I, xxvVIHI-XxIX
Mémorables, à l’état d'ébauche. Socrate y dit à diverses reprises que l'âme est maitresse du corps qu'elle anime (xvs!:)1, qu'elle le gouverne à son gré, et que cette autorité toute royale 5 fait de l’homme comme un « dieu » parmi les autres animaux. Ici encore, la ressemblance est indéniable : le disciple a repris à sa manière l'argument de son maître.
En outre, Cyrus, d’après Xénophon, continue ainsi son discours : « Que l’âme aussi cesse de penser, au moment où elle se sépare du corps qui ne pense pas, je n'ai jamais réussi à me le persuader : au contraire, c’est lorsque l'intelligence s’est dégagée de tout mélange et a conquis sa pureté, qu'elle a le plus de sagesse. Quand le corps se dissout, il est clair que chaque élément retourne aux éléments de même nature : seule, l'âme, présente ou absente, demeure invisible. Vous savez que rien ne ressemble plus à la mort que le sommeïl de l'homme. Et pourtant, c'est alors que son âme paraît le plus divine, c’est alors qu’elle prévoit l’avenir, sans doute parce qu'alors elle est plus complètement libre‘. » Cette doctrine est aussi celle de Platon qui la développe longuement. « Ne disions-nous pas tout à l'heure que, lorsque l'âme se sert du corps pour considérer quelque objet, soit par la vue, soit par l’ouïe, ou par quelque autre sens, — car considérer un objet . 14,9.
- 1, 4, 17: 6 o0: voûs évov Tù oùv oüua ônw:; Boÿhetar petayerniretar. . IV,3, 14 : Baoreder ëv Autv.
. 1, 4, 14 : oTneo Ocoi.
XEnoru., Cyrop., VII, 7, 20-21.
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ESCHATOLOGIE. 233
par les sens, c’est le considérer par le corps, — alors elle se trouble, elle a des vertiges comme si elle était ivre, pour s'être mise en rapport avec des choses qui ont cette disposition? — Oui. — Au contraire, lorsqu'elle examine les objets par elle-même, elle se porte à ce qui est pur, éternel, immortel, immuable; elle y reste attachée, comme étant de même nature, aussi longtemps qu'elle se recueille et s’appartient. Alors cessent ses égarements; en relation avec des choses qui sont toujours les mêmes, elle s'y fixe et participe en quelque sorte de leur nature. » Le tout est donc de se délivrer peu à peu, le tout « est de s'exercer à mourir aisément ». Car l’âme, ainsi préparée, « se rend vers ce qui est semblable à elle, immatériel, divin, immortel. Et là elle est heureuse, délivrée de l’erreur, de la folie, des craintes, des amours désordonnés et de tous les autres maux des humains; et, comme on le dit des initiés, elle passe l'éternité avec les dieux » !. II y a donc ici une pensée dont l’origine remonte au delà de Xénophon et de Platon, qu'il faut attribuer, au moins en substance, à leur maître commun.
Peut-être Socrate a-t-il fourni d’autres arguments à l’appui de sa thèse spiritualiste; peut-être le Phédon, par exemple, contient-il d’autres considérations qui lui reviennent. Mais, supposé qu’il en contienne de telles, on n a nul moyen d'en faire le triage ; et, par conséquent l'on est obligé de s'en tenir aux idées précédemment