‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 242 sur 246 · CHAPITRE VIII. 24y · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. 24y

*par parenthèse il a renversé noire «voiture, et j'ai roulé dans un fossé.

» Mais monsieur votre fils a retrouvé «dans le baron Potoski un de ses in- » times amis; nous sommes montés "dans la berline du roi Stanislas, où » j'occupais la place de la princesse de «Hongrie, et depuis ce temps nous » avons toujours voyagé avec le bais ron. »

Le comte de Monireville se promèue dans la chambre en frappant du pied avec violence et en levaut les yeux au ciel. Méuard est dans un coin, tenaut son turban à la main et n'osant plus bouger. Après quelques tours dans la chambre, le comte revient vers lui.

« Et ce baron, qu'est-il devenu? — » Il fait Hippolyte, monsieur le comte. .. » il joue dans ce moment,... et,... mais » tenez, le voici lui-même, monsieur » le comte... »

Dans ce moment, en effet, Dubourg

cuirait vivement dans la chambre en criant : «Allons donc, Thésée! on vous » attend pour le troisième acte!... »

Mais il s'arrête et reste immobile en apercevant le comte, qui s'écrie : «J'en «étais sûr!... c'est ce mauvais sujet » de Dubourg!... »

A ces mots Ménard ouvre de grands yeux, et Dubourg se contente de faire une profonde salutation au père de Frédéric.

«Allons, M. Ménard, suivez- moi, » reprend le comte , quittez ce cos- » tume que vous ne deviez pas porter , » et partons sur-le-champ. »

Le pauvre précepteur ne se fait pas répéter cet ordre, eu un moment il a jeté loin de lui la tunique elle pantalon; il repasse son habit, prend son chapeau, et se présente humblement devant le comte qui dit à Dubourg:

« Quant à vous , Monsieur , dont la so- » ciété a été si profitable pour mon

» fils , songez que si bienlôt je ne rc- » trouve pas Frédéric, c'est sur vous » que retombera ma colère. Suivez- » moi , monsieur Ménard. »

En un instant le comte et le précepteur sont dans la voiture dont on n'avait pas encore dételé les chevaux , et ils s'éloignent de l'auberge, se dirigeant vers Grenoble, ville dans laquelle le comte espère avoir des nouvelles de son fils.

Cependant Dubourg, qui est resté un moment étourdi par ce qui vient de se passer, songe alors à ce qui peut lui arriverencore lepublic attend Thé; „ sans lequel on ne peut pas continuer ia pièce, et le public de Voreppe ne parait pas aimable quand on ne le satisfait pas. D'un autre côté , il a reçu du directeur l'argent pour lui et pour Ménard, et, puisque Ménard est parti, comment unir leur promesse :

Pendant qu'il se consuke, uu bruit II. 22

confus se fait entendre dans la rue. Dubourg court à la fenêtre; il aperçoit Floridor qui arrive avec plusieurs spectateurs qui jurent et font tapage, en disant qu'il faut que les deux Polonais jouent ou qu'ils les rosseront; el Floridor crie : « Ils joueront , Messieurs , « ils joueront ;... je les ai payés d'a- » van ce. »

Dubourg voit le danger qui le menace ; il balance s'il rendra l'argent , s'il s'excusera sur le départ de son collègue , ou s'il laissera le directeur s'arranger avec le public. Ce dernier parti lui plaît davantage; même en rendant 1 argent, il craint d'être rossé, et d'ailleurs il trouve que la manière dont il a joué Hippolyle valait bien ce qu'il a reçu. Courant aussitôt vers une autre fenêtre de la chambre qui donne sur dos champs, Duboujg, qui entend tout le monde entrer dans la cour, n'hésite plus ; il saute , tombe sur de l'oseille ,

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