‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 210 sur 246 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

tinguer la voix d'un de ses jockeys. Il se lève, passe le vêlement nécessaire , el ouvre la fenêtre qui donne sur la cour» Il aperçoit alors plusieurs domestiques rassemblés , et le vieux Luuel , se disputant une volailie avec un de ses pelits Polonais , tandis que l'autre crie el pleure dans un coin de la cour. Les deux marmitons , fidèles à la consigne que leur avait donnée Dubourg , n'avaient répondu que par signes aux autres domestiques ; mais Lunel , qui était à la fois l'intendant , le valet de chambre et le jockey de .M. Chamberlin , était fort mal disposé pour les deux domestiques du baron, ainsi que pour leur inailre , qu'il avait reconduit jusqu'à Grenoble, sans avoir d'autre pour boire qu'un petit soufflet sur la joue. Les deux pelits garçons s'étaient ccorchés les fesses eu sautant Lors du char-àbanc , voilà pourquoi , eu faisant des signes pour se faire compreudrc, ils re-

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mettaient fréquemment leur main sur la partie blessée , et cela avait paru fort injurieux à M. Lunel , qui se persuadait que les petits Polonais avaient l'intention de se moquer de lui.

Pour se venger, Lunel les avait fait monter, sans souper, dans une petite chambre des mansardes , et les avait laissés là , en leur souhaitant une bonne nuit.

Les deux petits | marmitons ne s'étaient point couchés , croyant toujours qu'on leur apporterait à manger , ou qu'on viendrait les chercher pour souper. Las, enfiu , d'attendre , ils étaient descendus de leur chambre. Tout le inonde était retiré, mais Lunel veillait, parce que le vieux jockey se doutait que les «lomestiques du baron ne resteraient pas tranquilles.

Les petits gaillards , excités par la faim l avaient senti l'odeur du garde manger, placé dans la cuisine, dont la

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croisse était entr'auvierte; ils étaient eiitrés-facilement , et, crevant' la.porte de l'armoire de toile, l'un avait saisi une volaille à laquelle ou n'avait pas touché , l'autre un restant de lièvre dont on pouvait encore tirer parti. Chacun allait se sauver avec son plat..... niais Luucl les a vus ; il crie au voleur , en leur âLongëant un coup de fouet, dont il s'est muni. Les deux marmitons regagnent la croisée : en sautant , l'un tombe et s'écrase le nez. sur son lièvre ; l'autre plus adroit, va se sauver avec sa volaille , mais Lunel l'atteint et veut la lui arracher. Alors une lutte s'engage ; le petit 1 bonhomme crie : « Tu d ne l'auras pas !.... » .Et Lunel répond:

« Ah.! petit drôle ! tu parles donc

». français, à présent... je t'apprendrai » à me montrer ton derrière par si- » gnesjf* » Et le petit qui est tombé ; crie en pleurant.... «Je me. .suis cassé » le nez... c'est la faute de ce vieux

» sournois , qui ne nous donne pas à » souper... »

C'est dans ce moment que Dubourg paraît à sa fenêtre : tous les domestiques de la maison étaient descendus dans la cour , et M. Chambertin se montre aussi en robe de chambre sur son balcon.

«Que signifie ce bruit, » dit M. Chambertin ? — « Ce sont mes petitsPolouais,» dit Dubourg. — «Oui, vos Polonais , » qui parlent français, à présent , » répond Lunel , « et que j'ai surpris volant

» dans le garde-manger — On ne

» nous a pas donné à souper, » disent lés deux m fans , « et il nous attendait » dans un coin avec son fouet!... i

» O miracle ! » s'écrie Dubourg ,

« ils ont parJécj.... ils ont compris !..... » Voilà un fouet qui apprend encore » plus vite que l'enseignement mu- » tuel !..... Venez, mes petits amis , » moulez , que je voUB » en tende par-

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