‹ SocrateChapitre 146 sur 201 · ARisT., Eth. Mag., À · texte numérisé non relu

ARisT., Eth. Mag., À

d’arrangement intérieur !. Or ce travail s’est fait et se fait encore chaque jour avec un bonheur persévérant. « La langue nous donne la sensation de ce qui est doux, de ce qui est amer et de toutes les autres saveurs. » Nous avons des narines qui sont de nature à percevoir les parfums. Nous jouissons, par les yeux, de la magie des couleurs ?; et « nos oreilles reçoivent les sons, sans se remplir jamais » ÿ. C'est dans la vue surtout que l’ordre se manifeste avec éclat; il semble mème qu’elle soit faite avec unè sorte de coquetterie savante. « Organe de nature délicate, elle est munie de paupières qui s'ouvrent au besoin et se ferment la nuit comme des voiles. Elle a, pour se protéger contre les vents, un tamis de cils; et les sourcils lui font une petite toiture, afin que la sueur qui découle de la tête ne puisse l’atteindreé. » En outre, chacun de nos sens occupe la place qui présente le plus d'avantages et le moins d’inconvénients. Les yeux et les oreilles sont fixés autour de la tête, comme des sentinelles aux aguets sur le sommet d’une citadelle. «Chez tous les animaux, les dents de devant sont propres à couper, et les molaires à broyer les aliments qu’elles en recoivent. La bouche par où les animaux introduisent la nourriture est placée près des yeux et des narines; au contraire, les déjections, qui nous répugnent, ont leurs canaux éloignés et détournés le plus possible de nos sens. »

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