‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 117 sur 246 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

lant retenir Dubourg qui prend son claque pour sortir. « Laisse - moi. .. . » laisse-moi... Je veux retrouver nies » fripons, et peut-être... attends-moi » ici. .. »

Dubourg ouvre la porte, au moment où Ménard revient avec un garçon apothicaire, qui tient dans chaque main des potions calmantes. Dubourg pousse brusquement Ménard, qui veut l'arrêter, et descend l'escalier quatre à quatre, tandis que le précepteur tombe sur l'apothicaire qui tombe avec ses potions.

« Il faut faire courir après lui, » dit Ménard, qui croit que Dubourg a une lièvre chaude. Ce n'est pas sans peine que Frédéric parvient à lui faire renvoyer l'apothicaire, en lui assurant que le baron va beaucoup mieux.

Dubourg se rend à la demeure de sa fausse marquise , dont il a conservé l'adresse. Il faut aller à pied maintenant , et Ton ne se donne plus des airs

de seigneur. Le lorgnon irail très- mal avec le vieux claque qui n'entre pas à moitié sur la tête de Dubourg. Mais dans ce moment il ne s'occupe pas de sa tournure , il ne songe qu'à son argent. Arrivé devant la maison où il est allé la veille, et qu'il reconnaît facilement, l'ayant dans la nuit considérée assez longt-temps , il entre dans l'allée dont la porte est ouverte. Il monte l'escalier, écoute, regarde autour de lui et n'entend rien. Il sonne à la porte de l'appartement duquel on l'a renvoyé si brusquement; on ne lui ouvre point.

Il sonne plusieurs fois avec plus de force , enfin le cordon de la sonnette lui reste dans la main , mais la porte ue s'est pas ouverte.

«Ouvrez, drôles, fripons!... ou je » vais chercher un commissaire , » crie Dubourg en se collant contre la serrure. Une vieille femme parait sur le palier de l'étage supérieur et demande

pourquoi l'on fait ce tapage. « — Je » veux parler aux personnes qui de- » meurent au premier , dit Dubourg.

» — Il n'y demeure plus personne , » Monsieur , c'était loué en garni à » une femme qui Ta quitté avant le » jour. »

Dubourg est pétrifié. 11 voit qu'il n'y n plus d'espoir de ravoir son argent. Il s'en retourne lentement et tristement à l'hôtel , et abortïè Frédéric et Mcnard d'un air consterné.

« Eh bien , les voleurs ? dit Frédéric, » — Ah! mon ami!... ils out pris la » clef des champs !... — J'en étais sur. » — Du moins , M. le baron , avez-vous » porté plainte chez le commissaire?

» — M. Mcnard, j'ai fait tout ce qu'il » fallait faire... mais je crois que nous r> pouvons dire adieu à notre argent.

„ — Et comment donc allons- nous » faire ?... — C'est à quoi il faut son- » ger. Combien possédez-vous d'argent,

» M. Ménard?... — Deux louis ; pas » davantage, M. ie baron. — Et toi, Fré- » déric? — J'en ai dix environ !.... — » Ce n'est pas seulement de quoi payer » notre hôte auquel nous devons à coup » sûr plus de cent écus ! — Quoi ! il » n'est pas payé... — Est-ce qu'on fait » payer d'avance des gens comme » nous ! — Et avoir fait une telle dé- » pense!... — Il fallait bien vivre :

» qu'importe, puisque nous ne pouvons » pas payer , que nous devions cent » francs ou cent écus !.... — Cependant » nous ne quitterons pas cet hôtel sans » solder notre compte , et nous ne » continuerons pas nos voyages sans » argent. — Cela me semble en effet » difficile , dit Ménard. — Pour on » avoir je ne vois qu'un moyen , dit » Dubourg , c'est d'en demander à » M. le comte de Montreville ', certai- » nement il ne laissera pas son fils dans « l'embarras...

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