CHAPITRE IV. 5l
» monde.... — Oui, des marquises de » Versac , n'est-ce pas? — Mais ici !... » nous connaissons déjà la ville par » cœur. Encore si l'on pouvait faire » quelques connaissances., s'introduire » dans quelques sociétés... mais quand » on n'a pas d'argent on n'ose se pré- » senter nulle part ; cela vous donne » un air gauche qui vous trahit tout de » suite. S'il faut , dans chaque ville où d nous nous arrêterons , que tu con- » naisses à fond tous leo arbres , tous » les bosquets, tous les points de vue , » tous les rochers ; enfin qu'il n'y ait » pas un petit ruisseau devant lequel » tu ne te sois arrêté , nous n'arrive- » rons pas de dix ans en Italie!... et ta » vie ne suffirait pas pour connaître la » moitié de l'Europe !
» Il est certain, dit M. Ménard, que » la réflexion de M. le baron me pa- » raît assez judicieuse. Nous n'avan- » çons guère plus vile que des tortues.
52 SOEim ANNE.
» si parva lïcet comportera magnis.— t> Je te pardonnerais de visiter Naples, » Florence!., ilestdesraonumens qu'on » ne peut trop contempler. Admire » le Colysée de Rome ou la Basilique » de Saint-Pierre; va te promener sur le » mont Pausilippe ou sur le Vésuve , je » ne m'en e'tonnerai pas; mais dans ce » pays que vois-tu d'extraordinaire? il «est pittoresque, romantique, c'est » fort bien , mais nous trouverons sur b notre route des sites l>ien plus re- » marquables. Attends pour l'extasier » que tu sois sur les glaciers du Mont- » Blanc, ou sur un rocher des Apen- » nins ; mais ne reste pas toute une » journée en admiration devant un •» vieux mûrier qui ombrage un petit » ruisseau ; car il y a partout des nr- » bres, des bosquets, des gazons et des » fontaines... excepté dans les déserts » de l'Afrique , mais nous n'irons pas » jusque-là.