et reconnaissable.
Ce type structural humain est capable d'équilibration et d'adaptations plus nombreuses et plus complexes que n'importe quelle masse de matières inorganiques ou organiques de la nature; sa mobilité et sa pensée dépassent même les limites de notre globe. Il en est surtout ainsi lorsque nous l'envisageons non plus simplement comme individu, mais dans son milieu propre, le milieu social où il revêt son aspect intégral d'être individuo-social. Alors ses muscles et son cerveau concourent à des œuvres collectives d'une étendue, d'une durée, d'une intensité et d'un équilibre i)roportionné incomparables, dont la nature entière inorganique, organique et psychique constitue les matériaux et dont le produit est le phénomène social.
F. — Les centres (rassociation.
La fin du XIX*' siècle a rénové la psychologie par l'application de la méthode expérimentale et par une connaissance plus exacte de la constitution intime du système nerveux.
L'école de Wundt pour la méthode, les travaux de Ranion y Cajal et de Fleclisig pour le système nerveux, ont complété les bases de la sociologie en facilitant, par analogie, la conception de la statique et de la dynamique sociales. Les découvertes de Ramon y Cajal ont montré qu'une structure nerveuse dont les éléments sont cependant discontinus peuvent néanmoins exercer une action continue ; celles de Fleclisig que les associations d'idées et de sentiments, l'esprit de généralisation et d'abstraction ont leurs correspondants dans la structure nerveuse et que, par conséquent, la puissance philosophique et sociale de l'espèce humaine, celle par laquelle elle se distingue le plus de toutes les autres espèces, a aussi son fondement matériel et physique. Cette conception est destinée à nous faire comprendre de mieux en mieux que tout phénomène social est à la fois inorganique, organique et psychique et que notre faculté même d'idéaliser, de généraliser et d'abstraire a ses supports dans la substance et dans l'organisation du système nerveux par où toute idéologie se rattache en conséquence à la nature organique et inorganique.
Après un quart de siècle de patientes expériences, Fleclisig, professeur de psychiatrie à Leipsig, a établi, par la comparaison du cerveau d'embryons, de fœtus et d'enfants nouveau-nés, l'ordre d'apparition de la myéline dans les faisceaux nerveux. Il en résulte que si, à partir du cerveau moyen, la ressemblance est assez grande entre le système nerveux de l'homme et celui des mammifères, il n'en est plus de même pour l'écorce cérébrale qui offre chez l'homme un développement bien autrement considérable et dont les zones d'association sont les centres des fonctions intellectuelles.
Le point essentiel de la théorie de Flechsig est que, contrairement à ce qui était admis, toutes les zones de l'écorce cérébrale ne sont pas reliées par des faisceaux de fibres aux masses nerveuses grises inférieures. L'écorce cérébrale se divise en : i** zones des centres de projection ou sphères sensorielles et en 2"^ zones de l'écorce comprenant toutes les parties de celle-ci dépourvues de fibres de projection, mais reliées par de nombreuses fibres d'association aux sphères sensorielles ou zones d'association.
Les centres de projection sont à la fois sensitifs et moteurs.
Leur étendue respective, leui*s limites sont déterminées par le nombre de fibres qu'ils reçoivent et qu'ils émettent proportionnellement à la surface psychique qu'ils tiennent sous leur dépendance.
Il y a trois zones d'association : i^ le grand centre d'association postérieur comprenant l'avant^coin, une pai*tie de la circonvolution linguale, la circonvolution fusiforme, les deux circonvolutions jîari étales, la temporale inférieure et la partie ant^îrieure du lobe occii>ital; 2" le centre d'association moyen, comprenant Vinsiila de Reil; 3° le centre d'association antérieur, formé par la moitié antérieure de la première circonvolution frontale et par la deuxième frontale, puis par la circonvolution droite, à la face inférieure du cerveau.
En comparant les résultats des recherches de Flechsig, on constate que les zones d'association chez l'homme coitcspondent aux deux tiers de la surface corticale et les zones de projection seulement au tiers.
Au fur et à mesure que l'on descend l'échelle animale, on voit que chez le singe la proportion est égale pour chacune des parties, puis, chez les mammifères, la zone d'association s'amoindrit de plus en plus jusqu'à ce que les zones de projection finissent par exister à peu près seules.
Le caractère essentiel des zones d'association est d'être sans lien direct avec les masses grises inférieures, d'en être indépendantes; aucune impression de la périphérie ne leur ai'rive sans l'intermédiaire des centres de projection et de même aucune incitation ne peut émaner des zones d'association sans passer par celles de projection.
Les centres d'association recueillent les impressions reçues par les sphères sensorielles, les concentrent, les comparent et forment le substratum de notre expérience, de notre science, de notre philosophie; ils tiennent les zones de projection sous leur contrôle, exerçant sur elles une action inhibitrice ou excitatrice ou modératrice au point de vue de nos actes. A eux seuls appai'tient l'action consciente et surtout méthodique.
Le grand centre d'association postérieur joue le rôle peutêtre le plus important. Très dévelopx>é chez les hommes à intelligence élevée au point d'équivaloir parfois à lui seul à la moitié de toute l'écorce, il est petit chez les arriérés, les
idiots. Il est à remarquer qu'il se trouve intercalé entre trois des plus importantes sources d'impressions : la zone tactile, la zone auditive et la zone visuelle. Au contraire, le centre moyen, insiila de ReiU est seulement entre la sphère tactile et la sphère auditive; le centre antérieur, entre la sphère tactile et Tolfactive. Les impressions les plus précises, les plus scientifiques sont donc surtout en rapport avec la première.
Ainsi, dans la constitution et dans révolution de la substance nerveuse humaine, nous avons le substratum même du développement intellectuel. Dans le prosencéphale, les fibres centripètes sensitives sont les premières à se myéliser et à fonctionner; elles apparaissent au huitième mois de la vie intra-utérine. Une fois ces fibres sensitives actives, les sensations viennent exciter les autres et alors la myéline apparaît dans les fibres de projection centrifuges, vers la fin du premier mois de la vie extra-utérine.
A ce moment, seuls les centres de projection sont myélinisés et actifs, les actes de l'enfant sont encore des réflexes corticaux, le souvenir des impressions n'est pas encore fixé dans son cerveau. Celui-ci, à ce point de vue, ressemble encore à celui des animaux privés des centres d'association; toutes les impressions sont reçues isolément, non comparées; les zones d'association sont encore des îlots séparés.
