‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 27 sur 246 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ses paupières!... C'est presque toujours par des pleurs que l'on paye son apprentissage du monde. Mais encore quelques années , et il rira de ce qui le désole en ce moment. Après avoir été trompé , il deviendra trompeur à son tour; mais il ne fera plus la folie de s'attacher à une coquette , et peut-être quelques cœurs bien aimans seront-ils délaissés par lui., car souvent les innocens payent pour les coupables. Attendons cependant; il est possible que Frédéric conserve toujours cette sensibilité , cette constance, qui, maintenant, lui font regretter un cœur qu'il n'a jamais possédé.

Les noms de perfide... volage, infidèle , sortent de sa bouche et sont suivis de longs soupirs. Depuis plus d'une demi-heure il est plongé dans ses réflexions. Les bougies sont éteintes, le bruit de la danse a cessé. Plusieurs personnes passent devant lui

sans qu'il y fasse attention , et luimême, assis dans un coin, n'en est pas aperçu. Quelques clames viennent chercher leurs schalls qu'elles ont jetés sur une ottomane , non loin de Frédéric.

Mais une voix bien connue vient de retentir jusqu'à son cœur $ c'est celle de madame Demande, elle parle avec une de ses amies. Ces dames semblent fort gaies : a Comme je me suis amu- » sée , dit l'épouse du vieux notaire. » Ce colonel est vraiment fort aimable!.. » -—Mais, ma chère amie, as-tu vu la » mine que faisait Frédéric? — Oui, » sans doute î... et j'en avais une en- » vie de rire!..'. — Tu l'as désolé!... — » Oh! voyez le grand malheur!... Ce » jeune homme est vraiment d'un ro- » manesque ! d'un sentimental à donner » des vapeurs!... c'est un sot! — Ah ! » ma chère , il est fort bien , et quand » il aura perdu cet air de collège , » quand il aura pris le ton de la galati-

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