CHAPITRE VIII. 24l
» Demander de l'argent à monsieur » le comte... et il n'y a pas encore *> trois semaines que nous avons quitté » Paris... Que va-t-il penser ! ...» murmure Ménard , en soupirant. « Si M. le » baron écrivait plutôt à son intendant » de Rava ou de Krapach ?... — Ah!...
» j'écrirais bien volontiers... mais il y a a si loin!... il faut au moins deux » mois avant de recevoir une réponse, » parce que dans ce moment-ci les » avalanches gênent beaucoup les cour- » riers... — Comment, M. le baron, en » été? — C'est justement en été que la » neige fond. Pardieu! si nous étions » en hiver! on ferait la moitié du che- » min en patinant. Nous ne pouvons » pas attendre tout ce temps dans celte » auberge 5 il nous faut de l'argent tout » de suite... — Mon cher Ménard, dit » Frédéric , il faut absolument en de- » mander à mon père. — Je vais donc » lui écrire le malheur arrivé à M. le 1. 21
» baron... — Non pas, non pas !
>• c'est à vous qu'il avait confié les » fonds, c'est vous qui avez été vole'. Il » est très-inutile de lui parler de moi... » Figurez-vous que c'est vous que l'on » a volé celte nuit... — Allons, mon » cher Me'nard , écrivez à mon père
» une lettre bien pathétique —
» Diable!... c'est fort difficile... — Je » vais vous la dicter, si vous voulez. •— » Yous me ferez plaisir, M. le baron.» Ménard prend la plume-et Dubourg lui dicte la lettre suivante : « Monsieur » le comte, j'ai l'honneur de vous ap- » prendre notre heureuse arrivée à » Lyon , où je viens d'être attaqué en » rentrant le soir à notre hôtel et volé » de tout ce que nous possédions, ce » qui nous met dans un grand embar- « ras , dont nous vous prions de vouloir » bien nous tirer le plus tôt possible. » Du reste, monsieur votre fils se porte 5> comme Esculapc , les voyages pa-