Au deuxième mois, les fibres myélinisées apparaissent et partent des sphères sensorielles pour se rendre aux zones d'association et cela d'abord par la partie voisine des zones de projection et dès lors, là va s'emmagasiner le souvenir des impressions. L'enfant commence à reconnaître ce qu'il voit, ce qu'il sent, etc. Puis les fibres d'association, pénétrant plus avant, arrivent à relier entre elles certaines diverses sphères, par exemple, la sphère auditive à la partie inférieure de la sphère tactile; l'enfant pourra répéter les mots entendus sans les comprendre. Enfin toutes les sphères d'association étant reliées entre elles, les images pourront être comparées L'enfant raisonnera, comprendra, se souviendra.
Longtemps encore le travail de myélinisation va se poursuivre, peut-être toute la vie, chez le praticien, le savant, le philosophe; les centres intellectuels se spécialiseront de
plus en plus suivant le travail, l'aptitude originelle, etc.
En sens inverse, dans la i)aralysie générale, les fibres d'association superficielles disparaissent les premières.
On voit le vaste champ ouvert par cette théorie à la psychologie et i)ar voie de consécxuence à la philosophie générale du savoir spécialement à celle des sociétés. Dans tous les cas, il semble résulter que la véritable distinction entre Tespéce humaine et les espèces inférieures réside surtout dans le développement des centres d'associations; ceux-ci deviennent ou sont devenus les marques caractéristiques de l'humanité et de la social i té consciente, méthodiquement progressive. Un jour révolution constatée sous ce rapport des animaux et de l'enfant à l'homme adulte i)ourra-t-elle s'étendre aux diverses poi)ulations et peut-on sans trop de hardiesse soulever l'hypothèse que l'ontogenèse a reproduit la phylogénèse; dans ce cas on x)ourrait procéder à une classification réellement positive des variétés de l'espèce humaine.
Ce qui précède nous montre cependant déjà que, celle-ci est à même par son organisation nerveuse et spécialement par ses centres d'associaticms de réaliser des formes d'adaptation et d'équilibration supérieures à toutes les autres formes que nous avons parcourues ; ces formes de plus en plus spéciales et complexes et en même temps de plus en plus coordonnées se rattachent cependant par leur nature organique à l'ensemble de la nature même inorganique et nous préparent ainsi à la saine compréhension des divers équilibres sociaux.
• Section VII. — Limites psychiques.
De toutes nos observations précédentes, il résulte que tous les phénomènes naturels sans exception, sont soumis à des conditions et à des lois statiques qui déterminent leurs structures. Nous avons reconnu ces limites de variation, cette équilibration, dans le système nerveux et spécialement dans son organe central supérieur, le cerveau, où s'opère l'équilibration la plus complexe de toutes, celle qui résulte de la formation des centres d'association qui servent de base à cette spécialisation la plus élevée de toutes représentée par la con-
naissance scientifique, la généralisation et rabstraction philosophiques et par conséquent aussi sociologiques.
Voyons maintenant le fonctionnement psj'^chique en luimême et recherchons si, dans cette classe de phénomènes qui se rattache le plus directement aux phénomènes sociaux, nous ne rencontrerons pas, comme il est à présumer, un des facteurs constitutifs de cette notion de limites et de frontières qui est l'expression la plus simple et la plus générale de la différenciation de tous les corps et de leur équilibre.
Il est impossible de fixer des limites au progrès de la connaissance même dans les sciences physiques; néanmoins, une limite existe en ce qu'aucune science ne peut concevoir de causes finales.
La définition dont le savoir ne peut se passer est une limitation; c'est un jugement en rapport avec le sens des mots que nous employons et qui a pour objet de fixer les limites du contenu de ces mots ; ainsi devient possible un accord social sur le classement des mêmes phénomènes uniformément délimités. Il en est de même quand, par des généralisations et des abstractions, nous c(mcevons des tyi^es sociaux, économiques ou autres et que nous en formons des séries historiques en établissant entre ces types des différences qualitatives, lesquelles ne sont au fond que des différences quantitatives extrêmes. C'est ce qui rend toutes nos classifications plus ou moins arbitraires car, en réalité, il n'y a que des différences de degrés, des limites relatives.
Tout d'abord, nos connaissances sont limitées; la mémoire déx)end du cerveau; celui-ci n'a qu'un nombre déterminé bien qu'énorme, d'éléments nerveux, cellules et fibres ; de là, la limitation constante, bien que relativement variable, de ses acquisitions. La substance grise qui recouvre les hémisphères cérébraux, forme une surface, un champ clos, d'environ 19 décimètres carrés et d'une épaisseur moyenne de deux millimètres et demi ; cette couche peut contenir environ • 1,200 millions de cellules et 4»8oo millions de fibres.
Cliaque ordre de nos connaissances et de nos facultés : mathématiques, musique, langage, etc., est nécessairement limité par la présence et la coexistence des autres ; malgré leurs liens communs, chaque localisation cérébrale est naturellement limitée par ses voisines.
Locke, le fondateur de la moderne psychologie, avait conil)ris qu'il fallait avant tout déterminer les limites de Tespèce humaine; il rechercha l'origine de nos idées et prépara ainsi l'histoire naturelle de leur développement. Il appliqua à cette science la méthode comparative, il étudia l'intelligence des enfants et des sauvages. Ces études s'étendirent à l'intelligence des animaux; la voie ouverte était la bonne; elle devait conduire finalement à l'usage de la méthode expérimentale à partir du moment où celle-ci s'empara de la physiologie et s'étendant par elle à la psychologie permit de constituer celle-ci en science exacte.
Les constatations obtenues nous permettent aujourd'hui d'affirmer avec Huxley que, quel que soit le système d'organe considéré, l'étude comparative de ses modifications dans l'ordre sériel des primates conduit à cette conclusion, que les différences anatomiques séparant l'homme du goril et du chimpanzé, sont plus faibles que les mêmes différences entre ceux-c»i et les singes inférieurs. Il convient cependant d'y apporter cette restriction vérifiée par nos observations sur l'anatomie cérébrale que les variétés humaines inférieures scmt reliées aux variétés humaines supérieures les plus haut<»s par des transitions insensibles et graduées d'autres variétés, tandis que entre les variétés humaines les moins élevées et les variétés simiennes supérieures la chute et l'écart sont énormes et brusques avec une tendance à l'accroissement de cette différenciation par la disparition continue des types humains inférieurs soit par le relèvement de ceux-ci, soit par leur extinction et par celle des variétés simiennes supérieures.
Si l'observation d'Agassiz reste en partie vraie que « l'on ne voit pas de distinction entre l'intelligence d'un enfant et celle d'un jeune chimpamzé », nous avons vu cependant que, notamment par le développement des centres d'association, leurs cerveaux sont bien distincts et se différencient surtout au sortir de la vie interne. Le chimpanzé s'arrête au premier stade, tandis que l'enfant est cérébralement organisé par sélection et hérédité à parcourir une carrière d'une étendue incomparable.
