‹ SocrateChapitre 186 sur 201 · XENoPH., Mem., IV · texte numérisé non relu

XENoPH., Mem., IV

prit avec douceur, sans aucune émotion, sans changer de couleur ni de visage ; mais regardant cet homme d'un œil ferme, comme à l'ordinaire : « Dis-moi, est-il permis « de répandre un peu de ce breuvage, pour en faire une « libation? — Socrate, nous n’en broyons que ce qu'il « est nécessaire d'en boire. — J'entends; mais au moins « il est permis et 1l est Juste de prier les dieux, afin que « notre voyage d'ici là-bas soit heureux. C'est ce que je « leur demande. Puissent-ils exaucer mes vœux! » Après avoir dit ces paroles, 1l porta la coupe à ses lèvres et la but avec assurance et tranquillité!. » Ce fut alors une explosion de larmes et de sanglots à fendre le cœur. Socrate, seul, toujours calme : « Que faites-vous, mes amis, dit-il, n'est-ce pas pour cela que j’ai renvoyé les femmes? n'est-ce pas pour éviter des scènes aussi peu convenables? Car j'ai oui dire qu'il faut mourir avec eurythmie. Tenez-vous donc en repos et montrez plus de fermeté?. » Ses dernières paroles furent celles-ci : « Criton, nous devons un coq à Esculape; n'oublie pas d’acquitter cette dette. » Un peu de temps après, il fit un mouvement convulsif; alors l’homme le découvrit tout à fait : ses regards étaient fixes à.

Aïnsi mourut « le plus sage et le plus juste de tous les hommes » #. 11 périt dans la lutte qu'il avait entreprise contre le passé en faveur de l'avenir : il fut la

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