CHAPITRE VIII. 25l
se relèye, tortille son manteau autour de son corps , et court à travers les champs , comme si toute la ville était sur ses pas.
Le comte et Ménard arrivent en peu de temps à Grenoble, et descendent à .l'auberge où les trois voyageurs avaient habité, et que le comte s'est fait indiquer par le précepteur; car, pendant la route, M. de Montreville ayant encore questionné Ménard au sujet de son fils, les réponses qu'il en obtient lui font aisément comprendre que c'est une amourette qui relient Frédéric dans les environs , et le comte est un peu plus tranquille , ne doutant pas que sa présence ne suffise pour ramener son fds à la raison.
En arrivant dans l'auberge , Ménard a une scène avec le maîire de la maison pour le char- à- banc que celui-ci a prêté. Cet homme parle aussi de Dubourg, en disant qu'un créancier du
prétendu baron Potoski est venu le chercher à Grenoble , et court après lui pour le faire arrêter.
Le pauvre Ménard ne répond rien :
il est confondu en apprenant que celui qu'il a cru un seigneur polonais n'a fait que se moquer de lui depuis qu'ils voyagent ensemble. Le comte de Montreville met fin aux propos de l'aubergiste en lui payant ce qu'il demande.
Les 'voyageurs couchent à Grenoble , et l'intention du comte est de se rendre Je ^lendemain avec Ménard à l'endroit où celui-ci dit avoir laissé Frédéric.
Mais le lendemain matin , à l'instant où le comte se disposait à partir , Ménard fait un cri de joie en disant : « Le » voilà, monsieur le comte.... la bre- » bis retourne au bercail , l'enfant re- » vie»t près de son père... Tuons le » veau gras, voici votre fils! »
C'était en effet Frédéric qui entrait à l'auberge , mais qui était bien loin