‹ SocrateChapitre 145 sur 201 · Xenopn., Mem.,l · texte numérisé non relu

Xenopn., Mem.,l

croyaient lire les volontés des dieux !. Et tous ces faits, il semble bien les regarder comme autant d'indices d’où l'on peut inférer l’existence d'êtres immortels et supérieurs à nous. Mais ce sont là des arguments d’ordre vulgaire, que Socrate, suivant son habitude, prend pour points de départ afin d'en chercher le fondement rationnel. Or, à ses yeux, ce fondement est unique : c’est l’ordre qui se manifeste dans l’univers.

« Rien de vain »°. Tout est nombre et harmonie, en nous et autour de nous : le monde entier est un vaste système de moyens et de fins. Chacun de nos sens est approprié à sa fonction; ces fonctions elles-mêmes forment un admirable ensemble qui assure la conservation de l'individu; et l'individu, à son tour, est pourvu des organes et de l'instinct voulus pour la propagation de l'espèce. La vie s'accorde donc avec elle-même; et de plus elle s'accorde avec son milieu : le ciel et la terre sont disposés de manière à ce qu’elle y puisse éclore et se développer.

Il est incalculable le nombre des éléments qui peuplent l'espace infini. Et, par conséquent, chacun de nos organes suppose un travail prodigieux de sélection et

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