Entre les hommes cependant la capacité intellectuelle est différente; des groupes inférieurs ne peuvent compter au
delà de 2, 3 ou 5; ensuite, c'est pour eux l'infini, ou plutôt l'indéfini, l'inconnu. Pour les variétés supérieures de l'espèce humaine, les limites s'étendent; cependant la loi de limitation reste constante. Xotre psychisme potentiel et effectif est limité, tout comme notre force musculaire. Dans son Système social et des lois qui le régissent et dans son Anthropométrie, Quetelet a essayé d'étendre aux phénomènes intellectuels les procédés de calcul et de mensuration des sciences exactes; la psychologie expérimentale contemi)oraine serait injuste en ne rapi^elant pas ces tentatives malgré leur imperfection naturelle à l'époque où elles se produisirent.
La tendance à l'uniformité intellectuelle dans toute l'espèce humaine se réalise continuellement sous nos yeux et par la disparition des sociétés les moins intelligentes et, dans chaque société, par l'élimination continue des moins intelligents ou bien par le relèvement des sociétés ou des classes et des individus inférieurs; cette tendance à la réduction des écarts entre les intelligences et les civilisations prouve par ellemême que les variations de notre intellect sont limitées; des différences existent certes en rapport avec certains états anatomiques particuliers du cerveau et avec les états sociologiques corrélatifs, mais les ressemblances même entre civilisés et sauvages sont fondamentales et constituent la règle dont le progrès ne fait que restreindre les excei)tions.
Certains linguistes en sont arrivés à conclure à l'existence d'un nombre déterminé de langues irréductibles correspondant ainsi à des races primitives, isolées et indépendantes. Ces langues exigent aussi une structure particulière du gosier, des organes vocaux ; ceux-ci sont également en rapport avec le milieu physique ; ces langues exigent de même des entendements spéciaux pour les concevoir. Cependant, ces différences, tant morphologiques qu'intellectuelles, sont de simples particularités qui ne détruisent en rien la structure anatomique générale ni la structure fondamentale, commune et universelle de l'intelligence. Aussi, les lois de la formation et de l'évolution des langues apparaissent nécessairement uniformes, malgré leurs variations et leurs oscillations limitées.
C'est ainsi également, que ce qui est harmonique au point de vue de la gamme musicale pour le nerf auditif de certaines
races, ne l'est pas pour d'autres; mais, ces différences ne sont pas absolues, il y a des lois harmoniques du son, donc des limites naturelles, une statique, en un mot, de toutes les dissonnances particulières.
Ce qui est capital, c'est que le cercle de la conscience, comme dit Ribot, l'Umfang des Bewussteins, comme disent les Allemands, reste toujours un cercle limité.
La limitation est une condition constante et nécessaire, une loi de la pensée.
Considérons des grandeurs. Je pense aune mesure, un mètre ou un centimètre. Comme j'ai de l'un et de l'autre une idée assez définie, j'en ai une assez définie de leur rapport. Au contraire, notre capac»ité de penser des relations devient en pai-tie impuissante quand l'un des termes n'est pas limité. Alors la relation échappe à toute rei)résentation, car l'un des termes est indéfini. C'est le fond de la théorie de l'inconnaissable, théorie du reste fausse au sens absolu, comme je lai démontré ailleurs. En effet, même dans ce cas, la relation qui n'est plus qu'une forme quasi vide, garde encore une certaine qualité; si la mesure quantitative n'est plus possible, il reste une appréciation qualitative générale plus vague de l'étendue, de la durée, de la force. Mais du moment où même cette représentation purement qualitative de l'un des termes du rapport ne peut plus être représentée, alors il n'y a plus de rapport et, par conséquent, plus de connaissance. Nous ne pouvons en effet apprécier les phénomènes qu'en corrélation les uns des autres, pas autrement; la loi de la pensée est de ne pouvoir dépasser les frontières du relatif. « Quand nous essayons, dit H. Spkncer dans ses Essais scientifiques, p. 365, d'aller au delà des manifestations phénoménales de la réalité dernière jusqu'à cette réalité, il nous faut l'exprimer à l'aide de symboles que nous fournissent les phénomènes. » Mais dans ces conditions, l'erreur de Spencer et de tous les agnosticistes a été précisément d'essayer de fixer les limites du connu et de l'inccmnaissable en précisant absolument ce qui serait prétendument incognoscible (i).
(i) Voir À pro])os île la thùorie de V Inconnaissable les doux chapitres consacrés par M. A. Fouillée à la limite objective et à la limite subjective de la science, pp. 3 à 28 de son livre : Le mouoement idéaliste, ainsi que mon étude sur l'inconnaissable dans Problèmes de Philosophie positioe, Paris, Schleicher frères, 1900.
En définitive, toutes nos sensations dérivent des sens et par eux toutes nos idées, tous nos concepts. Il en résulte que toutes les propriétés des corps ne nous sont connues que comme nécessairement limitées, conditionnées comme elles le sont du reste réellement; il en est de même des perceptions enregistrées par des organes spéciaux, par l'intermédiaire des sens, et qui contribuent à la formation de notre conscience; les associations d'idées et de sentiments n'échai)pent pas davantage à cette même loi de limitation qui domine encore nos généralisations les plus vastes et nos abstractions les plus hautes dans nos sphères organiques d'association.
L'espace, le temps, le mouvement, la matière, en tant qu'absolus, infiniment grands ou infiniment petits, sont inaccessibles à nos intelligences; nous ne les connaissons scientifiquement que comme relatifs et ils ne sont pas autres dans la réalité; notre capacité de connaître est une capacité relative du sujet à l'objet, une capacité limitée. L'espace ne signifie que la différence de situation des corps; le temps que leur différence de succession ; la matière que leur différence de combinaison; le mouvement que les changements différents qui en résultent.
Nous ne pouvons concevoir et il n'y a pas en réalité une partie quelconque de l'espace et du temps, sans concevoir du même coup un temps et un esi)ace qui leur sont extérieurs en ce qui concerne l'espace et antérieurs ou postérieurs en ce qui concerne le temps. Le temps lui-même sert de mesure à l'espace et celui-ci au temps. Le temps et l'espace à la fois finis et infinis, sont donc des conditions nécessaires, bien que relatives, de nos observations et de toutes nos connaissances.
