CHAPITRE IV
leurs, la jeune muette est si jolie- Dans les premiers transports de l'amour, une cabane, des bois, un désert et ce qu'on aime, voilà ce que désirent tous les amans ; mais cette ivresse est de courte durée; Frédéric sera- t-il plus constant ?
C'est dans le sentier où ils vont s'asseoir souvent , c'est sur les bords du ruisseau, que Frédéric attend dans l'ombre que Marguerite sommeille.
Alors sœur Anne doit sortir doucement de la cabane et venir chercher son amant.
Frédéric attache son cheval contre une vieille masure ruinée qui servait autrefois de demeure à un bûcheron , et qui lui tiendra lieu d'écurie.
La lune , qui brille de tout son éclat, reflète dans l'eau pure du ruisseau , et éclaire de loin à loin quelques clairières du bois. Frédéric écoute attentivement.. . Il guette les pas de son ii. 6
amante... Le temps lui semble long...
Chaque minute qui s'écoule coûte un soupir à l'amour. Ses yeux cherchent à percer sous les noirs sapins... à découvrir jusques à la chaumière. Enfin, un léger bruit se fait entendre... C'est elle!.. Il ne la voit pas encore, mais son cœur lui annonce déjà sa présence. Légère comme la biche, prompte comme le trait du chasseur, belle comme le bonheur, la jeune muette descend vivement les sentiers de ce bois , dont elle connaît tous les détours. Eu un instant elle est près de son ami, qui dépose un baiser sur son front, et ne peut s'empêcher de la contempler quelques mornens :
Frédéric est fier de son bonheur. Le moment, le lieu, le plaisir qui anime ses traits, le mystère qui les environne; tout semble rendre encore sœur Anne plus jolie. Ses cheveux noués négligemment et dont une partie flotte sur son cou , ses formes charmantes, qu'un lé-