CHAPITRE VII
sur sa perte en lui disant à l'oreille des choses fort tendres, mais que déjà Dubourg n'écoute plus.
« J'espère vous voir sou veut , M. de » Poioski... — Oui , Madame.... Dix » louis de plus cette fois...
» Je suis beau joueur , dit le comte » je tiens tout ce que l'on veut. — Oui » certes, dit la marquise, M. le comte » vous donnera votre revanche, si vous » perdez ce soir....
» Si je perds !... murmure Dubourg, » je le crois bien ! près de deux mille » francs.... Quel accroc à ma caisse.... » — Vous viendrez à ma maison de » campagne sur les bords du Rhône , n mon cher PotoskL... Je veux que » vous y veniez... — Oui , madame la » marquise... oui, sans doute... Tou- » jours le roi de l'autre côlé , c'est une » chose surprenante ! ... — Noos nous «promènerons dans mon parc... — » — Encore perdu':,.. — Nous respi- 1. 19
2lS SOEUR ANNE.
» rtTOns le soir le zéphyr et la fraî- » cheur !... — On étouffe ici !... — Pre- » nez donc quelque chose... — Je vou- » drais reprendre seulement ce que j'ai » perdu !... — Restez-vous long-temps » à Lyon?-— Le diable m'emporte si » j'en sais rien !... »
Et Dubourg , qui ped mille écus et s'ennuie de sentir sur sou pied celui de madame la marquise , se lève brusquement et fait quelques tours dans le salon.
Madame de Grandcourt est étendue dans un coin sur une chaise longue. Un petit monsieur à moustaches et à favoris , est assis presque à ses pieds sur un tabouret ; il a passé une de ses mains derrière la taille de sa belle , et l'autre parait égarée dan» les plis d'une robe de satin fanée.
Un peu plus loin la vieille baronne et la jeune vicomtesse jouent au creps avec le chevalier. Les dames ont la figure très-animée : la baronne a tou-