Les seules limites finies ou indéfinies que nous jouissions assigner au temps, à l'espace, à la matière, à la force, sont celles de notre sensibilité et de nos perceptions. L'expérience, parallèle au perfectionnement de nos organes et de notre sensibilité, nous a permis, avec le progrès de la civilisation, d'étendre le domaine de nos connaissances vers le fini et l'infini mais toujours par une équilibration limitée de l'un par l'autre. L'astnmoraie, avec ses télescopes, l'analyse chimique et spectrale, le microscope, nous dévoilent de plus en plus l'excessivement petit et l'excessivement grand, mais toujours nous nous heurtons à des limites, à la nécessité de borner nos
connaissances, nos sentiments et nos actes ainsi que nos notions abstraites du Temps, de TEspace, de la Matière et de la Force; toujours nous nous heurtons à Tindéfini mais non à rinfini.
Le vertige de l'Infini ou plutôt de l'Indéfini nous ramène ainsi constamment à la nécessité du fini ou plutôt du conditionnel, du relatif, de la mesure. Nos centres nerveux euxmêmes sont les coordinateurs, les régulateurs de ce fonctionnement, de la balance de nos mouvements musculaires et de notre activité psychique, ils leur inspirent la règle, la mesure, Tunité; le vertige est aussi une perturbation des centres nerveux en rapport avec celle des organes internes qui règlent nos rapports avec le milieu.
L'impression de la résistance est l'élément de conscience primordial, universel et toujours présent, résistance toujours manifestée par le temps, l'espace, la matière, la force. Les êtres de l'ordre le moins élevé, même le zoophyte dépourvu de nerfs, l'éprouvent, tels les madrépores, les coraux, les éi)onges, etc. C'est la première impression de l'enfant, antérieure déjà à sa naissance; tout animal la ressent par cela seul que tout animal, même dépourvu d'organes spéciaux, sent par toutes les parties du corx)s; elle est permanente et aussi durable que la vie. C'est la résistance qui, de la façon la x)lus simple et la plus générale, nous suggère la notion du rapport, c'est-à-dire d'une ressemblance ou d'une différence entre le sujet qui ressent ou observe et les objets qui nous imi)ressionnent ou que nous observons, ainsi, on a pu dire très exactement que la résistance est la trame de la pensée que nous tissons toujours.
En réalité, tout état de conscience peut donc se réduire à une action et à une réaction mécaniques. La simple sensation musculaire est aussi la sensation primordiale, la plus générale ; les sens spéciaux se développent chronologiquement après elle pour des délimitations, des adaptations et des équilibrations plus spéciales. Cette sensatitm musculaire est le premier fondement de la conscience. En effet, la sensation d'une résistance, dès qu'elle est transmise aux autres formations de la conscience, se transforme en une i)erception, c'estàrdire dans rétablissement d'un rapport de conscience entre la sensation musculaire elle-même et cet état particulier de
conscience que nous appelons volonté. Dans l'acte de la perception, ce rapport est classé avec les rapports précédemment connus; ce classement opéré, le sujet possède de mieux en mieux, au fur et à mesure de la répétition de ses expériences et de ses perceptions, la connaissance spéciale de combinaisons musculaires, des ajustements et du degré de force à déployer dans chaque circonstance où sa volonté est mise en mouvement en vue de la réalisation d'un certain équilibre, d'une adaptation.
Ainsi le psychisme, en général, se ramène aux lois primordiales du mouvement qui régissent la matière et la force dans le temps et dans l'espace; la philosophie générale re^'oit une interprétation monistique qui s'étend, comme nous le verrons, aux phénomènes sociaux.
Section VIII. — Rapports et limites de la psychophysiologie et de la psychologie collective,
La vie collective des sociétés est soumise à des lois, non pas absolument identiques à celles de l'animal, mais en partie analogues. La première conscience de leur individualité collective a pour fondement l'impression des résistances extérieures que d'autres sociétés ou même simplement des obstacles physiques imposent à leur activité, à leurs mouvements ; l'expérience réitérée de ces résistances élève insensiblement les sociétés à la conscience que leur structure et leur activité sont une structure et une activité limitées: elle leur enseigne qu'elles ont à ajuster leurs institutions et leurs actes à des conditions à la fois internes et externes, c'est-àdire à équilibrer leurs formes et leurs mouvements suivant des rapports les plus exacts possibles. Là est une des origines psychiques primordiales de la théorie des frontières : la conscience collective plus ou moins nette que les actions volontaires de toute collectivité sont limitées aux fcn^ces du sujet en rapport avec la résultante des forces physiques et sociales ambiantes.
De là la conscience d'efforts communs d'une coopération collective. Ainsi, la conscience de quelque chose qui résiste
est, aussi bien au point de vue social qu'au point de vue individuel, le point de départ de la conscience d'une existence soit individuelle, soit sociale, distincte, mais dépendante, précisément parce que distincte. Chez les individus, cette conscience naît, des la vie intra-utérine, de la tension musculaire et, postérieurement, de la pression exercée dans la partie du cori)S ou dans le cori)s entier qui résiste; dans les sociétés, elle naît des expériences extensives du groupe, des pressions exercées i)ar suite et inévitablement sur d'autres sociétés extérieures qui résistent ou des pressions subies par le groupe, donc des expériences extensives ou restrictives et des équilibrations successives et transitoires.
En rapport avec cette conscience primordiale d'une résistance, il faut mettre deux fonctions générales au plus haut degré, la conservation et le développement de l'individu et ceux de l'espèce ; toutes les autres fonctions particulières leur sont subordonnées ; chacune «le ces deux fonctions capitales détermine pour sa part si les habitudes des individus seront solitaires ou sociales, ou en partie solitaires, en partie sociales. Il en est ainsi chez tous les animaux.
La socialité ne pourra ainsi commencer à s'affirmer que lorsque j)récisément, i)ar une première variation favorable produite dans la structure et l'activité collectives, rudimentaires et homogènes, j)ar l'impression et la perception d'une résistance physique ou sociale externe, il se sera produit chez les individus une tendance moindre à se disj)erser; cette tendance s'accroîtra naturellement par la survivance des mieux doués, c'est-à-dire des êtres et des grouj)es sociaux, d(mt les actes seront l(»s mieux en (»orr(*spondance avec les nécessités de la conservation de l'espèce: dès lors, les sociétés les plus fortes, les plus durables, s(u-ont celles qui, dans ces conditions, sauront le mieux ajuster leurs efforts à leurs forces et, d'un autre côté, é(iuilibrer leurs forces avec celles de l'extérieur; ces limites réciiu'oques sont les facteurs psychiques originaires de la théorie des fnmtières politiques.
Ainsi, des lois psychiques, individuelles et collectives limitent, en les é(iuilibrant, les mouvements et la structure des hommes et d<\s sociétés vis-à-vis dc»s résistances, des pressions du dehors ; entre la pression et l'effort s'établit une balance, une limite.
