‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 125 sur 246 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

lainboufiii forment iout l'orcheslre , mais c'est bien assez pour les faire sauter. La joie brille sur tous les visages , les jeunes filles ont leurs beaux atours, et le costume piquant des villageoises de ce pays les rend en général assez attrayantes. Les gens âgés sont assis un peu plus loin, et causent en buvant, pendant que leurs enfans dansent devant eux.

Ménard s'asseoit devant une table et demande à se rafraîchir; Dubourg rode autour de la danse , en disant des douceurs aux plus jolies paysannes; et Frédéric, après avoir quelque temps regardé ce tableau, s'éloigne de la danse et suit les bords d'un ruisseau qui serpente dans une allée de saules, à l'entrée d'un bois épais.

Déjà le son de la musette ne retentit plus que faiblement à son oreille ; il va retourner vers ses compagnons, lorsqu'en détournant la tète il aperçoit à

quelques pas de lui une jeune fille assise sur les bords du ruisseau , les regards tournés vers la vallée avec une expression de douceur enchanteresse, cl souriant à la danse qu'elle aperçoit de loin, mais laissant percer dans ce sourire une expression de iristesse qui lui semble habituelle.

Cette jeune fdle paraît avoir à peine seize ans. Ses vélemens annoncent la pauvreté, mais sa grâce en efface la misère. De superbes cheveux blonds voltigent en boucles sur son front plein de candeur; ses traits sont fins et délicats , sa bouche aimable et gracieuse , et ses yeux, d'un bleu tendre , ont une expression touchante de douceur cl de mélancolie , qui s'accorde avec la pâleur de son teint.

Frédéric s'est arrêté : il contemple la jeune fille... Il ne peut se lasser de la regarder. Pourquoi est-elle seule sur les bords de ce ruisseau, tandis que ses

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