CHAPITRE VIII
»Ménard? — Monsieur le baron, je ne » puis pas répondre ad rem. »
On arrive à Grenoble où l'on renvoie Je conducteur j là ce n'est plus comme à Lyon. Mais quoique l'auberge soit moins fastueuse on y est bien nourri \ la volaille est abondante et le vin fort bon ; M. Me'nard et Dubourg prennent assez bien leur parti.
Le lendemain de leur arrivée, Frédéric et ses deux compagnons se sont mis en route pour aller voir la Chartreuse. Dubourg, ne faisant plus le seigneur, aime autant accompagner son ami que de rester avec M. Ménard, et ce dernier se décide aussi a les suivre , quoiqu'il soit mauvais marcheur et que Frédéric , pour mieux admirer le paysage , veuille faire la route à pied.
La Chartreuse , où l'on arrive après un chemin de près d'une demi-journée ,
2$2 SCEUR ANNE.
se présente à vous environnée de montagnes couvertes de sapins , de valiées fertiles, de prairies et de gras pâturages. En y arrivant par Fourvoyerie on suit un chemin taillé dans le roc, en côtoyant sur la gauche un torrent , taudis qu'à droite s'élève un rocher de soixante pieds de haut. On éprouve un sentiment nouveau , un mélange d'admiration et d'effroi, à l'aspect de ce site sauvage ; on s'arrête pour contempler le rocher de l'Aiguille qui est près de la porte de clôture de la grande Chartreuse.
Frédéric admire, Dubourg regarde et Ménard soupire ; mais l'accueil hospitalier , que les voyageurs reçoivent à la Chartreuse, ranime les esprits du pauvre précepteur, qui , tout en convenant que ce pays offre des points de vue admirables , sent qu'il préfère son petit appartement au quatrième dans la TueBélhisy, à la cellule la plus pitlo-