Au dedans même des sociétés, un phénomène analogue s'accomplit : la présence seule d'autres individus semblables dans le groupe, produit des états mentaux de socialité par le fait même de la résistance, c'est-à-dire des limites que l'individualité des uns oppose à celle des autres.
Les individus sociaux sont dès lors naturellement amenés à ajuster leurs mouvements, leurs efforts les uns vis-àrvis des autres; c'est ainsi que, dans une grande foule, on est forcé de se serrer les coudes, de régler sa marche, et on est entraîné par le courant ou maintenu en place; de cette vie nécessairement commune, naissent des actions et une conscience communes, une structure commune ; leur origine est indubitablement la sensation et la j)erception d'une résistance et d'un effort proportionné. Aux confins des groupes, cette perception correspond à la fixation d'une frontière, à l'intérieur, au contraire, principalement à un effort commun, à une coopération, à des mouvements concordants, non prémédités d'abord, mais cependant simultanés et semblables, qu'il ne faut pas confondre avec l'imitation, bien que celle-ci en dérive en partie mais elle en est l'effet et non la cause. Telle est la première explication sociologique, au point de vue psychique, bien que par cela même également biologique et physique, de phénomènes que la psychologie proprement dite avait déjà notés sous la désignation de : craintes sympathiques, paniques; imitation des actions ; faits, gestes, habitudes, plaisirs et douleurs en commun, mais qu'elle n'avait pas ramenés au con(*ept plus général de la force et du mouvement. Nous savons aussi que tous ces facteurs de socialité , ont été rendus plus efficaces par le développement des émotions esthétiques et surtout des sentiments affectifs qui découlent naturellement des relations des sexes et de la parenté surtout paternelle et maternelle. Quant à l'imitation, elle s'explique elle-même par la sélection naturelle des individus et des groupes qui avaient acquis des caractères avantageux à leur conservation et à leur développement et que d'autres individus et groupes ont revêtu ne fût-ce même qu'en apparence comme l'ont noté Ch. Darwin et A. Wallace.
En outre, l'imitation surtout volontaire, cas très spécial, est dominée par la loi plus générale que, comme nous l'avons démontré par tout ce qui précède, tous les facteurs consti-
tiitifs du phénomène social étant limités dans leurs structure et variations, les ressemblances entre les sociétés humaines sont fondamentales et originaires et s'expliquent par les conditions similaires de leur formation et de leur évolution, comme le prouve la similarité de structure et d'évolution même des sociétés sans contact entre elles.
Dans tous les cas, la conscience d'une résistance vis-îirvis du milieu soit interne, soit externe, constitue le point de départ de la conscience individuelle et de celle de la collectivité. Cette conscience, obscure ou nette, d'une résistance et d'un effort, donne aux premiers groupements Immains celle de leur existence collective et concourt avec les facteurs sociaux x)lus spéciaux et plus complexes dont nous traiterons plus loin, à l'explication de la philosophie des frontières.
Si donc, des frontières quelconques, étroites ou bien égales à celles même de notre planète, scmt une condition nécessaire et constante de toute structure sociale, nous pouvons aussi dès maintenant affirmer qu'en dehors des forces mathématiques, physiques, chimiques et biologiques qui toutes sont, comme nous l'avons vu, limitées, les frontières ont des facteurs psychiques, à la fois individuels et collectifs, également limités.
Par l'intermédiaire des facteurs psy(»li()-collectifs, qui déjà sont des phénomènes sociaux, les groupes, en percevant les limites de leurs forces et de leur structure, arrivent à la conscience sociale ou de groupe, c'est-à-dire qu'ils ont une structure et une activité communes. La statique physique s'élève à sa perct^ption cons(»ientc dans l'individu et dans le groupe social; elle* se complique de mouvements raisonnes et méthodiques en vue du meilleur ajustement possible de Tètre individuo-social et du groupe vis-àrvis des autres forces internes et externes. Ainsi, la statique sociale est un cas spécial plus complexe de la staticiue universelle ; celle-ci est donc l'explication philosophique et première de celle-là.
Nous sommes maintenant en possession de tous les éléments constitutifs du problème des limites des variations sociales, éléments englobés par nous sous la désignation de territoire et population.
Il nous reste cependant à examiner comment les agrégats de ces mêmes éléments, considérés jusciu'ici in abstracto eu
tant qu'agrégats, se distribuent et se limitent dans la réalité. Il m'a paru intéressant cependant, avant d'aborder ce nouvel aspect de la question des frontières, de compléter l'étude des limites des variations psychiques normales par certaines considérations sur les limites de quelques variations anormales et, en ce sens, pathologiques de l'esprit, pour faire ressortir d'une façon plus frappante encore que, même dans les faits psychiques les plus désordonnés et les plus extrêmes, il y a un ordre et des limites par lesquels les aberrations les plus graves sont soumises à la loi la plus générale de toute fonction et de toute structure : la loi de limitation.
Section IX. — Démonstration des limites psychiques individuo-collectives par la pathologie de V esprit.
A. — La folie,
La pathologie de l'esprit nous fournit des indications intéressantes à l'appui de la loi de limitation constante et nécessaire des phénomènes intellectuels (»omme condition la plus générale de leur équilibre.
Les maladies de l'esprit sont toutes des variétés de déséquilibration ; toutes sont des oscillations excessives en plus ou en moins de l'ac^tivité psychophysiologique et le retour à un équilibre inférieur définitif ou constamment régressif en cas de non rétablissement de la santé.
Th. Ribot, le D*" Dallemagne, le D^ SoUier, parmi beaucoup d'autres, nous ont initié aux maladies de la Mémoire, de la Volonté, de la Personnalité. Toutes sont caractérisées soit par un excès ou un recul des limites normales et une concentration ou une décentralisation anormales de la structure et de l'activité nerveuses.
L'aliénation mentale est une rupture d'équilibre entre le système nerveux et le milieu interne et externe, une rétrogradation dans l'ajustement des actes aux imi)ressions. Seulement, le cerveau n'a pas seulement des rapi^orts avec l'individu au service duquel il fonctionne, il a aussi des rapports avec tout le milieu social; celui-ci est même l'excitant le plus
vif de son activité, le générateur principal des oscillations excessives qu*an fonctionnement irrégnlier peut produire.
Plus un organe fonctionne, plus il est susceptible de maladie; ainsi, le rhumatisme aigu atteint de préférence soit les articulations des jambes, soit celles des bras chez les travailleurs manuels et les enveloppes du cerveau chez les travailleurs de la pensée.
