‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 107 sur 246 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

jours un verre de punch devant elle , et elle roule des yeux effarés sur les dés , se disputant et criant pour une pièce de dix sous qu'elle ne veut pas avoir perdue. La vicomtesse a retrouvé la parole en mangeant des brioches ; et elle fait , par-ci par-là , des pataquès qui devraient ouvrir les yeux à Dubourg, s'il avait encore la tête à lui, mais il n'y est plus : la perte qu'il a faite a trouble sa raison déjà échauffée par le punch et les liqueurs. 11 se promène à grands pas dans le salon, regardant sans voir , écoulant sans les entendre les politesses de la marquise, se passant la main sur le front, comme pour calmer ses idées, voulant s'éloigner.... mais revenant toujours vers la tablé de jeu en se disant : « Il faut absolument que » je rattrape mes mille écus. »

I! va s'asseoir devant la table de creps , et appelle le comte, qui cause dans un coin avec l'homme en habit

rapt:, qui pariait toujours des rouleaux de louis qu'on ne voyait pas.

b Monsieur, dit Dubourg en élevant » la voix , j'espère que vous ne refu- » serez pas de me donner ma revanche » à ce jeu, où je serai peut-être moins » malheureux. — Avec grand plaisir,»

répond le comte à manchettes.

II court sur-le-champ vers la table de creps , que la vieille et la vicomtesse quittent aussitôt; bientôt même elles disparaissent de l'appartement ainsi que madame de Grandcourt ; mais Dubourg est trop occupé de son jeu pour faire attention à la disparition de ces dames.

Tous les hommes sont venus faire cercle autour de la partie de creps. On laisse à Dubourg le choix d'être ponte ou banquier. Il préfère ce dernier avantage , et madame la marquise, pbicée contre sa chaise , a toujours soin de lui présenter le cornet et de ramasser les dés pour lui. Dubourg perd : il ne sait

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