‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 150 sur 246 · CHAPITRE III. 4y · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 4y

encore. Un léger bruit se fait entendre,... il tourne la tête,... sœur Anne est derrière lui , et regarde avec curiosité ce qu'il fait. Elle rougit en se voyaul surprise , mais Frédéric la rassure ; et, la faisant asseoir à ses côtés , lui lit ce qu'il vient de composer.

Sœur Anne ne savait pas ce que c'était que des vers ; mais dans ce que Fr<> deric lui lut , elle comprit ce qu'il voulait dire. Le cœur est la clef de l'esprit chez les femmes de la nature ; c'est le contraire chez les femmes policées.

La jeune fdle est déjà moins timide, moins embarrassée auprès de Frédéric; à seize ans on fait bien vite connaissance, et plus vite encore lorsqu'ou ne connaît ni les usages du monde ni les lois qu'il impose. Frédéric paraît si doux , si bon , si sensible ! Tl la plaint, il s'occupe d'elle, et la pauvre orpheline est toute étonnée qu'il y ait au monde une autre personne que Marguerite qui

s'intéresse à son sort. Les habitans du village lui témoignent de la compassion , de la pitié !.... mais ce sentiment a quelque chose de pénible pour celui qui en est l'objet. Ah ! ce n'est pas cela qu'elle lit dans les yeux de Frédéric... Il lui parle avec intérêt, la regarde avec tendresse, elle ne se trouve déjà plus aussi malheureuse.

Mais la nuit vient : ils sont encore assis près du ruisseau. 11 y a deux heures qu'ils sont là , ils ne s'en doutaient pas. Anne se lève , et montre du doigt à Frédéric son coursier qui l'attend ; puis ses yeux inquiets se dirigent vers le village, vers le bois, vers les montagnes qui conduisent à la ville , et elle les reporle ensuite sur Frédéric. « Je vais à Gre- » noble, lui dit-il, c'esl là que je de- » meure maintenant avec deux amis, » qui, peut-cire, sont inquiets de ma » longue absence.... Mais je reviendrai «demain, je reviendrai tous les

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