Les travaux de thermométrie cérébrale de Broca, poursuivis depuis, ont permis de constater que la température des régions frontales est supérieure à celle des régions occipitales. Le travail cérébral augmente l'irrigation des vaisseaux sanguins et x)ar suite les chances d'altération.
Rare est Taliénation chez les animaux et dans les civilisations primitives dont l'activité est surtout musculaire et consacrée à la vie nutritive. Il en est de même dans les sociétés où il existe de fortes démarcations entre les classes de la population. Ainsi, en 1862, aux Etats-Unis, il y avait par 10,000 habitants des fous dans la proportion suivante :
Chez les blancs 0.76 x)ar mille.
» nègres affranchis . 0.71 »
» esclaves . . . . o.io »
En France, les fous se comptaient comme suit :
Professions libérales. . . 3. 10 par mille.
Officiers i.o5 »
Sous-officiers 0.72 »
Commerçants et négociants 0.42 »
Soldats 0.33 »
Et par i,ïJOO habitants en France :
iS83 1.33
En Italie, sur j ,000 habitants, d'après Verga, Ccnsemento dei pazzu 18H2 :
Italie du Xord 0.89
» Centre 0.81
Midi 0.14
Sicile 0.23
Sardaignc 0.14
A Paris, il y avait i aliéné sur 3o2 habitants; dans les campagnes environnantes, seulement i sur i,474-
A Nancy, i aliéné sur 5oo habitants ; dans le reste du déparment, seulement i sur i,438.
En général, le chiffre des aliénés croît plus rapidement en France et en Belgique que celui de la population, de même aux Etats-Unis.
La proportion des aliénés en France par 1,000 habitants était en :
En Angleterre, de 1846 à 1879, la population augmente de 45 p. c; le nombre des aliénés de 25o p. c, soit 5 1/2 fois plus vite.
En Irlande, l'aliénation mentale se chiffrait, en 1861, à raison de 0.76 par 1,000 habitants; dix ans plus tard, en 1871, par 1.35 p. m. Il faut tenir compte qu'en vingt ans 2 millions d'individus, formant la partie la plus énergique du peuple et la plus saine, ont quitté ce malheureux pays.
Dans le Royaume-Uni, d'après un rapport officiel, on comptait :
En 1862 . 55,525 fous pour 29,197,737 habitants. En 1872 . 77,oi3 w 3i,842,522 w En 1882 . 98,871 » 34,788,814 »
En 1892 . 120,004 » 37,732,922 »
soit en 1862 i. 81 x)ar mille.
D après une statistique officielle de 1902, en Angleterre et
Galles, il y avait en 1809 seulement i aliéné sur 536 habitants, soit 1.86 par mille; en i885, 2.89 par mille; en 1898, 2.90 par raille; en 1902, i sur 298.
En 1902, 110,713 aliénés y étaient placés dans des asiles. Le Bine Boek calcule que les facteurs de la folie interviennent dans cet effrayant développement dans la proportion suivante :
ÏjC surmenage et le souci des affaires. 28 p. c.
L'alcoolisme 19.8 w
L'hérédité 18.9 »
Ce sont les causes les plus générales. Le sexe, Tâge, la profession exercée, les liassions génésiques sont d'autres facteurs, les uns biologiques, les autres psychiques et en partie sociaux.
Chagrins d'amour. Femmes . . .* 1.9 par 10,000 femmes,
» Hommes . . . 0.6 » 10,000 hommes.
Il résulte de la même statistique que, sur 10,000 ouvriers
dans les villes, les femmes présentent la plus forte proportion
d'aliénés :
Femmes ouvrières. . . .
3ur 10,000
Hommes ouvriers ....
Domestiques dans les hôtels
)) dans les mai-
sons particulières . . .
Clergymen anglicans. . .
» catholiques et
dissidents
Fermiers et travailleurs
agricoles
Quetelet, dans sa Physique sociale, commençait par distinguer la folie de l'idiotie; dans la première, le cerveau surexcité dépasse sa puissance physiologique; dans la seconde, l'aiTct de développement de l'organe a entraîné celui de Tintelligcnce. Pour Quetelet, comme i)Our Esquirol, « les progrès de la civilisation multiplient les fous ». Cette thèse n'est que relativement exacte; le progrès implique, outre un dévelop-
pement social, une plus grande différenciation, mais aussi une coordination, un équilibre supérieur subséquents. En réalité, le développement de la folie caractérise une crise de développement et de différenciation destinée à s'atténuer de plus en plus à mesure que l'équilibre nouveau tend à se constituer et à limiter le phénomène pathologique dans des limites plus étroites. A ce point de vue, par exemple, il est certain que les crises économiques exercent une influence considérable sur la production de la folie et, malheureusement, dans nos sociétés les plus avancées, les crises sont devenues la règle; de là, le développement continu de Taliénation mentale, surtout dans les pays de haute civilisation, mais de civilisation non encore cohérente. Cependant les crises, bien qu'indiquant généralement une tendance au progrès, pourraient, dans certains cas, correspondre à une rétrogradation sociale. Le développement de l'aliénation mentale n'est donc pas nécessairement en rapport avec le progrès de la civilisation, mais avec un état possible soit de dissolution, soit d'intégration supérieure. La crise n'est pas, en somme, un élément essentiel et caractéristique du progrès; dès lors, non plus l'aliénation mentale. Ce n'est donc pas le progrès qui multiplie les fous, mais la crise qui précède soit le progrès, soit le regrès.
C'est le cas pour la Belgique dont le développement économique, espérons-le, aboutira à une coordination sociale supérieure où les perturbations aussi bien économiques que mentales, morales et politiques seront nécessairement réduites.
Tableau des aliénés placés en Belgique dans des établissements, non compris par conséquent les aliénés vivant dans leur famille :
Années. Hommes.
'emmes.
Total.
5,io5
^o,-:tj
i2,3ou
Dans les classes riches et aisées, la mortalité par aliénation mentale et maladies nerveuses est plus considérable que dans la classe pauvre.
Ainsi, d'après Conrad, j)our l'Allemagne :
Riches o. 25 par mille.
Pauvres o.iS 1/2 w
A Budapest, d'après Xeufoille :
Riches o.i5 par mille.
Pauvres o. 9 à 10
« Proportion des fous admis dans les asiles en Italie par lOyOoo habitants (A, Niceforo) :
Proportion des fous admis dans les asiles en France^ d'après Bodio :
i883 i3.li
— lA
Proportion des fous admis dans les asiles en Angleterre f Lombroso I :
Ainsi, taudis que daus la première période, sous le régime de la i)etite industrie encore suffisamment équilibrée, de i835 à i858, Taliénation mentale est plus ou moins fixée et resserrée dans des limites étroites d'oscillation, dans la période postérieure de i883 à 1900 l'amplitude des oscillations devient de plus en plus grande avec* le nouveau régime non encore organisé de la grande industrie et de l'économie mondiale.
