‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 135 sur 246 · CHAPITRE II. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. l

guer rendit long-temps Clotilde incapable de rien faire, et, pendant ce temps, la petite Anne donnait tous ses soins à son jeune frère, qu'elle aimait de toute son âme; sa mère lui répétait souvent : « Veille bien sur ton frère — » hélas! peut-être bientôt n'aura-t-il n que toi pour appui! »

Une année s'écoula. Le mari de (Clotilde lui écrivait d'abord fréquemment ; mais tout d'un coup les lettres

cessèrent, et l'on s'était battu

car, dans ce temps -là, on se battait souvent!

Le mari de la pauvre Clotilde avait été tué. On en reçut la nouvelle dans le pays, mais personne n'eut le courage de la lui annoncer, et Clotilde attendait encore des nouvelles de son • poux, lorsque depuis long- temps iï avait cessé d'exister!

La pauvre femme se rendait chaque jour sur le haut d'une montagne d'où 11. 2

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l'on découvrait bien loin la route de la ville ; c'était par-là qu'elle espérait voir revenir son mari. Souvent elle passait des journées entières assise au pied d'un arbre, les yeux tournés vers ce chemin sur lequel elle avait aperçu son bien-aimé pour la dernière fois.

Quand on voyait Clotilde là, on essayait de la consoler : on lui parlait de ses enfans, mais elle répondait tristement : « Anne est auprès de son frère, elle ne le quitte pas, elle sera pour lui une seconde mère. »

En effet , la jeune tille qui n'avait encore que sept ans , étonnait déjà tout le village par son intelligence et sa tendresse pour son frère. Le pauvre petit ne voyait qu'elle une grande partie de la journée, mais il ne manquait de rien. Sa sœur Anne \o soignait , le berçait, le caressait, s'étudiait à prévenir sçs moindres désirs j aussi, le nom de sœur Anne fut le premier que l'enfant

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