CHAPITRE II
liant douce, bonne, sensible comme autrefois. Elle sourit même quelquefois , mais ce sourire est toujours mêlé de tristesse !... A la vue d'un petit garçon de l'âge que son frère avait , Anne s'émeut , se trouble , et des pleurs coulent de ses yeux. Si vous l'avez vue , Monsieur, ah ! vous savez comme elle est jolie !.... elle a seize ans , maintenant; si elle ne parle pas, elle sait bien se faire comprendre ; ses gestes ont tant d'expression ! et ses yeux parlent si bien !.. Oh ! nous la comprenons tous très -facilement ! Malgré cela c'est bien dommage qu'elle ne puisse pas parler, car les femmes du village disent que cela lui ferait beaucoup de bien !...
« Pauvre petite!., dit Frédéric; oh!
»oui, c'est bien dommage!... Que sa » voix devait être douce... que j'aurais
» aimé l'entendre Mais je sens que
» son malheur la rend encore plus in- 11. 3
2i> SOEDR ANNE.
» téressante à mes yeux : et tu dis que » sa demeure est dans le bois ?
» Oui, Monsieur, oh ! c'est ben fa- » cile à trouver , la cabane de la vieille «Marguerite!... en suivant le sentier » qui donne dans l'allée de saules.., à » gauche vous trouverez une clairière , » vous descendrez une petite colline, » puis la cabane est devant vous.
» Bien, mon ami , je te remercie,..
» — Mais tenez , Monsieur , vous voilà »à Grenoble... vous n'avez plus be- » soin de moi ? — Non, mon ami, tiens... » prends encore ceci pour ta peine.. .
» — Grand merci, Monsieur; quand » vous aurez besoin de quelqu'un au a village , je me nomme Julien , je me » recommande à vous. — Il suffit , je » m'en souviendrai. »
Les deux cavaliers descendent de cheval. Le jeune guide prend leur place, il salue les voyageurs et s'éloigne au petit pas. Frédéric , songeant à tout ce