De la comparaison de différents pays et de diverses régions dans chaque pays, Quetelet avait tiré les conclusions staticjues suivantes :
En général, daus les montagnes, il y a plus d'idiots cjue dans les plaines, et clans les piaines agricoles plus cpie dans les villes;
Le sexe exerce peu d'influence* ; les saisons bc^aucoup ; les mois d'été produisent le plus d'aliénés. L'âge influe ; c'est entre 3o et 5o ans cpie la folie atteint son nuiximum en France. Cette période la jjlus favorable à l'aliénaticm mentale y coïncidait d'après lui avec celle de» la création des cîliefs-d'cxnivre dramaticpies.
Nous avons cc^pendant vu, par l'exemple d'Angleterre et de ({ailes, que le sexe combiné avec la profession est, dans de mauvaises (conditions, plus influent sur l'aliénation féminine; le sexe féminin offre donc une moindre résistance. Parmi les facteurs sociaux de la folie, le facteur économique et le facteur génésic[ue apparaissent comme les plus influents. Pour le surplus, les rapports staticpies indicpiés i)ar (Quetelet conservent toute leur valeur.
Dans tous les cas les variations les plus importantes dans la production de la folie résultent aussi naturellement des facteurs les plus variables, c'est-à-dire des facteurs sociaux, dont les éléments inorganiques et biologiques scmt au contraire les plus constants et les plus stables.
La proportion des aliénés x>ar mille habitants permet de
classer certains pays dans Tordre suivant d'après les derniers renseignements (pie j'ai i*ecueillis :
Brésil 1.125 p. m.
Belgique (i858) 1.40 » »
Id. (1899) 2.20 » »
Prusse 2.21 » »
France . . 2.87 » »
Angleterre et Cialles (1859). . . . 1.90 » »
Chinois immigrés en Aniéri(pie . . 7 i5 » »
Italie 7.10 » »
Dans ce dernier pays, la pellagre à l'état permanent accentue riné(piilibre mental déterminé par la misère générale qui se manifeste régulièrement par les plus lamentables convulsions sociales.
Kn Italie, les aliénés dans les asiles étaient au nombre de :
Hommes.
Femmes
Au 3i décembre 1880
l^ar 10,000 habitants, la proportion des aliénés hospitalisés était en i883 de 6.40, en 1884 de 6.68, en i885 de 6.62.
En France, pendant les mêmes années, elle était de i3.ii; i3.38; i3.66.
Dans l'Empire germanique de 8.27 ; 8.42; 8.85. Dans l'Autriche cisleithane de 2.89; 3. 06; 3. 20. Mais il faut tenir compte que l'institut i(m des asiles n'est j)as également répandue ; en i885, tandis qu'en Autriche il n'y en avait que 26 et en Italie 97, en France il y en avait io3 et dans l'Empire allemand 244*
Les statistiques officielles françaises renseignaient, par mille habitants :
Crétins et idiots. Aliénés.
En i85i 1.23
» 1861 i.ii 1.14
M. Levasseur pcnso que e(»s cliiffres sont au-dessous de la réalité. 11 constate que le eliiffre des aliénés le plus élevé existe dans les départements de forte proportion urbaine et riehes; le moins élevé dans les déi)artements a^çricoles. Bien qu'au point de vue de l'extension de la folie on ne puisse pas se baser uniquement sur le eliiffre des indivi<lus internés, le ncunbre des asiles privés et publies ayant augmenté, la progression peut cependant être considérée comme ccmstante et M. Levasseur pense « que les cas de folie sont devenus plus fréquents dans une société plus agitée aujourd'hui (pi 'autrefois i)ar la passion de la politicpH» et par les fluctuations de la richesse ».
Voici la moyenne quinquennale des fous hos])italisés en France par 10,000 habitants :
lo.G
iHf>;)-(>o . . . 7.2 1880-S4 . . . 12.9
Les sexes s(mt frappés à peu prés également. Ce sont les c<mditions sociales et spécialement professionnelles qui exercent la i)lus grande influence. Une statistique résultant de 19,817 cas observés en i8)3 dans les asiles établit que sur 1,000 individus le ncmibre des aliénés était suivant les professions dans la proportion suivante :
Ouvriers agricoles 02
(^ommer^'ants oCi
Hentiers et i)ro])riétaires . . . . 1.0
Ouvriers industriels i.i
Fonctionnaires et employés de l'Etat . 1.4
I>omesti(pies et journaliers . . . . i.5
Militaires et marins 2.0
Professeurs et hommes de lettres 3.5
Médecins et pharmaciens 3.8
Ecclésiastiques 4-1
Hommes de loi 8.5
Artistes : 9. G
M. E. Levasseur en conclut ({ue : « Le développement et Texcrcice des facultés intellectuelles est une des causes qui prédisposent à la folie, que le bien-être exempt de soucis et le calme de la vie agricole sont, au c(mtraire, des causes d'immunités. »
Le census de i85o aux Etats-Unis semble confirmer ce rapport, mais indique aussi que le bien-être, dont parle M. Levasseur, est un état relatif de stabilité et de vie assurée. C'est en effet le cas des esclaves dont la su])ériorité, sous ce rapport, serait sinon inexplicable :
Population blanche 7.6 aliénés i)ar 10,000 h.
Population de couleur libre . .7.1 » »
» » esclave .1.0 >» »
La pathologie de Tesprit, mieux encore ou d'une iai^on plus frapi)ante, nous conduit donc à la considération j)ositive du milieu social statique et dynamique à rétu<le du(iucl la psychologie en général est la préparation naturelle, par cela même que le système nerveux central est Torganc par excellence de la vie de relation ou sociale.
En laissant de côté l'idiotisme et 1 epilepsie, dont les causes sont principalement héréditaires bien que sociales dans leurs origines plus ou moins profondes, nous pouvons reconnaître (pic les causes principales de Taliénation mentale sont à des degrés divers : la misère, l'alcoolisme, les chagrins, les superstitions principalement religieuses, certaines maladies provenant de misère et de débauche, les crises économiques et politiciues dont la répercussion agit avec une incroyable intensité sur la stati(pie mentale et morale. Si Taliénaticm mentale semble proportionnelle à Tintensité du fonctionnement psychique et à Tin ten site de la civilisation, ces tristes écarts de la structure et de la vie normales n'apparaissent pas heureusement comme une fatalité, que la civilisation ellemême, i)ar son organisation progressive, ne soit pas capable de ramener à des perturbations moins excessives et à un équilibre supérieur et plus stable.
