Pcar., Phædo, I, xxvit, 109-110; xxix
émises. Ce que l’on est fondé à dire, c’est que Socrate a essayé de donner de la vie future trois preuves principales, dont la première se fonde sur l’activité vivificatrice de l’âme, la seconde sur l’hégémonie du vouloir, la troisième sur la disposition du vis à penser avec d'autant plus de vigueur qu’il a moins de rapport avec la matière. On pourrait ajouter que Socrate a fait appel à la croyance générale des hommes en une autre vie. Mais, à ses yeux, cette donnée traditionnelle était plutôt un point de départ qu'une raison : il ne s’en est servi que pour la justifier.
Que vaut cette ébauche d’eschatologie? Évidemment, elle n’est pas assez forte pour emporter la conviction. Et Socrate lui-même l’a senti: « Si j'osais, dit-il d’après Platon, me regarder comme plus sage qu’un autre en quelque chose, c’est en ce que, ne sachant pas bien ce qui touche aux enfers, je ne crois pas non plus le savoir. Mais que l'injustice, que la désobéissance à ce qui est meilleur, dieu ou homme, soit contraire au devoir et à l'honneur : voilà ce que je sais bien?. » Toutefois, « l’immortalité de l'âme est chose à laquelle il me parait convenable de croire. Il est bien de s’y hasarder : c’est un beau risque à courir, c'est une espérance dont 1l faut comme s’enchanter soi-même »5. Et l’on retrouve les mêmes formes dubitatives dans la Cyropédie. « Je ne m'imagine pas que vous teniez pour certain que je
1. XENopu., Cyrop.. VIII, 7, 18; — Prat., Phædo, I, xxx, 113. 2. PLAT., 4pol., I, XVII, 40.