‹ Soeur Anne (volume 4)Chapitre 26 sur 246 · CHAPITRE II. 5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 5l

et accablerait d'injures la perfide. Heureusement il conserve assez de raison pour sentir toute l'inconvenance d'une telle scène, et tout le ridicule dont elle le couvrirait ; car, dans toutes les intrigues amoureuses, celui qui se plaint et que l'on trompe est toujours sûr de faire rire à ses dépens. On dit les battus payent l'amende; on pourrait faire à ce proverbe une légère variante, qui le rendrait plus juste, excepté en Angleterre , où les maris se font payer quand ils sont ce que j'entends à la place de battus.

Le colonel fait sa cour en militaire , c'est-à-dire qu'il fait beaucoup de chemin en peu de temps. Malheureusement cette manière réussit souvent... Je dis malheureusement pour les amans timides 5 car celle qui nous rend plus vite heureux n'est-elle pas la meilleure? Frédéric entend que l'on demande à madame Dernange la permission d'aller

lui présenter ses respects... Les respects d'un colonel de hussards!... Frédéric en éprouve une sueur froide. La jolie femme fait quelques façons ; elle rit, badine, dit qu'il faut d'abord s'adressera son mari , puis part d'un éclat de rire en ajoutant: «Mais, nonï...

» non !... M. Démange vous le per- » mettrait! »

Le colonel est pressant ; la permission lui est accordée. Frédéric suffoque!... il s'éloigne précipitamment, car il n'y tiendrait plus. Il passe dans une pièce où il ny a personne , une grande partie de la soeiété étant déjà éloignée.

Frédéric se jette dans un fauteuil.

L'appartement n'est plus que faiblement éclairé par les lumières mourantes renfermées dans des globes de cristal ; il peut se livrer sans contrainte à tont ce qu'il éprouve. Le jeune homme tire son mouchoir ; il étouffe; des larmes mouillent

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