CHAPITRE II
balbutia; et ce nom , tout le monde le lui donnait alors dans le village, en la citant comme un modèle de tendresse fraternelle : il lui est resté depuis.
Un jour , Clotilde était , suivant sa coutume , sortie pour se rendre à sa place habituelle, et sœur Anne était seule avec son frère dans sa chaumière. A l'heure où leur mère revenait ordinairement, les eufans ne la revirent pas. Le petit garçon continuait de jouer auprès de sa sœur , mais déjà celle ci regardait avec inquiétude dans la campagne et répétait à chaque instant i « Ma- » mari ne revient pas ! »
La nuit parut, et Clotilde n'était pas de retour. Si Anne avait été seule, elle aurait couru dans le village , dans les environs s'informer de sa mère; mais (juitter son frère!... cela lui était impossible , c'était un trésor qu'on lui avait confié , elle ne concevait pas la pensée de si1 en. séparer un ni Niant.
La pauvre enfant se décide à coucher son frère qui, âgé alors de trois ans , avait besoin de repos , et à veiller à côté de son lit en attendant le retour de leur mère. Le temps s'écoulait ; chaque minute redoublait la peine de la jeune fille ; sa poitrine se gonflait ; de grosses larmes tombaient de ses yeux , et elle, répétait encore : « Maman ne revient » pas... ô mon Dieu ! nous aurait-elle » abandonnés ! »
Pour redoubler sa souffrance , un orage affreux éclate sur le village. Le tonnerre gronde avec fracas; sœur Anne en avait très-peur, elle se fourrait la tête sur le berceau de son petit frère et appelait sa mère à son secours.
Tout -à-coup la foudre tombe avec un bruit terrible qui retentit dans tout le village. Sœur Anne étourdie par la violence du coup , reste quelque temps sans oser rouvrir les yeux. Mais lorsqu'elle regarde de nouveau autour