‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 142 sur 246 · CHAPITRE III. 3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 3l

Mais Frédéric est déjà arrivé dans la vallée où l'on dansait la veille, et qui est maintenant paisible comme tous les environs. Quelques laboureurs la traversent pour se rendre à leurs travaux; quelques villageoises sont de loin à loin occupées dans des pièces de terre. Ici, le plaisir de la veille ne nuit point au travail du lendemain; les bonnes gens se délassent en parlant des amusemens de la fête, qui ne doit revenir que dans un an; mais ce temps passera vile pour eux : iJs savent si bien l'employer.

Frédéric se dirige vers la petite allée de saules, il descend de cheval, l'attache à un arbre, et s'enfonce sous le feuillage. Il cherche la jeune fille sur les bords du ruisseau ; mais elle n'est pas à cette place où il l'a vue la veille. Il pénètre alors dans l'épaisseur du bois, il se rappelle ce que lui a dit son guide, et prend à gauche. Tout est calme,

tranquille, le sombre feuillage des sapins laisse à peine pénétrer quelques rayons de jour. Enfin Frédéric se trouve dans une clairière, il monte une colline, et une chétive cabane s'offre à sa vue.

Le bois avec lequel on a élevé cette misérable habitation, est en plusieurs endroits à demi - pourri 3 le toit de chaume menace ruine. Quelques palissades entourent un petit jardin, que l'on voit sur la droite de la chaumière; mais cette clôture est en partie tombée. Frédéric sent son cœur se serrer à la vue de cette demeure qni annonce la pauvreté, et la privation des premiers besoins de la vie.

« C'est là qu'elle demeure , » se dit-il, « c'est là... que depuis l'âge de sept ans » elle a vécu dans la misère et la soli-

» tude! pauvre petite! quand

» ton dévouement sublime, quand le » malheur qui en fut la suite, t'au-

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