XeNopu., IV
ce qui sent et tout ce qui vit participe de quelque manière à l’âme du monde. Et cette pensée du « sage de Clazomène », Platon devait la reprendre un peu plus tard et la développer. D'après la doctrine du Philèbe, le corps humain contient quatre éléments : le feu, l'eau, l'air et la terre; et chacun de ces éléments est une portion infime d'un principe éternel qui se trouve dans l'univers à un degré supérieur d'énergie et de beauté : Par exemple, il y a dans l'univers un feu inextinguible et d'une pureté parfaite, dont celui qui circule à travers notre organisme n'est qu'une étincelle à demi éteinte. Or l'origine de nos âmes offre un caractère analogue : elles sont aussi comme autant de fragments amortis d’une âme à la fois plus puissante et plus sage, partout répandue et partout agissante dans l’immense nature. « Ne dirons-nous pas que notre corps a une âme? — Assurément, nous le dirons. — D'où l’aurait-il prise, mon cher Protarque, si le corps de l'univers n'est pas lui-même animé, s'il n’a pas les mêmes choses que celui-ci, et de plus belles encore? — Ilest clair, Socrate, qu’il ne l’a point prise d’ailleurs. — Il y a donc, Ô Protarque, ces quatre genres : le fini, l'infini, le composé de l’un et de l'autre, et la cause, qui se trouve en toutes choses comme quatrième principe. Or, celui-ci, en tant qu'il nous donne une âme, et une force vitale à la fois conservatrice et réparatrice de la santé, qui fait en mille autres choses d’autres arrangements’ et d’autres répara-