Dans un état social insuffisamment équilibré l'aliénation nuMitale apparaît ainsi comme une véritable institution sociale, le poteau indicateur de l'intensité des troubles
soiMiinx. Il en est de mùine de cette autre manifestation de rinéquilibre individuo-eolleetif qui se manifeste par le suicide et rinfantieidc et que nous étudierons plus tard. Cependant il résulte de tout ce qui précède que la folie est contenue dans des limites déterminées par la condition de ré([uilibre social et que ce serait une erreur de s'imaginer, en se basant sur sa progression plus rapide que celle de la population, qu'elle tendra nécessairement à se généraliser de plus en plus. La preuve en est dans sa stabilité et même sa décroissance pendant la période de i835 à i858.
Cet inéquilibre, résultat du développement social, se détruirait de lui-même par le fait de la non-adaptation à ces accpiisitions nouvelles cpii dés lors se perdraient et nous raménc»raient à un état inférieur d'équilibre social.
H. — Ia* suicide.
Suicides pnr 10,000 hnbitnnts (période de iHH'j-iHiyi)
Es])agnc . .
Bavière . . .
Russie . . .
Autriche . . .
. . i.Gi
Italie . . .
.hqxm . . . .
Xorwcge . .
Prusse . .
Angleterre et
(îalles . .
Allemagne . .
Etats-Unis .
Franche . . .
Hongrie . .
Danemark . .
Suéde .
Sax(» . . . .
Belgique . .
Déjà le D*' Casper,dans/^e/7/7i^»'c zur inedicinischenstHtistik (Berlin i825), avait montré que le nombre des suicides est plus grand dans l(»s villes que* dans les campagnes et de même en 1827, Balbi, dans son Dictionnaire de géographie, avait observé que l'Empire russe n'avait (|ue i suicide par 199,182 habitants, soit dans une proportion 2 1/2 fois moindre qu'en France.
La conclusion à (Ml tirer est que le suicide est un phénomène sociologique dont les facteurs par eonsécjuent sont éga-
leiîieiit psyclii(iues, biologiques et physiques. L'apparition du suicide est toujours en rapport avec un déséquilibre de (luelques-uns ou de tous ces facteurs, déséquilibre qui se répercute dans le système nerveux de Tindiviclu et Tincite irrésistiblement à chercher la fin de sa misère dans l'équilibre plus simple mais inférieur que lui promet la mort.
Remarquons Tétrange contradiction où est tombé Quetelet en disant, après Lucrèce et Caton et nous pouvons ajouter avec* le catholicisme et surtout avec la doctrine des Jésuites, que « le crime n'est pas dans Taction, mais bien dans Tintention de celui qui le commet ». Cette distinction est parfaitement oiseuse pour le suicide, qui n'est ni bien ni mal, mais la fin de tout bien et de t(nit mal. Et comment la société p<mrrait-elle considère)' comme criminel un acte qui tout en étant sa négation est son œuvre, puisque l'individu en se condamnant lui-même ne fait qu'être rinteii)rète, le traducteur de la sentence d'excommunication proncmcée contre lui par l'arrêt du destin, par cet inéquilibre social dont les oscillations violentes à un certain degré rejettent l'individu, au delà des limites normales de la société, dans remi)ire de la mort?
Ce (pii frappa surtout les iiremiers observateurs, tels que (Quetelet, c'est la fréquence suj)érieure du suicide dans les civilisaticms les plus avancées et dans un même pays dans les centres urbains. L'explication, cimime pour la folie, ne fut que la constatation d'un, fait mais mal analysé : le prétendu parallélisme du progrès et du sui(»ide ainsi que de la folie.
En France le nombre des suicides a progressé plus rai)idement que le chiffre de hi i)opulation.
Tableau des suicides en France: l'rogression.
i827-'i() 1 suicide par i8,2(>S habitants loo (bases)
ii.:>ç)S
i84(;-.îo
lo:'>i-:>'î
1871-73 I suicide pur 6,716 habitants 206 (bases)
Le développement du suieide a été eontinu; plus rapide que celui de la population, il a donc été déterminé par des causes ccmstantes. Tl manifeste un état ])ath()logique devenu normal et coïncidant avec l'inéquilibre social de la France ; cet inéquilibre se manifeste avet» la plus grande intensité dans les centres. Ainsi dés 1817 à 1825 le total des suicides était pour le département de la Seine de 3,o25, soit une moyenne annuelle de 356 et de 1 j)ar 2,400 habitants, tandis que pour la France entière, pendant la même période, la proportion n'était (pie de i par 18,000 habitants. De 1827 à i83i, le total des suicides dans le même département avait été de 9,040, soit une moyenne annuelle de 1,818.
L'accrois8ement> du suicide a suivi une progression beaucoup j)lus rapide (pie celui de la populati(m.
En Belgique lums assistons à un développement analogue, bien i\\w depuis les dernières années une amélioration sensible s^était effectuée dans le sens d'un resserrement des perturbations de la vie sociale en rapport avec la diminuti<m des suicides.
De 187 1 à 1880 I suicide par 12,146 habitants. » 1881 à 1890 I )) » 8,917 »
» 1891 à 1900 I » » 8,oc)8 »
Le progrès ])ostérieur aux troubles so(îiaux de 1886 et à la h'^gislation sociale encore bien insuffisante (pii a suivi, corresjxïud du reste aussi à la cessation d(» la dé])rcssion cconomi(pie ; il i)araît c(»pendant devoir surtout étn* attaché à Tamélioration de la législation sociale i)uis(pie, en France, où la môme crise économique a sévi et a été suivie d'un n»lèvement éc(momique à peu près synchroni(pie, la tendance au suicide n'a pas été enrayée, au contraire. La situati(Hi en B(dgi(iue comme en France est du resti? très pr('*cairc.
Le sexe exerce aussi certainement une influence dans la jn-oduction du suicide, bien (pie, à la différence de la folie cjui
est surtout passive, la primauté <*()ntiiiue à y ai)i)artiMiir à riionime. 11 faut eepeiulant observer, que dans les nouvelles conditions sociales faites à la femme et surtout depuis que la vie familiale a été déformée \rciv le régime non encore organisé delà grande industrie, la situation de la femme, au point de vue du suicide, n'a cessé de se rapprocher de celle de riiomme.
Moyenne périodique des suicides d'ajn'és les sexes :
Accrois-
Ac?croii>-
AciTï»is-
sem<^iit
8«nient
84Mnent
Années
Homtiios
FeiniUfs
Total
geiK^ral dp? iVmines
lies homnif»
iK:i(>-:i9
100 (bnse)