CHAPITRE Y
Dubourg refait le seigneur. — Nouvelle»
connaissances.
Le jour qui a suivi la première absence de Frédéric , M. Méuard s'étant levé de bonne heure , se rend dans la chambre de Dubourg qui vient de s'éveiller, en s 'écriant d'un air triomphant : a Je l'ai trouvé , M. le baron , » je suis certain que je l'ai trouvé. — » Quoi donc?... votre recelte pourgar- » der les œufs à la coque ?... — Non pas, » mais ce qui a tant séduit hier M. le » comte; cette merveille où il a pa^sv
CHAPIIRE V. 6t}
» sa journée — Bah!..... vous sa-
» vez ce que c'est ? — Oh î je le pa-
» rierais.— Dites- le moi donc, alors?— » C'est le château de Bayard , qui doit » être dans les environs de cette ville , » dans la vallée de Grésivaudan. — Le » château de Bayard ?.... ma foi, c'est » possible : au reste nous allons le lui » demander en déjeunant. »
Mais on sert le déjeuner, et Frédéric ne paraît poini. Dubonrg appelle un des garçons de Fauberge : « Est - ce » que notre compagnon est déjà sorti ? » — Oui , Monsieur , dès le point du » jour ; il a pris le premier cheval prêt , » et est parti au grand galop. — Encore » parti î... encore nous laisser là, toute » une journée , peut-être. — Je suis a certain que c'est le château de Bayard
» qui lui tourne la tête.... — Hem !
» j'ai bien peur , moi , que ce ne soit » quelque merveille plus moderue. Au » reste , puisque nous n'avons rien de
» mieux à Caire, allons voir les ruines de » ce château , nous y chercherons Fré- » déric ; qu'en pensez-vous , monsieur » Mënard ? — Monsieur le baron , je » Suis entièrement de votre avis ; mais » peut-être ne ferons-nous pas mal » d'emporter un pâté ou une volaille , » car il est présumable que nous ne » trouverons pas à dîner au château.— » Vous parlez comme la syntaxe , mon- » sieur Ménard ; munissons-nous donc » de vivres ; ce n'est peut-être pas uès- » chevaleresque , mais c'est fort pru- » dent. D'ailleurs , nous ne voyageons » qu'en troubadours amateurs , et tel » beau que soit un si'e, telle impo- » saule que soit une ruine, nous somme» » de ces petits esprits auxquels il faut » toujours à dîner. Ah ! monsieur Mé- » nard , nous ne sommes pas roman-
» tiques ! C'est bien heureux pour
» nous que nous ne soyons pas nés du » temps d'Amadis et des quatre fils